Castellorizo encore

Petite carte postale anodine?

CpE catellorizo

Un cartophile trouvera certainement la mise un pris un peu chère (600$). Il n’aura pas forcément tort. Un philatéliste trouvera l’objet un peu curieux.

Or notre petite carte postale ne se vend pas. Elle est proposée depuis… pff, très longtemps. Le fait que le vendeur soit a priori sérieux n’y change rien, personne n’achète. Il y a sûrement plusieurs raisons à cela.

Timbre du Levant (YV 21), à 4 piastres, utilisés à Castellorizo, pourquoi pas… Mais ce timbre est paru près de 20 ans avant son utilisation ici, et sa faciale est 10 fois la valeur requise pour l’affranchissement d’une CP. Le cachet de Castellorizo parait correct, mais presque trop bien frappé. Le philatéliste, en l’absence d’expertise sur la réalité postale de l’objet ne risquera donc pas 600$ pour une valeur qui est sans doute au mieux, un souvenir de l’époque, au pire une supercherie philatélique, façon « souvenir de l’époque ». Ce petit territoire fait décidément beaucoup parler de lui. Certaines personnes peu scrupuleuses y voient sans doute une opportunité financière. En tout cas, rien qui ne vaut son prix, et cette petite carte risque -à ce prix- de rester encore longtemps en vente!

Affaire à suivre…

Cachets étrangers sur Semeuse Camée

Comme bien des timbres, notre 25c bleu a reçu au cours de son existence postale bien des cachets étrangers. Nous ne parlons pas là des cachets des colonies et autres territoires sous mandat, mais bien de cachets étrangers.

Les oblitérations maritimes

On ne reprend pas ici les oblitérations strictement maritimes et marques de navires comme par exemple celles dessous même si cela a annulé le timbre hors de France.

Oblit St Nazaire + cachet de ligne Oblit St Nazaire à ColonOblitération de Saint Nazaire à Colon,  6 juin 1921, ligne n°6

Non, il s’agit vraiment d’aller retrouver des cachets étrangers : concernant les oblitérations de navire ou maritime en général, en voici deux : Port Said, Egypte de 1925 mais aussi un cachet anglais

   paquebot1 sur lettre                            paquebot3 sur lettre

Oblitérations à l’arrivée

Ce type d’oblitération est assez classique : il s’agit en fait d’annulation effectuée non plus au départ mais à l’arrivée.

Belgique

Voici par exemple, une roulette belge de 1926 (a-t-on omis l’oblitération de départ car la carte a été écrite un 14 juillet?):

Oblit, Roulette BelgeEtats Unis d’Amérique

hors collection : enveloppe vue sur site de ventes aux enchères

oblit cachet américain 1920

Pourquoi cette lettre est elle oblitérée de Washington pour Boston avec un 25c bleu?

Cette enveloppe pré-imprimée, servait au « American board of commissioners for foreign missions » lequel institut américain pour les missions à l’étranger avait eu une mission à Istambul/Constantinople.

hors collection : enveloppe vue sur site de ventes aux enchèreswashington.png

Le bureau dont dépendait la mission alors était le bureau français de Constantinople qui avait donc pu affranchir la lettre tout à fait normalement avec un timbre français en usage en août 1920 : la LSE était à 25c, la semeuse bleue s’imposait. Toutefois ce timbre a échappé à l’affranchissement.

Le cachet rouge « Washington DC PO  / This article originally / mailed in country indicated / by postage » nous aide alors: on y lit que cet article (la lettre) a été originellement envoyé par la poste dans le pays indiqué par l’affranchissement. Ce courrier est alors parti de Constantinople sans être annulé avant que de parvenir à Washington DC, poste générale, pour y être affranchie correctement et distribuée à Boston, Mass.

Un curieux usage : Telegraphie des deutschen Reichs 1923

Merson n°121 + Semeuse n°140 et n°159
oblitération télégraphique allemand Düsseldorf T.A.

dusseldorf

Un témoin de l’occupation de la Ruhr par la France et la Belgique de 1923 à 1925, notre article complet

Correspondance philatélique en Syrie 1 janvier 1921

Fort jolie lettre, visuellement, assumée pleinement pour philatéliste le 1/1/1921 à Haleb (Alep)

Syrie lettre philatéliste

Le philatéliste, un gogo?

On sait avec quelle facilité parfois, les philatélistes, toujours à l’affût d’une belle découverte, sombrent dans l’aveuglement. On sait aussi avec quelle facilité des fraudeurs sans scrupule cherchent à tromper les collectionneurs.

OF CAstellorizo fauxSi encore le travail était bien fait, joli, un beau travail de faussaire : hélas même pas. Il s’agit là d’une impression à la va vite sur des timbres presque sans valeur d’une surcharge qui si elle se vend rapporte tout de suite beaucoup.

Ce petit lot a été vu sur un site de vente en ligne, le vendeur averti des doutes qui existaient sur l’authenticité du matériel.

extrait de la discussion :

Question posée par XXX (Ven 8 Fév 2013 17:09:26 )
bonjour
ces timbres sont ils certifiés , signés ou donnerez vous des certificats? vu le prix de départ , on peut s’interroger. merci d’avance de votre réponse par retour

Réponse donnée par YYY (professionnel)   (Sam 9 Fév 2013 13:27:44 )
Bonjour
Non, ils ne sont pas certifiés . J’ai un petit doute . C’est pour cela que le prix de départ est à 1 euro

Question posée par ZZZ  (Ven 15 Fév 2013 18:05:54 )
ce n’est pas qu’un petit doute qu’on peut avoir : même sans un grand examen, on peut affirmer que les surcharges sur semeuses sont en fait des faux grossiers (pas le bon type de timbre, pas la bonne orthographe etc). L’un d’entre eux est même oblitéré à Saumur. Quant aux Merson, le verdict est le même : même sur scan / écran comme ici on voit nettement que le F de « ONF » par exemple n’est pas correctement frappé. Même à 50 c pièce en l’état cela reste audacieux.

Pas de réponse du vendeur et à 24h00 de la clôture de cette vente ce lot QUI NE VAUT RIEN est déjà réclamé pour 15 euros…

Surcharge « pro patria »

 Les essais de surcharges, 1915 à 1917

Ces essais de surcharges ont été faits sur bristolpropatria La surcharge existe en bleue, en noir, en rouge. Il s’agit d’un projet non émis pour les Orphelins.

Mise en vente en janvier 2013 : 2000 euros

Destination Japon

LSE Japon 02:03:17

En mars 1917 cette lettre part pour l’Ambassade de France à Londres. Malheureusement le destinataire est déjà au Japon. La lettre va alors suivre le plus simplement du monde, et parvenir à son destinataire deux mois jour pour jour après avoir été postée.

Faux pour tromper les collectionneurs

Décidément les surcharges actuelles (en deux coups d’imprimante ou autre) sont des outils utilisés à toutes les sauces. Pour preuve cette vente vue récemment et signalée :

faux 140 OFTiré à 500 exemplaire seulement le 26 août 1920, ce timbre est composé d’une surcharge appliquée sur le n° 140 disponible à cette date. Il s’agit OBLIGATOIREMENT du type 1A, les autres types n’étant pas encore en vente. Par ailleurs, un tel timbre oblitéré est encore plus rare que neuf et le cachet de Castellorizo n’a rien de comparable à ceux que le timbre scanné  laisse voir. Pour finir, les gens du navire « La Provence » où a eu lieu la surcharge n’avaient pas les moyens d’une très grande qualité de surcharge : celle ci est pâle, avec des blancs la plupart du temps (et avec un S/Z inversé!). Voici trois raisons, chacune étant suffisante en soi, mais la première absolument incontournable pour signifier que l’exemplaire mis en vente est en fait un faux pour tromper les collectionneurs.

La plus chère des mise à prix?

On voit de banales enchères ou mises à prix sur différents sites, dans différents catalogues : rares sont les mises à prix élevées. En voici une.

Carnet type 2 avec très joli pli accordéon

Mise à prix mars 2011 10.000 €sans-titre

 

Les timbres perforés issus de roulettes ou de carnets

Les timbres “Roulette”

Les timbres issus de roulettes se rencontrent parfois perforés. Il en existe de 2 types :

1) Les perforés de roulettes accidentelles : toute société pouvait utiliser une roulette et perforer à l’unité.

2) Les perforés des machines à affranchir : un certain nombre de machines à affranchir munies de perforateurs du type machine “POKO” permettait, à partir de rouleaux de timbres, d’affranchir le courrier très rapidement (60 lettres à la minute).

poko

Comme on peut le lire sur la publicité ci dessus issue du journal, la machine « enregistre, perfore, totalise et colle ». En effet, le but premier de la perforation, outre un effet publicitaire our la société perforatrice, était de comptabiliser les timbres afin que des employés indélicats ne les gardent pour eux : seuls le courrier émanent de la société pouvait être revêtu de ces timbres perforés.

Dans le blog sur les roulettes ( http://philatelie-roulette.blogspot.com/2009/03/le-distributeur-poko.html ), on peut lire :

Distributeur privé ou plutôt machine à affranchir bien connu des collectionneurs de roulettes et des collectionneurs de timbres perforés la machine « POKO » fait son apparition en France dans les années 1912. C’est la « Société Française des Distributeurs Automatiques Abel », la même qui a mis en service le premier distributeur public de timbres en rouleau, qui commercialise cette machine. (…) Il faut attendre quelques années après la grande guerre pour voir revenir des publicités pour cette machine.
Certes elle a changé de nom, le terme « POKO » a disparu et le nom du constructeur est ignoré mais maintenant on est sûr quelle peut perforer. Il y a eu aussi quelques modifications apportés au système de dépose du timbres-poste.
Vous pouvez trouver les détails de son fonctionnement sur la notice déposé lors de la demande de brevet (N°519018).
Le terme « POKO » est de diminutif de PORTO-KONTROLL-KASS.

Nombre de sociétés semblent avoir utilisé des machines de type à affranchir utilisant des roulettes à plat mais qui ne sont pas de type “POKO”.

On connaît :

tableau-perfores-roulette

Les valeurs les plus courantes sont les 25c Bleu Semeuse camée et les 50c Rouge Semeuse lignée. Puis les 10c Rouge, 15c Brun,  30c Bleu, la moins courante est le 50c Pasteur.

Ceci nous donne au total près de 22 types de roulettes différentes pour 38 sociétés connues actuellement.

Les timbres avec bandes publicitaires

Des carnets avec publicité ont été également perforés par des sociétés, mais on les rencontre très rarement. Ils ne concernent pas le 25 c bleu Semeuse, on en donne cependant la liste :

tableau-perfores-carnets

De nombreux autres timbres en provenance de carnets sans publicité sont également connus.

Les timbres de roulette : le distributeur ABEL

Un excellent travail de recherche a été effectué sur philatélie-roulette.blogspot à cette adresse

Je reproduis donc cet article:

_ La littérature philatélique nous apprend que le premier distributeur de roulettes a été mis en service le 13 mars 1908 à l’Hôtel des Postes de Paris et qu’il distribuait une vignette à 10c. (voir : http://philatelie-roulette.blogspot.com.tr/2010/07/flash-special.html)
_ Très peu d’illustration existe sur ce distributeur, mais après quelques recherches, j’en ai trouvé quand même quelques une.
_ Tout d’abord celle-ci, extraite de la revue « LA NATURE » N°1913 du 22 janvier 1910 page 113, qui correspond à cette première machine. L’article de trois pages nous fournis une multitude d’explications sur le fonctionnement de l’appareil.
Le distributeur « ABEL ».
Et un zoom sur la partie du mécanisme, nous en apprend d’autres. Certes la bobine n’est pas dans le bon sens, enfin pas dans celui que l’on connait. Et il faut se rappeler qu’à cette époque il n’y avait pas de factice, et c’est très certainement la maison « Société Française de distributeurs automatiques Abel » qui a dû fabriquer ses bobines pour la mise au point du distributeur.
Les opérations effectuées lors de la distribution du timbre-poste sont :
1°) Le maintien de la bande par les deux bloqueurs « TT »;
2°) La coupe suivant l’axe repéré « EE »;
3°) Le recul du couteau et des bloqueurs;
4°) La mise en rotation des molettes « NN », servant à évacuer la vignette coupée, puis des molettes « MM », servant à avancer d’un pas la bande de timbre-poste, les galets « NN » et « MM » ne sont pas moleté sur toutes la circonférence, mais uniquement sur une longueur d’un timbre pour les molettes « MM », et d’un timbre et demi plus un chouïa pour les molettes « NN », afin 1) d’évacué le timbre coupé et 2) de finir le dévidement de la bande pour une avance d’un timbre plus un petit quelque chose !!!
Pendant l’avance de la bande il y a deux pièces importantes de ce distributeur qui entrent en action. Ce sont les griffes « GG ». Leurs extrémités sont munies de pointe et elles ont un mouvement de rotation suivant l’axe « O ». Elles sont écartés de la bande au début du dévidement, afin de sortir les pointes qui sont entrées dans la dentelure, puis elles sont finalement libéré pour qu’elles se repositionnent dans la dentelure suivante et par leur effet de rotation repositionnent la dentelure à exactement une hauteur de timbre de l’axe de coupe, lorsque la bande est libérée des molettes.

En fin de distribution, il y a donc un timbre sous l’axe de coupe « EE », puis la bande maintenue par les griffes « GG ».

Le mécanisme d’avance et de coupe de la bande.

Après ce résumé de la revue, quelques détails qui nous intéressent un peu plus et qui ne sont pas donnés.

Le premier détail est la distance qu’il y a entre l’axe de coupe et le noyau de la bobine équivalent à un peu plus de six timbres.Ca ne vous rappelle rien ?
Le deuxième correspond à la position de l’axe de maintien de la bande qui oblige à avoir au moins deux vignettes au dessus du dernier timbre à distribuer.
Et enfin le troisième avec ses molettes « NN » et « MM » qui ont laissé de si jolies traces.
Les axes
Quelques implantations.
Je sais tout du 15/06/1908 Page 573
A l’Hôtel des Postes.
Le journal de la jeunesse du 18/12/1909 Page 48