Armée du Rhin et occupation de la Rhénanie et de la Ruhr après 1918

Armée du Rhin et occupation de la Rhénanie et de la Ruhr

L’occupation alliée de la Rhénanie a eu lieu à la suite de l’armistice qui mit fin aux combats de la Première Guerre mondiale le 11 novembre 1918. Les armées d’occupation se composaient des forces américaines, belges, britanniques et françaises. Cette occupation fut confirmée par le traité de Versailles. Élaboré au cours de la conférence de la paix de Paris, le traité fut adopté le 28 juin 1919 et promulgué le 10 janvier 1920. Il prévoyait une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite pour une période de cinq à quinze ans suivant les territoires. Les Français reçurent à la fois la plus grande des zones d’occupation qui s’agrandit encore avec le retrait rapide des États-Unis en janvier 1923 ainsi que la direction de la Haute Commission Interalliée aux Territoires Rhénans (HCITR), la présidence de la commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la Société des Nations ainsi que celle de Memel (entre le 15 février 1920 et avril 1923) et de la haute Silésie (missions de maintien de la paix en compagnie de troupes alliées en Haute Silésie entre 1920 et 1922).

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La Commission interalliée des territoires rhénans avait été créée après l’Armistice de 1918, fut remplacée par une Haute Commission interalliée des territoires rhénans le 10 juin 1920 (paragraphes 428-431 du traité de Versailles). C’était un corps d’administration militaire et économique des territoires occupés de Rhénanie qui siégea à Luxembourg, puis à Coblence avec des délégations à Mayence, Wiesbaden, Trèves, Bonn et Speyer.

Forces d’occupation

Forces belges

Il s’agissait de cinq divisions, dont le siège était à Aix-la-Chapelle et avec des troupes stationnées à Krefeld.

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Le camp de Beverloo était l’ancien nom de l’établissement militaire de Leopoldburg, au nord d’Anvers. Le verso porte le cachet d’arrivée des Postes militaires belges du 25 juin 1923.

Vue en vente sur http://www.mikewhiteuk.com/results.php?s=434

Les forces américaines

Les forces américaines comprenaient à l’origine environ 240 000 hommes répartis en neuf divisions, près d’un tiers du total des forces d’occupation. Le général Pershing, commandant de la force expéditionnaire américaine (AEF), sur le Front de l’Ouest, avait constitué la troisième armée à cet effet. La 3e Armée fut chargée d’occuper le secteur nord de la tête de pont de Coblence. En juillet 1919, cette armée fut dissoute, après avoir été réduite à environ 8 400 hommes et fut rebaptisée Forces américaines en Allemagne.

Forces britanniques

L’armée britannique a pénétré en territoire allemand le 3 décembre 1918. La force d’occupation l’armée britannique du Rhin a été créée en mars 1919. Son siège était à Cologne.

Forces Françaises

La 8e armée et la 10e armée constituèrent à l’origine les forces françaises impliquées dans l’occupation. Elles franchirent la frontière franco allemande le 1er décembre 1918 et 21 divisions au total vinrent occuper la zone de Landau. Il y eut deux 8e armées différentes, l’une entre le 16 novembre 1914 et le 4 avril 1915, par changement d’appellation du détachement d’armée de Belgique pour devenir détachement d’Armée de Lorraine ; l’autre du 2 janvier 1917 au 11 novembre 1918 par changement d’appellation du détachement d’armée de Lorraine pour 8ème armée. La 10ème armée est l’ancien détachement Maudhuy, renommé en octobre 1914.

Des divisions complémentaires furent en outre placées en réserve dans la région de Neunkirchen et surtout en Lorraine et en Belgique. Le 21 octobre 1919, elles furent regroupées pour former l’armée du Rhin. Les effectifs des forces de l’armée française du Rhin étaient initialement de 100 000 mais ce nombre fut porté à 210000 en mai 1921 lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg.

Le 11 janvier 1923, en réponse à l’échec allemand de payer les réparations en vertu du traité de Versailles, la France et la Belgique décidèrent de ré-occuper la zone industrielle de la Ruhr jusqu’en 1925, ce qui entraina de nombreuses manifestations de désobéissance civile et des morts parmi les manifestants. En 1923, toujours, le 24 janvier, l’armée américaine se retira de l’occupation de la Rhénanie, cette zone devenant rapidement occupée par les français.

Les forces françaises continuèrent d’occuper le territoire allemand en Rhénanie jusqu’à la fin 1930, alors que la France continua à contrôler la région de la Sarre jusqu’en 1935.

Le temps de l’occupation

Cette occupation peut être découpée en plusieurs périodes :

1) prolongation des conditions de l’armistice jusqu’en janvier 1920 avec occupation de la zone Landau – Gerolstein (nord de Trèves) – Königstein (nord de Francfort) à partir du 1er décembre 1918

L’armée française occupa plusieurs villes dont Aix-la-Chapelle et Mayence, où la 35e division d’infanterie entra le 8 décembre 1918. 12 000 hommes y stationnèrent, dont 5 400 dans les casernes alentour. Les Français y restèrent jusqu’en juin 1930. Les villes de Coblence et de Cologne, situées en aval, furent occupées respectivement par les Américains et par les Britanniques. Des têtes de pont de 30 km de rayon furent prévues autour de ces trois villes.

2) Mise en œuvre du traité de Versailles à partir de janvier 1920 avec occupation de la Rhénanie

Les tensions furent très vives entre la population et les troupes d’occupation, notamment françaises. Des agressions de femmes par certains de ces soldats coloniaux conduisit à des accusations de viols systématiques et à d’autres atrocités ciblant la population civile allemande et furent principalement attribués aux tirailleurs sénégalais. Ces événements donnèrent lieu à une campagne de presse virulente, surnommée « La Honte Noire» (Die schwarze Schande ou Die schwarze Schmach) et décrite comme une forme d’humiliation de la nation allemande. Sur 66 enquêtes menées, 28 donnèrent lieu à une condamnation des soldats français. Cependant nombre de couples se formèrent et des naissances (entre 500 et 800 selon les historiens) furent enregistrées dans et hors mariage – ces enfants ayant été pour la plupart par la suite stérilisés de force par les Nazis. Ces tensions extrêmes furent ravivées au moment de la mise en œuvre du traité de Versailles. La France décida alors de renforcer sa présence en envoyant ses troupes occuper temporairement à partir du 6 avril 1920 Francfort, Hanau et Darmstadt.

3) Occupation de la Ruhr jusqu’en 1925

Cette zone fut en fait occupée deux fois. La première fois en mai 1921 lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg. L’objectif était de mieux contrôler les populations à la suite de l’application du traité de Versailles. Cette occupation dura 6 mois.

La seconde fois la région fut envahie à titre de sanction pour le non-paiement des dettes de guerre, à partir du 11 janvier 1923 jusqu’à 1925, après une décision arrêtée en novembre 1922. La Ruhr, donc, mais aussi, les ports de Wesel et Emmerich et les zones autour des têtes de pont de Cologne, Coblence et Mayence (25 février). Toutefois il ne s’agissait plus pour la France de gager des productions (cela relevait plus du prétexte pour refuser un rétablissement allemand que d’une réalité économiques concernant les dettes) mais de soutenir les aspirations séparatistes pour l’établissement d’une République rhénane indépendante. Cette République rhénane éphémère fut proclamée à Aix-la-Chapelle le 21 octobre 1923 et dura jusqu’à sa dissolution en février 1924. Les régions rhénanes furent évacuées à partir du 17 novembre 1924 et la région de la Ruhr à partir du 16 août 1925.

rhenanie-carteZones d’occupation en Rhénanie en 1923 : belge en jaune, britannique en rouge, française en bleu, territoire du Bassin de la Sarre en vert. En hachuré jaune et bleu, occupation de la Ruhr par les français et les belges le 11 janvier 1923. (source : wikipedia, remaniée par nos soins)

Les cachets et tarifs de l’armée du Rhin

Les cachets

(Essentiel des renseignements dans Strowski, op. cit. pp 265 et suivantes)

Toutes les troupes qui effectuaient l’occupation se trouvèrent sous un statut particulier : elles n’étaient pas en guerre, mais sur le pied de guerre, pas en campagne mais le plus souvent casernées. C’est en partie cette situation d’entre deux qui fit que le service postal militaire fut effectif jusqu’à la fin de l’occupation. Cependant, les secteurs postaux, qui avaient été adoptés durant la guerre, finirent par désigner non seulement les troupes auxquelles ils se rattachaient mais encore les lieux, localités, villes concernées par cette occupation.

Certains secteurs sont restés durant toute la période à la même place, ainsi en est il du SP 77 de Mayence, par exemple ou encore du SP 22 de Trèves. D’autres ont été stabilisés très vite : le 3 à Düsseldorf, le 4 à Zweibrücken etc. L’un d’entre eux, le SP 250 était même purement fictif : il était localisé à Kehl et ne servait qu’à apposer un cachet avant que les le courrier ne parte par Strasbourg avec une franchise militaire. Kehl connut néanmoins un cachet SP 184 du 21 janvier au 15 mars 1924, lequel était auparavant celui des troupes en Haute Silésie en 1920-1921.

Au total une quarantaine de secteurs ont fonctionné durant ces quelques années d’occupation.

Les cachets sont le plus souvent au type classique de 27 mm, avec simple cercle, même si certains secteurs ont réutilisés les cachets plus anciens de 23mm à double cercle. Après avril 1924, les cachets enfin marquèrent la séparation d’entre la Trésorerie et la Poste et l’intitulé « POSTE AUX ARMEES » remplaça le vieux texte « TRESOR ET POSTES ».

Les tarifs

Concernant les tarifs utilisés, les courriers des militaires bénéficiaient de la franchise postale de même que les fonctionnaires civils des forces de la Commission d’occupation. Plus tard, une note parue au Bulletin des postes du 12 septembre 1919 indiquait que les objets confiés à la poste allemande seraient soumis au régime international alors que les objets confiés à la poste militaire française bénéficiaient du tarif intérieur français. Par ailleurs, les correspondances civiles des personnels de l’armée du Rhin ou de leur famille étaient soumises au régime intérieur français et devaient être affranchies en timbres poste français et remises à la poste militaire. Si elles étaient à destination de la Rhénanie, elle devaient en outre indiquer une adresse postale militaire. Tous les objets à destination de l’étranger, autre donc que le France ou la Rhénanie étaient bien sûr soumises au régime international. Un décret du 19 juin 1923 a étendu la franchise postale militaire aux cheminots et postiers de la Ruhr (les douaniers ayant déjà le statut de militaires). Les fonctionnaires de la HCITR, enfin, bénéficiaient eux aussi de cette franchise.

Il va sans dire que la résistance passive au moment de l’occupation de la Ruhr a considérablement gêné le service postal. Les civils furent donc autorisés à utiliser la poste militaire pour contourner les actions des postiers allemands. Il fut en outre recommandé d’utiliser le bureau frontière en demandant le routage D.

Trouver ces secteurs sur courrier en franchise (essentiellement cartes postales) ne présente pas de difficultés, c’est un peu moins vrai pour les marques annexes. Toutefois, comme dans les autres études, nous nous intéressons aux courriers affranchis avec un 25c bleu prioritairement. Ce qui rend la chose évidemment beaucoup plus compliquée, puisqu’il fallait ne pas bénéficier de la franchise… En outre, certains secteurs ont été plus utilisés que d’autres, ce qui complexifie d’autant la recherche.

Les secteurs postaux

Nota :

CA : corps d’armée
DI : Division d’infanterie
DC : Division de cavalerie
RA : Régiment d’Artillerie
RAC : Régiment d’Artillerie de Campagne
RC : Régiment de Cavalerie (dont : Dragons, Spahis)
RG : Régiment du Génie
RTA : Régiment de tirailleurs algériens
BCP : Bataillon de chasseur à pied (devenu bataillon chasseurs alpins – BCA – en 1927)

Un corps d’armée était composé d’au moins deux divisions d’infanterie. Une division d’infanterie était le plus souvent composée de deux brigades, elles mêmes composées de deux régiments. Elle était aussi composée d’un régiment de cavalerie, d’un régiment d’artillerie, d’un régiment du génie.

Occupation de la Rhénanie

2 : Dortmund 109A : Neustadt
4 : Zweibrücken 131 : Ems
4A : Bitche en Lorraine 132 : Kaiserslautern
22 : Trèves 154 : Trèves
25 : Neustadt 167 : lieu inconnu
31 : Worms 180 : Wiesbaden
31A : Ludwigshafen 191 : Düren
34 : Kreuznach 192 : Ludwigshafen
47 : Siegburg 219 : Sarrebruck
77 : Mayence 207 : Duisbourg
96 : Bonn ; Mission militaire française à Cologne 237 : Trèves
109 : Landau  250 : Kehl – fictif (utilisé pour obtenir la franchise)

Secteur en France

4A : Bitche en Lorraine (Camp et le Champ de tir, 30ème CA)

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Secteurs en Sarre

4 : Zweibrücken (Deux Ponts)
219 : Sarrebruck (127ème DI, 18ème BCP) Le SP 219 A a servi à Zweibrücken et le SP 219 B à Bitche (cf. SP 4 et SP 4A)

Secteurs en Rhénanie et en mai 1921 à Dortmund

2 : Dortmund
22 : Trèves (61ème RA, 18ème RTA)
23 : Neustadt (QG 32ème CA, créé le 01/11/21)
31 : Worms (3ème et 4ème DC.)
31A : Ludwigshafen (sous secteur du 31, même brigade)
34 : Kreuznach (41ème DI)
47 : Siegburg, Tête de pont de Cologne et camp de Wahn (77ème DI, 12ème DI, 25ème RAC)
77 : Mayence (QG de l’Armée du Rhin, Division des de Chemins de fer, 6ème Spahis)
96 : Bonn (QG du 32ème CA, 77ème DI, Mission militaire française à Cologne)
109 : Landau (1ère div. marocaine puis 276ème RAC de la Div. marocaine)
109A : Neustadt (QG 32ème CA, remplacé par SP 31)
131 : Ems (33ème DI, siège de la HCITR)
132 : Kaiserslautern (37ème DI puis 2ème brigade marocaine)
154 : Trèves (QG de l’Armée en Rhénanie, puis 47ème DI, 8ème DC, 18ème Dragons, 18ème BCP)
167 : lieu inconnu, supprimé avant 1922 (10ème div. d’infanterie coloniale)
180 : Wiesbaden (QG du 30ème CA, 37ème DI, 41ème DI, 6ème Spahis, Hôpital militaire Percy, Direction Générale des Communications et Ravitaillements aux Armées)
191 : Düren (123ème DI, 17ème BCA)
192 : Ludwigshafen (47ème DI) remplace le 31 A
207 : Duisbourg (255ème Brigade d’Infanterie)
237 : Trèves (gare régulatrice ; 6ème Spahis)
250 : Kehl – fictif (utilisé pour obtenir la franchise) (Kehl est situé juste en face de Strasbourg, sur le Rhin)

Prolongation des conditions d’armistice
du 1er décembre 1918 jusqu’en janvier 1920

Timbre à date « TRESOR ET POSTES » avec simple cercle (27 mm)

Occupation d’Aix la Chapelle, de Mayence et de la zone Landau – Gerolstein (nord de Trèves) – Königstein (nord de Francfort) à partir du 1er décembre 1918

Cette première occupation a été le fait d’éléments des 8ème et 10ème armée. Les secteurs utilisés alors étaient ceux des unités combattantes, et non pas les secteurs issus de l’armée du Rhin et stabilisés ensuite.

Ainsi en est il de ce secteur 11 qui était attribué au quartier général du premier corps d’armée colonial avant d’être supprimé en juillet 1919.

Carte postale en FM du secteur postal 11.
Groß Gerau est une ville de Hesse dans le district de Darmstadt (cf carte supra)

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Naissance de l’armée du Rhin à partir du 21 octobre 1919

Tarif du 1er janvier 1917

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Lettre recommandée (photographies) du secteur postal 180
(Wiesbaden – QG du 30ème Corps d’Armée) 15 décembre 1919

Affranchissement composé à 35c
Taxe des échantillons (1er échelon) : 10c
Recommandation : 25c

Mise en œuvre du traité de Versailles à partir de janvier 1920 avec occupation de la Rhénanie jusqu’en 1930

Timbre à date « TRESOR ET POSTES » avec simple cercle (27 mm)

Haut Commissariat (Tarif du 1er avril 1920)

Tarif du 1er avril 1920, lettre 1er échelon pour l’intérieur : 25 c
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Lettre 1er échelon du Haut Commissariat secteur postal effacé
Coblence, Ems – Siège de la HCITR, 8 septembre 1920

Occupation de la Rhénanie – Quartier général du 30ème CA

Tarif du 1er avril 1920, lettre 1er échelon pour l’intérieur : 25 c

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Lettre 1er échelon pour l’intérieur – secteur postal 180 (Wiesbaden) 16 octobre 1923
Lettre confiée à la poste militaire et affranchie au tarif intérieur.

Occupation de la Rhénanie – courrier des militaires et de leurs familles

Tarif du 1er avril 1920, Avis de réception : 25 c

Avis de réception de Wiesbaden (Trésor et Postes 180) 27 novembre 1922
Tarif du 1er avril 1921, lettre 1er échelon pour l’étranger : 50 c

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Lettre pour l’étranger 1er échelon – secteur postal 34 (Kreuznach) 17 juin 1923
Lettre confiée à la poste militaire (expéditeur : capitaine de Larréa) et affranchie au tarif étranger
(le SP 34 est devenu inutilisé après 1925 et fut récupéré pour les grandes manœuvres de 1926)

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Lettre 1er échelon pour l’étranger – secteur postal 154 (Trèves) 15 février 1923
Lettre confiée à la poste militaire (exp médecin major Guillaume SP 154) et affranchie au tarif étranger.

 

Occupation de la Rhénanie – courrier des civils

Tarif du 25 mars 1924, lettre 1er échelon pour l’intérieur : 25 c

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Lettre 1er échelon – secteur postal 77 (Mayence) 18 mai 1924
Lettre civile confiée à la poste militaire et affranchie au tarif intérieur français.
Tarif du 25 mars 1924, lettre recommandée 1er échelon pour l’intérieur : 60 c
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Lettre 1er échelon : 25 c
Taxe de recommandation : 35 c


Timbre à date « POSTE AUX ARMEES » avec simple cercle (27 mm) à partir d’avril 1924

Occupation de la Rhénanie – courrier des civils

Tarif du 25 mars 1924, lettre 1er échelon pour l’intérieur : 25 c
Lettre 1er échelon – secteur postal 77 (Mayence) 18 mai 1925
Lettre civile confiée à la poste militaire et affranchie au tarif intérieur français.

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Lettre 1er échelon : 25 c

Occupation de la Ruhr jusqu’en 1925

Timbre à date « TRESOR ET POSTES » avec simple cercle (27 mm) puis timbre à date « POSTE AUX ARMEES » avec simple cercle (27 mm) à partir d’avril 1924. Certains timbres peuvent cependant se rencontrer avec un double cercle (23 mm) de type ancien. Tarifs du 1er avril 1920 et du 25 mars 1924.

Première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg : janvier – mai 1921.

Le 11 janvier, Essen fut encerclée, puis ce fut Bochum et Dortmund envahies les 15 et 16 janvier.

Seconde occupation : 1923 – 1925

Avec l’occupation de la Ruhr à partir du 11 janvier 1923, certains cachets apparurent ou furent réattribués.

1 : Ruhrort 201 : lieu inconnu
3 : Düsseldorf 204 : Essen
23 : lieu inconnu 205 : lieu inconnu
27 : Bochum 206 : lieu inconnu
83 : Dortmund 207 : Duisbourg
191A : Düren 294 : Essen

1 : Ruhrort (11ème DI). C’est l’ancien SP du GQG durant la guerre qui fut réattribué)
3 : Düsseldorf (QG 4ème DC)
27 : Bochum (11ème, 13ème et 40ème DI ; 4ème DC (renforcée avec les 1ère et 4ème Brigades de Dragons, et deux régiments d’infanterie montés sur camions), Groupement De Gail)
83 : Dortmund (2ème DI)
191A : Düren (en remplacement du 191, 123ème DI)
204 : Essen (État major du corps de cavalerie, 2ème DC)
207 : Duisbourg (233ème brigade d’infanterie – créé en mai 1921)
294 : Essen (ce SP a utilisé aussi un numéro limé d’un autre secteur (SP 10 à 19) en ne gardant que le 1 du chiffre)

23 : lieu inconnu (21ème RI)
201 : lieu inconnu (13ème DI)
205 : lieu inconnu (4ème DC)
206 : lieu inconnu (5ème DC)

Malgré nos recherches nous arrivons à la même conclusion que Strowski : lieux inconnus

Le 22 décembre 1924, un plan de regroupement fut approuvé :
– QG général : Mayence
– 32è CA (QG : Düsseldorf) : 3ème, 38ème et 77ème DI + 9è Brigade de Dragons
– 33è CA ( QG : Bonn) : 40ème, 47ème et 128ème DI
– 30è CA ( QG : Wiesbaden) : 37ème et 41ème DI + Division Marocaine

Avec l’évacuation de la Ruhr, la plupart de ces secteurs disparurent et en 1927 il ne restait plus que les SP 4, 22, 23, 31, 34, 47, 77, 109, 131, 132, 191, 192, 219, 250.

Cachet télégraphique Düsseldorf T.A.  (1fr Merson et 10 + 25 c Semeuse)

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Affranchissement composé, montant total de 1,35 fr. Düsseldorf, 2 septembre 1923

Dans ce cadre d’une administration des postes françaises pour l’armée du Rhin, épaulée par des personnels civils d’une part, et d’hyperinflation d’autre part, avec des usages de fortune, la poste de Düsseldorf a utilisé des timbres français, mis à disposition par les armées d’occupation et le personnel civil déployé depuis le début de l’année 1923 pour annuler des affranchissements télégraphiques.

Grandes manœuvres 1926 – 1928

Timbre à date « POSTE AUX ARMEES » avec simple cercle (27 mm). Tarifs des 1er mai et 9 août 1926

Durant les grandes manœuvres en 1926, on restaura pour le parti bleu le secteur 14 qui n’avait plus servi depuis la guerre et le secteur 34 pour le parti rouge. En 1927, on utilisa quatre secteur : les 14 et 21 pour le parti bleu, les 27 et 207 qui avaient été utilisés mais ne l’étaient plus depuis la fin de l’occupation de la Ruhr. En 1928, on utilisa le 14 et le 21 toujours pour le bleu, le 2 et le 96. Il va sans dire que ces cachets de secteurs portaient la mention « POSTE AUX ARMEES ».

Manœuvres de 1926

Secteur Postal 14 : parti bleu
Secteur Postal 34 : parti rouge

Manœuvres de 1927

Secteurs Postaux 14 et 21 : parti bleu
Secteurs Postaux 27 et 207 : parti rouge
Manœuvres de 1928
Secteurs Postaux 14 et 21 : parti bleu
Secteurs Postaux 2 et 96 : parti rouge

Marques annexes de l’Armée du Rhin

Griffes

Tous ces secteurs eurent, parallèlement aux cachets ronds, des griffes « TRESOR ET POSTE / numéro de secteur« . Par ailleurs,  le courrier était centralisé dans des bureaux frontières, d’abord à Sarrebruck puis à Metz, il était désigné par une lettre de l’alphabet : la lettre D. D’après Strowski ce bureau avait été à Troyes, puis Bricon, enfin au Bourget avant de s’établir définitivement à Metz.

Gares de transit « ENTREPÔTS » de Mayence et Cologne

Tarif du 1er avril 1920, lettre 1er échelon pour l’intérieur : 25 c

Le dispositif postal, enfin, était complété par des gares de transit ou d’échanges nommés « ENTREPÔTS ». Seules cependant Mayence et Cologne, sur des nœuds ferroviaires importants ont joué ce rôle.

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Lettre 1er échelon pour l’intérieur – Cologne Entrepôts 25 janvier 1924

Lettre 1er échelon : 25 c

Acheminement par la poste allemande

Quand un courrier portait une adresse localisée (et non un simple numéro de secteur), il pouvait être confié à la poste allemande et était alors revêtu d’une griffe apposée en noir, rouge, violet ou bleu, tant au recto qu’au verso, signifiant cet acheminement particulier :

Correspondance / acheminée par la Poste allemande / adresse irrégulière

Sources

Sur l’organisation de l’armée française

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
http://www.sepulturesdeguerre.sga.defense.gouv.fr/
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
(exemple : http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDGR_19NN_IR_AFR_V_oct2015.pdf)

les sources sont nombreuses, on citera pour mémoire deux sites bien faits :

http://www.fortiffsere.fr/
http://www.chtimiste.com

Articles de wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_régiments_français : à partir de là on peut aisément retrouver les différentes unités engagées en Allemagne

Sur la Rhénanie et la Ruhr

Occupation de la Rhénanie, https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_la_Rhénanie_après_la_Première_Guerre_mondiale
Occupation de la Ruhr ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_la_Ruhr
Allemagne, décembre 1918. Les premières heures de l’occupation ; https://rha.revues.org/6612
Occuper l’Allemagne après 1918 ; https://rha.revues.org/6333

Les troupes coloniales françaises et l’occupation de la Rhénanie (1918 – 1930) ; http://www.sens-public.org/article1076.html

Conseil suprême des puissances alliées. 12-13 novembre 1919. Rapports sur : Hongrie; Nouveau traité avec la Grèce; Occupation du Mémel; Incidents de Smyrne.

disponible en ligne : http://flora.u-paris10.fr:8082/flora/jsp/index_view_direct.jsp?record=default:NOTICES:3015

Le courrier des français en Rhénanie entre 1919 et 1930 ; http://jef.estel.pagesperso-orange.fr/rhenanie.swf

Crédit photo
  • Les éléments présentés ici sont de collection personnelle, sauf mention contraire.
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