Voyages interrompus

Les usages du timbre témoignent de l’efficacité de la transmission des savoirs, des idées, de toutes formes de correspondances. A tel point qu’on a imaginé qu’il était possible de faire face à toutes les interruptions de service. Dans le cas que nous regardons ici il s’agit de trajets interrompus ayant retardé voire fait disparaître le courrier. Il va de soi qu’aucune marque ne peut faire disparaître le caractère tragique de ces événements, ceci n’échappe à personne. Mais le service postal devait malgré tout continuer et le cas échéant expliquer les aléas survenus durant un trajet particulier, les correspondances devant être acheminées envers et contre tout. Ceci a donné naissance à des marques sur le courrier accidenté, qu’il s’agisse d’incendies, de naufrages, accidents de chemin de fer… ou de simples incidents dans le traitement du courrier nécessitant cependant une bande de réparation.

Dans les lignes qui suivent, nous mentionnerons

  • les incidents de traitement du courrier ayant nécessité une bande de fermeture (1)
  • les accidents de chemin de fer (2),
  • les naufrages (3),
  • les accidents d’avion (4).

On s’arrête en 1927, date du retrait du timbre.

Incidents de traitement du courrier

Bande de fermeture du courrier

Lorsqu’un envoi a été confié aux services postaux et s’est retrouvé à un moment déchiré ou abîmé dans les locaux de l’administration, celle-ci reconditionne l’objet.

Soit le courrier peut encore circuler en l’état, dans ce cas l’administration applique une bande de fermeture destinée à cet effet et un agent « répare » donc le courrier avant de le remettre pour distribution ;  soit ce courrier est trop abîmé et dans ce cas, un préposé place d’abord ce courrier accidenté dans une enveloppe spéciale.

Lettre recommandée refermée avec bande de fermeture des postes, 24 décembre 1922

lettre déchirée.pngPort de la lettre : 25 c
Taxe de Recommandation : 35 c

Lettre recommandée en Exprès refermée avec bande de fermeture des postes, 21 avril 1923

Port de la lettre : 75 c (2ème échelon)
Taxe de Recommandation : 50 c
Taxe d’Exprès : 1 fr

(comment expliquer l’affranchissement supplémentaire de 1,00 fr ?)

Accidents de chemin de fer

Une très longue liste mais des courriers rares

La liste de ces accidents est très longue : on en dénombre pas moins de 400 ayant fait des victimes entre 1900 et 1930, soit près de 15 par an. Pour autant les interruptions du service postal liées sont peu fréquentes. Nous en ferons un recensement au fur et à mesure des rencontres philatéliques. Il va de soi, en revanche qu’on ne retrouvera ici que ce qui correspond aux vingt années de vie de notre semeuse (1907-1927) et que sur des trajets où le timbre a pu circuler.

14 mai 1909 – Herlisheim

Le 14 mai, la chaudière d’un train de marchandises arrivant à Herlisheim, non loin de Mulhouse explose, tuant le chauffeur sur le coup et faisant dérailler le train qui s’immobilise en feu sur la voie principale. Quelques minutes plus tard, l’express Bâle-Mulhouse percute de plein fouet le convoi accidenté, faisant 7 morts et de très nombreux blessés. Le courrier récupéré porte en bleu la marque :

« Beschaedigt beim Eisenbahn – Unfall bei Herilisheim
(endommagé au cours de l’accident de chemin de fer d’Herlisheim)
« .

28-29 juillet 1910 – Pont Saint Maxence

Quelques lettres ont été retrouvées portant une marque indiquant que le courrier avait été détruit durant son trajet entre le steamer « La Lorraine » et le Danemark. Comme aucun navire de ce nom n’a été endommagé par le feu à cette date, il s’agit sûrement d’un convoi ferroviaire. Le courrier est parti du Havre, lieu de débarquement du navire, il a transité par Paris avant de repartir en train sur les lignes du Nord. Un accident à côté de Pont Saint Maxence, sur le Paris – Jeumont est sans doute à l’origine de ce retard de courrier (plusieurs mois). Les lettres concernées portent des inscriptions manuscrites en allemand ou en danois. Un cachet allemand aurait aussi été utilisé.

4 novembre 1913 – Melun

Collision à 21 heures 30 entre le rapide Marseille-Paris et le train postal Paris-Pontarlier, à la suite du non-respect de la signalisation par le mécanicien Dumaine, conduisant le rapide. Les deux trains, circulant sur la même voie, à contresens, entrèrent en collision de plein fouet en gare de Melun. L’accident, suivi d’un terrible incendie, fit 40 morts (25 voyageurs et 15 postiers) et 12 blessés.

En mars 1914, le Tribunal correctionnel de Melun condamnera le mécanicien et le chef de train du train tamponneur respectivement à quatre mois et un mois de prison pour homicide par imprudence. (Journal Le Matin du 28 mars 1914, sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k570839m/f2.image.r=Dumaine.langFR).

Les correspondances ayant échappé à l’incendie reçurent au recto la marque « Accident de service » en violet. Le courrier rescapé fut normalement distribué à partir du 8 novembre.

Au recto, il a été inscrit : « parvenu en cet état au bureau de Ligny, le receveur » suivi de la signature presque illisible.

Un cachet bleu « accident PLM à Melun » se trouve aussi parfois.

De 1914 à 1918

De 1914 à 1918, durant la Grande Guerre, les accidents ont presque tous été systématiquement censurés. Par ailleurs, il ne semble pas y avoir beaucoup de marques postales ou de griffes sur le courrier à la suite de ces incidents de parcours.

12 décembre 1917 –  Saint-Michel-de-Maurienne.

Déraillement d’un train d’un train en surcharge rempli de permissionnaires revenant du front italien a fait 435 morts. Ce train comportait 17 voitures. Après Turin, il avait été divisé en deux rames pour gravir les pentes du tunnel du Mont Cenis, un seul convoi aurait été trop lourd ; puis les deux rames avaient rassemblées à Modane pour entreprendre la descente de la vallée de la Maurienne en direction de Chambéry. Seuls quelques wagons étaient correctement reliés au système de freinage, automatique sur la locomotive, son tender et les trois premières voitures, désactivé et donc manuel pour le reste du convoi où on trouvait 7 serre-freins pour les 14 voitures et le fourgon de queue, comme c’était le cas habituellement pour les transports de marchandises auxquels étaient assimilés les convois militaires. La locomotive ne put correctement freiner à l’approche d’une zone de vitesse réduite (pente à 22%) et au contraire sa vitesse s’amplifia. La première voiture dérailla au lieu-dit La Saussaz, propageant le déraillement au reste du train. La locomotive et son tender continuèrent leur folle course jusqu’à Saint-Jean de Maurienne. Quatorze voitures s’encastrèrent alors les unes sur les autres contre les piles d’un pont routier franchissant la voie. Elles furent entièrement détruites par le choc et l’incendie qui suivit. Seuls le fourgon de tête, la première voiture, le fourgon de queue ainsi que les deux dernières voitures échappent à l’incendie. Le bilan officiel est de 425 morts mais plusieurs estimations indiquent 675 morts environ, compte tenu des décès des suites de blessures et brûlures dans les quinze jours qui suivirent le déraillement. C’est à ce jour la plus grande catastrophe ferroviaire en France. L’accident a été classé secret militaire et couvert par la censure. Le Figaro du 17 décembre annonça les funérailles des victimes : « Les obsèques nationales des victimes de l’accident de chemin de fer qui s’est produit en Savoie dans la nuit du 12 au 13, ont lieu à Saint-Jean de Maurienne ».

7 décembre 1918 : Lothiers

Un mois après la signature de l’Armistice, un train de soldats, de retour de permission, est arrêté en pleine nuit à quelques centaines de mètres de la gare de Lothiers où stationnait un train de marchandises. CE train de militaire fut alors percuté par un second convoi de permissionnaires engagé sur la même voie. Les soldats indemnes mirent près de 24 heures pour évacuer les blessés et les victimes. Un train de secours, en provenance de Limoges, vint même prêter main-forte aux médecins, débordés. Des funérailles militaires eurent lieu à Châteauroux le 9 décembre, la presse étant par ailleurs toujours sous la pression de la censure.

décembre 1918 : correspondance retardée par suite d’un incendie

Il semble bien qu’il y ait peu d’informations disponibles sur cette griffe apposée en violet sur le courrier à destination de la Belgique que nous avons pu retrouver. Les lignes maritimes et aériennes ne pouvant être prises en considération, il s’agit très vraisemblablement d’un incendie lié au transport terrestre. Les trois documents que nous avons montrent un courrier depuis Paris, un autre depuis Madrid, un troisième depuis Milan. Cet incident a donc pu se produire, d’une part le 21 décembre 1918, date du courrier français, ou juste après, d’autre part entre Paris et Bruxelles, et peut être même plus probablement avant ou à Charleroi, lieu de bifurcation des lignes entre Bruxelles d’une part et Liège d’autre part, sauf si le courrier passait par Bruxelles d’abord (en décembre 1918, les voies de chemin de fer étaient loin d’être toutes rétablies).

Le courrier concerné porte la marque correspondance retardée / par suite d’un incendie sur deux lignes, en violet.

Paris pour Bruxelles, tarif de la lettre pour l’étranger, 21 décembre 1918

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 On a retrouvé cette griffe sur d’autres courriers, l’un en provenance de Milan pour Liège, l’autre en provenance de Madrid pour Bruxelles.

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Naufrages et catastrophes maritimes

Le nombre de bateaux ayant subi des avaries par fait de guerre ou en temps de paix est aussi très important, même si le nombre de marques postales qui en ressort est assez restreint. Comme pour les accidents de train, on n’a retenu que ce qui pouvait directement intéresser le 25c bleu.

Naufrages

Naufrage de la « Ville d’Alger »

Parti d’Alger le vendredi 26 février 1909 vers 15 heures, le paquebot courrier Ville d’Alger entrait à Marseille le samedi 27 à 20 heures quand il fut heurté à bâbord par l’Orléanais quittant le port. En dépit des avaries il se range à quai et s’amarre à la Joliette, les passagers (155 passagers de première et seconde classes et 42 de troisième classe) évacuant rapidement le bord, l’eau pénétrant dans le bateau par la déchirure de la coque ouverte au cours de la collision.

naufrage ville d'alger.png

Le courrier fut dégagé et le contenu séché avant d’être mis en circulation non sans avoir reçu un cachet spécial : « Naufrage du Ville-d’Alger » justifiant la décoloration de l’encre, les auréoles des couleurs délayées, le décollage des timbres, dégâts provoqués par le séjour dans l’eau de mer. Le lundi 1er mars, le navire s’échoua, couché sur son flanc droit. Le lendemain 2 mars dans l’après-midi, une équipe de scaphandriers achevait de récupérer les colis postaux. Le navire a été renfloué le mardi 6 avril 1909.

On connait 3 cachets différents.

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naufrage ville d'alger
viller d'alger3

Naufrage ville d'alger Rcdée

Naufrage du « Général Chanzy »

L’île de Minorque est située sur la route maritime de Marseille à Alger. Par gros temps, les navires sur la ligne de Marseille s’abritaient à Majorque et reprenaient la route ensuite. Pour autant, seul le phare du Cap Cavalleria, au nord, guidait les navires sur Minorque dont l’approche était toujours très dangereuse du fait des vents (mistral et tramontane) qui lèvent des mers énormes battant les falaises déchiquetées de la côte nord.
Le 10 février 1910 le paquebot Général Chanzy, de la Compagnie Générale Transatlantique, en route de Marseille à Alger, de nuit, s’est échoué par forte tempête sur les falaises à l’extrême nord ouest de l’île après avoir manqué l’entrée dans le canal entre les deux iles. Le Général Chanzy s’est rompu immédiatement engloutissant 159 personnes (72 hommes d’équipage et les 87 passagers). Un seul survivant a pu témoigner de la soudaineté du désastre : cf ci dessous la une de l’Humanité du 13 février 1910.

naufrage général chanzySur le courrier qui fut récupéré plus tard (les opérations de recherche de corps et de biens commencèrent dès le lendemain, après que le seul survivant eut pu être sauvé) on apposa au verso une griffe spécifique :

naufrage du général chanzy.png

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Naufrage du « Newton »

La griffe spéciale apposée sur le courrier, en Suédois, dit : »endommagé par un incendie à bord du newton à vapeur à Sunderland le 14 février 1916″

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Il y a eu une autre griffe en français sur 3 lignes : Avarie par incendie/a bord du paquebot/”Newton” à Sunderland/le 14 février 1916” :

naufrage newton cachet français.png
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naufrage newton.png

Incendies

Incendie de « l’Angkor »

L’Angkor était un navire de la Compagnie des Messageries Maritimes, en service depuis juillet 1921 sur la ligne d’Extrême Orient. Le 15 octobre 1923, au cours de son voyage entre Marseille et Haiphong via Yokohama, au environ de Perim Island, un feu se déclara dans les soutes. Le bateau continuant sa route vers Djibouti, le feu ne fut totalement maitrisé qu’une fois au port. Le courrier et les autres marchandises transportées furent endommagés par le feu et les eaux utilisées pour éteindre l’incendie. Le courrier détérioré par le feu et l’eau fut réexpédié. Il y fut collé une étiquette qui existe en plusieurs modèles ou une griffe sur les courriers trop abîmés.

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Immersion

Trajets aériens interrompus

Même si les ligne de la CGT ou de la Cidna par exemple avaient pu délivrer du courrier aérien, c’est surtout aux lignes Latécoère, puis à l’Aéropostale qu’on s’intéresse dans un premier temps.

Il est hors de propos de faire ici une étude exhaustive des accidents survenus et des trajets interrompus, le pourrait-on d’ailleurs? A une époque où l’aviation naissante tenait plus du folklore que de la rigueur de notre aviation actuelle, chaque vol était en soi une épreuve, un véritable pari : ce qui allait devenir la « Ligne » devait passer envers et contre tout. Les accidents que nous relatons ici sont ceux qui affectèrent le courrier : que l’accident fut mortel avec disparition total du courrier ou pas.

Nota : comme pour les Ballons Montés, c’est bien souvent en regardant les dates, les lieux, les cachets de transit qu’on finit par savoir si un courrier qui n’a aucune caractéristique particulière (ils ne portent pas tous une trace administrative de leur périple) a été retardé ou pas, et pourra être identifié comme retardé ou accidenté. Car, contrairement aux plis inauguraux, arborant tous des empruntes plus visibles les unes que les autres, les plis accidentés se créent sans les collectionneurs.

1919

Le premier accident retenu date du 8 décembre 1919 sur un Bréguet 14 près d’Alicante (Espagne).

1920

Le 2 octobre 1920, le Salmson du pilote Rodier et du mécanicien Marty tombe en mer au large de Port Vendres.

Le 5 octobre 1920, le Salmson de Genthon et Bénas, pris par le vent et la nuit s’écrase et prend feu près d’Ontinyent (nom officiel en valencien, Onteniente en Castillan), non loin de Valence (Espagne). Le peu de courrier sauvé porte la mention manuscrite « brûlé par avion« , le pilote et son mécanicien sont morts dans l’incendie.

Le 24 décembre 1920, Sagnot s’écrase au sol à Barcelone.

1921

Le 15 février 1921, Merel et Garrigue tombent en mer à bord de leur le Salmson dans le détroit de Gibraltar. Le 8 mai 1921, l’avion de Sticher et Garrigue prend feu à l’atterrissage à Campello à 13 km d’Alicante. Le 14 août 1921, le Salmson de Portal et Gayé s’écrase au décollage à Toulouse.

1922

Le 26 juillet 1922, l’avion de Méchin perd son moteur et prend feu à l’atterrissage forcé à Guadix à 60 km de Grenade (Espagne). Le courrier sauvé porte la mention manuscrite : « lettre détériorée, accident d’avion – 27.7.1922« , le pilote meurt dans l’accident.

Le 3 décembre 1922, le Laté de Gensollen s’écrase aux environ de Fez (Maroc).

1923

Le 17 janvier 1923, l’avion de Gay, pris dans une tempête de neige s’écrase à Alicante à l’atterrissage, le pilote meurt dans l’accident. Le 6 novembre 1923, Payan s’écrase au décollage sur Bréguet 14 à Aigues Vives.

1924

Le 25 avril 1924, l’avion de Berjaud et Lempereur s’enflamme et s’écrase à Alicante. Le pilote et ses passagers meurent dans l’accident. Le 20 juillet 1924 Hoddap s’écrase près de Rosas (Espagne).

Le 18 décembre 1924, l’hydravion de Mingat amerrit en catastrophe entre Oran et Alicaante. Avec Ducaud, il passa huit heures dans l’eau accroché à l’épave, les sacs postaux à la ceinture. avant que la vedette de Paul Vachet (responsable de la ligne Alicante Oran à cette époque) ne vienne les secourir. Les Lettres abîmées sont scellées par trois bandes PTT avec mention manuscrite « avion tombé en mer » et le cachet de Paris Austerlitz du 22 décembre 1924.

1925

Accident du 25 juin 1925

Le 25 juin 1925, l’avion de Mingat en provenance de Casablanca s’écrase et s’enflamme à Alicante après avoir heurté un paratonnerre. Le pilote et le radio-navigant Salvadou meurent dans l’accident. Les plis sauvés portent un papillon avec sur deux lignes :

Correspondance trouvée dans les débris de l’avion postal
incendié à Alicante le 25 juin 1925

les lettres réexpédiées portent quant à elles une étiquette :

alicante

Accident du 23 juillet 1925

La ligne aérienne entre Casablanca et Dakar fut inaugurée le 1er Juin 1925. Didier Daurat, directeur de l’exploitation des Lignes aériennes Latécoère avait imposé que deux appareils volent de conserve : si l’un était contraint à un atterrissage forcé, l’autre se poserait à ses côtés, embarquerait courrier et hommes en cas de panne grave ou d’accrochage avec les populations locales dont certaines étaient rebellées contre la métropole. Ce territoire baptisé Rio de Oro était un vaste désert où se trouvaient des Maures en contact avec des espagnols qui sortaient peu de leurs positions fortifiées et qui ne souhaitaient pas vraiment que la France fût présente sur ces terres. Le 23 juillet 1925, après un incident moteur, les pilotes Rozès et Ville sont forcés de se poser au Sud d’Agadir, ils doivent faire usage de leurs armes (3 morts) et se replier sur l’avion de Ville en abandonnant aux dissidents leur cargaison.

(Claude Jamet et Gérard Collot, Timbroscopie numéro 155 page 25 – mars 1998)

Hors collection : document vu sur http://timbres-de-france.xooit.com/t1247-Estimation-courrier-tombe-au-main-des-maures.htm

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courrier-tomb-aux...aures-2--3a03f1fLettre abandonnée le 23 Juillet 1925,
retrouvée huit mois plus tard dans le désert et ramenée à Dakar le 30 mars 1926 .

Ce courrier est bien évidemment rare. Celui portant un 25c bleu encore plus.

D’après le Docteur Fromaigeat, certaines lettres ont été retournées plus tôt. Elles ont été postées à Agadir et portent le cachet « Postes aux Armées » 9/9/1925 Agadir avec inscription à l’encre rouge :

« Lettres rapportées ouvertes de zone dissidente où un avion Latécoère les avait abandonnées. pour le chef de poste militaire, M. Poitaut« 

Le 18 octobre 1925, l’avion de Martin Des Pallières prend feu et s’écrase à Port Etienne. le pilote meurt de ses blessures deux semaines plus tard.

Le 11 décembre 1925, l’hydravion venant de Casablanca heurte un bâtiment à Alicante et tombe en flamme. La correspondance sauvée (peu) porte une étiquette polycopiée (il en existe 4 différentes) toujours collée sur une enveloppe de service réexpédiée de Toulouse :

Correspondance trouvée dans les débris de l’avion postal
incendié à Alicante le 11 décembre 1925

1926

Ce fut Mermoz qui inaugura, en 1926, la série des captivités. Le 21 mai 1926, il est forcé d’atterrir près d’Ifni, Sud Maroc, est capturé puis échangé neuf jours plus tard contre une rançon de 1000 pesetas alors que son appareil avait été brulé.

Le 11 novembre 1926, l’avion de Gourp en panne est contraint de se poser au environ du Cap Bojador. Le second avion d’Erable se pose alors pour lui venir en aide, mais casse son train et accroche l’aile de Gourp.  Les maures dissidents surgissent alors, capturent pilotes, l’interprète de Gourp et le mécanicien Pintado. Des coups de feu éclatent, Erable et Pintado sont abattus et leurs corps abandonnés. Les avions sont pillés, détruits. Gourp, blessé, est emmené à dos de chameau à travers le désert dans l’espoir d’une future rançon. Il est abandonné, blessé lui aussi par les maures qui le  laissent pour mort. Vingt deux jours plus tard, l’équipe de secours le retrouve. Hospitalisé à Casablanca le 2 décembre, il meurt de gangrène le 5.

1927

Le 20 mars 1927, d’après Fromaigeat, l’avion de Casablance tombe en flammes non loin de Rabat. Le courrier récupéré est réexpédié dans des enveloppes de service 819 avec la griffe « avion d’Oran du 20 mars 1927 brûlé » et le cachet de Rabat du 21 mars.

Le 3 mai 1927, Larmor se tue sur son hydravion au décollage dans la rade d’Alger. Son mécanicien Riera est blessé. Le 1er août 1927, le laté 17 de Bury, Guyollot et Sirvin s’écrase à Saint André en Haute Garonne et prend feu. Le 6 octobre 1927, Le Bréguet 14 de Lassale et Moreau prend feu à l’atterrissage et s’écrase à Thies au Sénégal. Le 31 décembre 1927, le laté 21 D’Enderlin, Mercier, Perret, Berdin et Mattei s’écrase et prend feu à Marignane.

Bibliographie

Approche philatélique

Gérard Collot, La ligne Mermoz 1918 – 1919 Paris,  Ed Sinais, 1990

« Les plis aériens accidentés », in Le monde des philatéliste, mars 1987

http://mondephilatelique.blog.lemonde.fr/2010/09/18/mermoz-saint-exupery-courriers-aeriens-de-legende/

Dr. Fromaigeat, « les plis accidentés de la « Ligne », in Documents philatéliques, n°91, 1982.

(Nota : les renseignements apportés par Fromaigeat sont particulièrement importants. Pour autant il ne cite aucune source et les vérifications ne sont pas forcément aisées. En outre, la composition n’a pas forcément respecté les graphies : Guillaumet est écrit Guillaumat, Lavinel, Lavinal, Santelli est devenu Santelin… des dates sont interverties, certaines griffes sur courrier aussi.)

Des exemples de plis

Sur les pilotes en général et les lignes aériennes

Sur l’immatriculation de tous les avions français de la période et sur leur destinée

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