Bureaux de poste français à l’étranger

Les bureaux de postes français à l’étranger composaient un réseau de bureaux à l’échelle mondiale  dont le but était essentiellement de faire à la carence des postes locales et à favoriser les relations postales indispensables à la bonne marche des entreprises et des commerçants français et européens.

La mise en service de ces bureaux date du début du 19 ème siècle, ils atteignirent leur apogée un siècle plus tard, au début du 20ème siècle.

Après la Première Guerre mondiale, certains de ces territoires ont été directement administrés par la France alors que bien des bureaux qui avaient fermé en 1914 n’avaient pas été rouverts au lendemain de celle-ci. Par ailleurs la France avait reçu mandat sur certains territoires au lendemain de la guerre. Ces territoires administrés par la France ne l’étaient pas au même titre, évidemment et ont donné lieu à l’émission de timbres spécifiques. A tout ceci il faut enfin ajouter les timbres spécifiques de l’Algérie.

Ces bureaux à l’étranger peuvent être regardés à la fois selon leur zone géographique, la nature de leur présence, les dates de cette présence.

  1. Algérie
  2. Bureaux français dans l’Empire Ottoman
    1. Bureaux en Roumanie et Bulgarie
      1. En Bulgarie
      2. En Roumanie, sur le delta du Danube
      3. En Roumanie, sur la Mer Noire
    2. Bureaux en Grèce et dans les Îles de la Mer Égée
      1. Bureaux ayant fermé avec la Première Guerre mondiale
      2. Cas particulier de Castellorizo
    3. Bureaux en Turquie d’Asie, dans les Détroits
      1. Au Levant, en Turquie d’Asie sur la côte anatolienne de la mer Noire
      2. Au Levant, en Turquie d’Asie sur la mer de Marmara
      3. Au Levant, en Turquie d’Asie au sud de la Cilicie
      4. Dans les Détroits
    4. Bureaux en Cilicie
    5. Bureaux en Syrie et Palestine, en Syrie, aux Alaouites et au Grand Liban
      1. Bureaux de Syrie et Palestine avant le mandat français
      2. Occupation et mandat français en Syrie – Grand Liban – Alaouites
    6. Bureaux français de l’Empire ottoman en Égypte
    7. Bureau français de l’Empire ottoman à Tripoli de Barbarie
  3.  Bureaux français en Chine
    1. Bureaux dépendant du ministère des affaires étrangères
    2. Bureaux indochinois en Chine dépendant du gouvernement général de l’Indochine et dont l’apparition coïncide avec la grande époque des expéditions françaises en Extrême-Orient.
  4. Bureaux français en Éthiopie
  5. Bureau français à Tanger
  6. Bureaux français à Zanzibar
  7. Bureaux français en Europe : Memel

1 – Algérie

Il faut ajouter à cette liste le cas algérien dont l’histoire postale remonte sans doute à la fin du XVIIème siècle sous le contrôle partiel de l’Espagne (Oran).

Un service postal régulier vit le jour sous l’administration française, d’abord comme poste militaire créée en 1830 à Alger, ouverte aux civils en 1835. Le service s’est ensuite étendu à tout le territoire aidé en cela par la mise en service du même système qu’en métropole, avec par exemple des cachets à date standardisés, portant date et nom de villes. En 1880 l’Algérie ne comptait pas moins de 295 bureaux de poste.

Les premiers timbres utilisés en Algérie ont été les mêmes qu’en France, avec une oblitération grille à partir du 1er janvier 1849, devenue losange chiffré en 1852.

Au début de 1924, l’Algérie reçut ses propres timbres, ceux de métropole, surchargés « Algérie ». A cette date, un décret autorisa la création et l’emploi de timbres spécifiques mais ceux-ci ne pouvant être imprimés dans les délais, des timbres français surchargés ALGÉRIE furent utilisés provisoirement. Quatre 25 c bleu furent utilisés en Algérie en 1924, celui des carnet au type 2, celui des feuilles à plat au type 3A et celui des rotatives au type 3B, alors que tous les autres territoires reçurent des timbres de feuille au type 1A. Enfin, l’Algérie utilisa des cartes lettres en enveloppes au type 4. Après 32 types différents en deux années, en 1926 les premiers timbres spécifiques pour l’Algérie ont été émis, ils représentaient des paysages du territoire et jusqu’à l’indépendance en 1962 l’Algérie a utilisé ses propres timbres dans le cadre de l’administration française.

2 – Bureaux français dans l’Empire Ottoman

a) Bureaux en Roumanie et Bulgarie

En 1857 la desserte postale par les Bureaux français fut étendue à la mer Noire et à la mer Égée. De cette année là, date l’ouverture des Bureaux suivants :

En Bulgarie

Varna Bureau de Distribution  ouvert en novembre 1857,  fermé en août 1876

En Roumanie, sur le delta du Danube

Galatz  Bureau de distribution, ouvert en novembre 1857,  fermé le 15 janvier 1875

Ibraila  Bureau de distribution, ouvert en novembre 1857,  fermé en janvier 1875

Sulina Bureau de distribution, ouvert en novembre 1857,  fermé en avril 1879

Tulscha Bureau de distribution, ouvert en novembre 1857,  fermé en avril 1879

Quelques bureaux sont de création plus tardive, en ce qui nous concerne :

En Roumanie, sur la Mer Noire

Kustendje (bureau de recette fut ouvert le 1er septembre 1869 et fermé en avril 1879)

b) Bureaux en Grèce et dans les Îles de la Mer Égée

Bureaux ayant fermé avec la Première Guerre mondiale

Cavalle : Bureau de distribution, ouvert en janvier 1874, fut fermé en août 1914

Crète : Six bureaux de distribution ont été ouverts en 1897 à La Canée et à Candie ainsi qu’à Hierapetra, Rethymno, San Nicolo et Sitia. Hierapetra, San Nicolo et Sitia ont fermé en 1899, Les trois autres en 1913 après l’intégration définitive de l’île avec la Grèce, dont l’union avait été prononcée en 1908.

Dedeagh : Bureau de distribution fut ouvert le 1er janvier 1874 et fermé le 16 avril 1915

Enos : ouvert en janvier 1874, fut fermé en avril 1875

Lagos devenu Port-Lagos : Bureau de Distribution a fonctionné à Lagos à deux reprises : de janvier 1874 à avril 1875 sous le nom de Lagos et de 1880 à 1898 sous le nom de Port-Lagos

Métélin (Mytilène) : bureau de distribution, ouvert en septembre 1852, fut fermé en avril 1872

Rhodes (Bureau de Distribution, ouvert en septembre 1852, fonctionna jusqu’à septembre 1887. Fermé, puis ouvert de nouveau en janvier 1896 il devint Bureau de Recette vers 1911-1912, il fut fermé définitivement en septembre 1924)

Salonique (deux bureaux, l’un,  bureau de distribution, ouvert à la fin de 1856 devenu en bureau de recette le 1er janvier 1880, l’autre bureau de recette, annexe du bureau principal, fut ouvert en 1889 ; tous les deux fermés en 1914

Vathy : Bureau de distribution, ouvert en 1893, fermé en août 1914

Volo (ouvert de 1879 à 1881)

Cas particulier de Castellorizo

Castellorizo relève de l’occupation française à l’issue de la Première Guerre mondiale et n’a pas d’existence philatélique française après le traité de Sèvres et la cession du territoire à l’Italie en 1920.

c) Bureaux en Turquie d’Asie, dans les Détroits

Les bureaux du Levant sont dans la continuité des Échelles du Levant. En 1857, la desserte postale par les Bureaux français fut étendue à la mer Noire et à la mer Egée. Regroupement d’une cinquantaine de bureaux français disséminés dans le bassin de la Mer Noire et actifs au cours de la Seconde moitié du XIXème siècle, les bureaux du Levant situés dans l’Empire Ottoman ont fermé en 1914.

Au Levant, en Turquie d’Asie sur la côte anatolienne de la mer Noire

Ineboli , ouvert en 1857, supprimé en août 1876

Kerassunde Bureau de Distribution ouvert en août 1857, peu après la mise en service de la ligne de Trébizonde. Il fonctionna jusqu’à août 1914

Ordou Bureau de distribution fut ouvert en mai 1869, en remplacement de celui de Sinope. Il fut supprimé en août 1876

Samsoun ouvert en novembre 1857, en coïncidence avec la mise en service de la ligne maritime Constantinople fermé en 1914

Sinope : Bureau de distribution fermé en mai 1869

Smyrne : Ouvert une première fois en 1812-1813, fut remis en service le 1er mai 1837 et poursuivit son activité jusqu’au mois d’août 1914. Il réouvrit en 1919 et fut définitivement fermé en 1923

Trébizonde : Bureau de Distribution, ouvert en novembre 1857, fonctionna jusqu’au mois d’août 1914

Au Levant, en Turquie d’Asie sur la mer de Marmara

Rodosto, remplaçant de Gallipoli en 1872, supprimé définitivement en août 1876

Au Levant, en Turquie d’Asie au sud de la Cilicie

Mersina : ouvert à la fin du mois d’août 1852; il fut converti en bureau de recette (ou direction) aux environs de 1891. De nouveau, bureau de distribution en 1911, il fut fermé en août 1914

Dans les Détroits

Certains (bureaux de Constantinople et de Smyrne) reprirent leur activité à partir de 1919 et bénéficièrent de figurines surchargés en monnaie locale (para et piastre). Un service spécial a fonctionné pour les villes situées en bordure de la Mer Noire (Samsoun, Trébizonde , Kerassunde).

Le Levant a été doté de figurines spécifiques. La principale caractéristique de ces timbres-postes des bureaux du Levant étant la simple surcharge sans aucune indication géographique.

Ces timbres ont été utilisés à Constantinople à partir de juillet 1921 et ont fonctionné temporairement à Rhodes par manque de timbres. A noter que trois timbres le 25 centimes, le 50 centimes et le 1 franc ont été envoyés par les autorités de Port-Saïd pour être utilisés en Éthiopie : ils se distinguent des autres timbres du Levant en ceci qu’ils ne sont pas surchargés, l’Éthiopie ne reconnaissant pas la piastre.

Dardanelles

Bureau de Recette ouvert aux Dardanelles dès 1835 (ouverture de la ligne maritime). Converti en Bureau de Distribution le 1er janvier 1880. Fermé en 1914 rouvert en 1919 jusque en 1923

Gallipoli

En 1852, de nouveaux Bureaux de poste furent ouverts dans les principaux ports de la Méditerranée desservis par les Messageries. Ce fut le cas de Gallipoli, bureau de distribution supprimé en 1872, remplacé par Rodosto.

Constantinople

Trois Bureaux Français furent ouverts à Constantinople :

1°) Constantinople – Turquie :  Bureau principal de Recette (ou de Direction). Il aurait été ouvert une première fois pendant quelques mois, dès 1799 plus sûrement de mai 1812 à la fin de 1813. Ouvert, de façon définitive à partir du 1er mai 1837, ce qui correspond, d’ailleurs, à la date d’ouverture de la ligne de paquebots du Levant . Ce Bureau était situé dans le quartier de Pera dont il prit la dénomination (Pera) en 1902. Il fut fermé en août 1914. On peut cependant noter sa réouverture temporaire de 1919 à 1923, à l’issue de la première guerre mondiale.

2°) Constantinople – Galata : Bureau succursale de recette, ouvert de 1879 à août 1914 puis de 1919 à 1923.

3°) Constantinople- Stamboul : Bureau succursale de Recette, ouvert de 1880 à août 1914 puis de 1919 à 1923).

Pour tous ces bureaux français dans l’Empire Ottoman, on se gardera bien de toujours distinguer les périodes d’avant guerre et d’après guerre, d’utilisation civile ou militaire.

d) Bureaux en Cilicie

La Cilicie était une partie de l’actuelle Turquie, ancien royaume de petite Arménie. A la suite de l’Armistice du 30 octobre 1918 avec l’Empire Ottoman, les Français débarquent le 9 janvier 1919 en Cilicie, après une courte occupation britannique. La situation politique est confuse. En Turquie, Mustapha Kemal s’empare peu à peu d’un pouvoir que le Sultan laisse échapper. Atatürk organise la résistance et s’oppose à la garnison française de 15000 hommes en Cilicie. En mai 1920, un premier armistice est signé avec Kemal, qui met fin aux combats sporadiques avec les Français. En Juillet les kémalistes assiègent à nouveau Adana et bloquent les communications. Les Français changent de stratégie et choisissent de s’allier avec Kemal contre le Sultan Mehmet VI. Le 20 octobre 1921, un accord est signé et, en novembre la France évacue la Cilicie. Celle-ci est alors rétrocédée à la Turquie.

e) Bureaux en Syrie et Palestine, en Syrie, aux Alaouites et au Grand Liban

Bureaux de Syrie et Palestine avant le mandat français

Alexandrette : Bureau de poste français d’Alexandrette fut créé en octobre 1852 sous la forme d’un Bureau de Distribution. Ce Bureau fut fermé en 1889, durant quelques années, mais il fut rouvert en 1893 sous la forme d’un Bureau de Recette (ou de Direction). Sa fermeture définitive intervint en août 1914

Beyrouth : Bureau de Recette (ou de Direction) fut ouvert dans ce port au mois de novembre 1845. Le Bureau Français de Beyrouth poursuivit son activité jusqu’au mois d’août 1914

Jaffa (Tel-AvivJaffa) : Bureau de recette créé en 1852. Sa fermeture intervint en août 1914

Jérusalem : Ouvert de 1846 à 1914

Lattaquie : Bureau de Distribution, ouvert à la fin d’août 1852, fut converti en Bureau de Recette en 1894, puis fermé en août 1914

Rouad : Situé au large de la côte syrienne et occupé en 1915 pour assister le corps expéditionnaire français à destination de la Syrie. La marine française ouvrit un bureau militaire le 12 janvier 1916, tandis que le bureau de poste civil ne sera ouvert que le 22 mars ou le 12 mai. Ces bureaux furent fermés en 1922 et reçurent 1200 séries de timbres du Levant de 5c, 10c et 1pi sur 25c. Rouad fut ensuite rattaché au Territoire des Alaouites.

Tripoli de Syrie : Bureau de Distribution fut ouvert en septembre 1852 ; il fut converti en Bureau de Recette (ou Direction) en 1890, puis divisé vers 1896 en  «Tripoli – Marine» dont le Timbre à Date porte la légende « Tripoli » et qui était le siège du bureau de Recette et  «Tripoli – Ville», simple Bureau de Distribution avec la légende  «Tripoli – Ville». Les deux bureaux furent fermés en août 1914

Occupation et mandat français en Syrie – Grand Liban – Alaouites

L’action française en Syrie a connu, elle, un tout autre destin. Reconnue après la fin de la campagne de Cilicie par la Turquie, cette présence englobait tout le littoral syrien de Tyr à Alexandrette, lequel était donc administré par la France depuis Beyrouth.

Le Grand Liban faisait aussi partie de la Syrie sous mandat français. Le 1er septembre 1920 il fut proclamé indépendant et la France reçu officiellement mandat en date du 29 septembre 1923. Il a reçu ses propres timbres en janvier 1924 et devint la République Libanaise en 1926.

La région côtière de l’actuelle Syrie dont la ville principale est le port de Lattaquié devint le 31 aout 1920 le territoire des Alaouites (incorporé à la Fédération syrienne). Le territoire est officiellement passé sous mandat français le 29 septembre 1923. Il a reçu ses propres timbres en janvier 1925 et fut finalement rattaché à la Syrie en 1936.

f) Bureaux français de l’Empire ottoman en Égypte

Le premier bureau fut ouvert à Alexandrie dès 1830. Ce Bureau fut transformé en Bureau de Direction dès le 1er Mai 1837 .
Une circulaire du 21 Février 1844 annonça la prochaine ouverture de la ligne directe de paquebots : «Marseille – Alexandrie» (via Malte); cette ouverture devint effective dès le mois de Mars, avec un départ d’Alexandrie du paquebot « Osiris » le 20 Mars. A partir du 4 octobre 1851, la ligne d’Égypte fut prise en charge par la société des Messageries Nationales. Puis, en 1862, l’escale intermédiaire de Malte fut transférée à Messine. La fréquence normale des traversées entre Marseille et Alexandrie était de deux voyages par mois. Fermé en 1931.

Les autres bureaux sont de création plus tardive :

Suez (bureau de distribution, ouvert en novembre 1862, fut converti en bureau de recette en 1874 , puis supprimé en décembre 1888),

Le Caire  (bureau de distribution, ouvert en novembre 1865, fut converti en bureau de recette vers 1872, avant d’être fermé en mars 1875),

Port-Saïd (bureau de distribution, ouvert en juin 1867, fut transformé en bureau de recette en janvier 1894 et fonctionna  jusque en mars 1931).

g) Bureau français de l’Empire ottoman à Tripoli de Barbarie

A partir de 1880, une ligne de paquebots français a fonctionné chaque semaine entre Tunis et Tripoli de Barbarie, en coïncidence avec la service existant entre Marseille et Tunis. Des bureaux de poste français avaient été créés en même temps dans les escales de la nouvelle ligne, à savoir : à Sousse, Monastir, Mehdié, Sfax, Djerba (Tunisie) et à Tripoli (Tripolitaine). Après la conquête de la Tunisie en 1881, le seul bureau de Tripoli resta en dehors de la colonie.

Par décret du 26 mars 1886, à partir du 1er avril 1886, les conditions de tarif ou autres auxquelles sont soumis les objets de correspondance de toute nature, circulant à l’intérieur du territoire français, sont applicables aux échanges établis ou à établir entre la France et l’Algérie, d’une part, et les bureaux français en Tunisie et à Tripoli de Barbarie ; d’autre part, entre les bureaux français de Tunisie et le bureau français de Tripoli de Barbarie, ainsi que de bureau français à bureau français à l’intérieur de la Tunisie, mais rattaché au bureau de Tunis.

Tripoli (Barbarie / Libye) – 1913
Ouvert du 1er juillet 1880 au 1er mars 1913

Les timbres français de métropole, non surchargés, y sont seuls utilisés.

 3 – Bureaux français en Chine

Les bureaux de poste français en Chine font partie des services qui ont été mis en place en Chine par des puissances étrangères à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ceci dans le cadre de ce que les historiens nomment les « traités inégaux » qui avaient permis aux puissances coloniales de développer une activité commerciale au profit des métropoles. Ceci a naturellement entrainé l’ouverture de relations postales.

Deux catégories de bureaux français furent ouverts dans les principales villes :

Bureaux dépendant du ministère des affaires étrangères

  • Shanghai (la concession française fut créée en 1849, le bureau installé en 1862 ; elle n’exista dans les faits que jusqu’en 1943, bien qu’officiellement elle resta française jusqu’en 1946.),
  • Tien-Tsin (Tianjin) (1889 – concession le long du fleuve Haihe au sud de la ville),
  • Han-Keou et Tche-Fou (1898),
  • Pékin (1900),
  • Amoy (1902),
  • Fou-Tcheou (Arsenal Pagoda) (1902)

Ces bureaux utilisèrent des timbres de France surchargés ou libellé « CHINE ».

Bureaux indochinois en Chine dépendant du gouvernement général de l’Indochine et dont l’apparition coïncide avec la grande époque des expéditions françaises en Extrême-Orient.

Ils furent au nombre de six :

  • Mongtse (1900),
  • Yunnan Fou (1900),
  • Hoi-Hao (1900),
  • Canton (1901),
  • Packoï (1901),
  • Tchong-k’ing (1902).

Ils utilisèrent des timbres d’Indochine surchargés de leur nom à l’exception des deux séries générales surchargées « CHINE ».

Tous ces bureaux français furent fermés le 31 décembre 1922 à minuit après qu’un traité international mit fin aux privilèges des puissances étrangères.

Bulletin des postes 1924:02http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5683579p/f8.image

Le territoire de Kouang-Tchéou Wan (Guangzhou Wan) possédait un statut différent des autres bureaux. Guangzhou Wan est annexé par la France le 27 mai 1898 dans l’espoir de développer un port d’importance comparable à Hong Kong, alors concession anglaise. En janvier 1902, l’annexion se transformée en un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans. Il passa sous l’autorité du gouverneur général d’Indochine française. Envahi par les Japonais en 1943, il fut rétrocédé à la Chine en 1946.

4 – Bureaux français en Éthiopie

On dit de l’empereur Menelik qu’il était un amoureux du progrès et que s’il avait pu faire construire un escalier pour atteindre le lune, il l’aurait fait. C’est ainsi que l’empereur et son épouse avaient cherché à d’abord doter l’Éthiopie des structures d’un État moderne. Le symbole reste évidemment la création du palais impérial à Entoto après son départ d’Ankober, mais aussi et surtout la fondation de la capitale Addis Abeba (« fleur nouvelle ») et les conquêtes territoriales autour du vieux cœur du Shéwa.

Or l’empereur alla plus loin et chaque aspect de sa politique pour son pays est revêtu de cet esprit d’ouverture et de modernisation.

Économiquement l’Éthiopie se dota d’un réseau ferré, de ponts, de lignes télégraphiques. Ce qui permis bien sûr de désenclaver le pays et d’en faire un point de passage en Afrique de l’Est.

Administrativement, on inventa une nouvelle monnaie en remplacement du Thaller autrichien, on harmonisa les impôts, on créa un nouveau système fiscal en 1892, plus cohérent, avec mise au point d’une dîme, ce qui permis notamment le paiement et l’entretien d’une armée fidèle au régime désormais et non plus livrée aux pillages. Or ces 90000 soldats permanents devinrent 600 à 700 000 pour combattre les troupes italiennes en 1896 et empêcher la colonisation de l’Éthiopie. Soucieux de voir son œuvre perdurer, l’empereur fit partir en Occident des étudiants éthiopiens (en Suisse, en Russie) afin qu’ils soient formés aux meilleurs écoles occidentales. Bientôt l’Éthiopie elle même voyait arriver l’école à Addis Abeba, mais aussi à Harar.

Socialement, le besoin des populations à Addis Abeba, qui étaient assurés par un hôpital provisoire de la Croix Rouge russe (1897), le furent par un hôpital d’État (1906 puis 1910). En 1911 l’Éthiopie se dota d’une imprimerie officielle et en 1914 les premiers billets de banque virent le jour.

Politiquement, enfin, l’empereur mit en place un cabinet, un gouvernement à l’imitation des puissances européennes. Plus généralement, d’autres éléments participent à cette période de modernisation : une presse écrite est fondée en 1911, des hôtels et des restaurants apparaissent dans la capitale qui devient une ville cosmopolite. A sa mort en 1913, Menelik avait contribué à faire de l’Éthiopie un État véritablement prospère, moderne, résolument engagé sur la voie du progrès.

Les pères capucins d’Harar, pendant près de 20 ans, ont assuré la transmission du service postal pour les ressortissants français. Enfin, avec le bureau français de Diré-Daoua, la France a contribué à la mise en place d’un service éthiopien.

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre le service postal, mis sur pied pour l’Éthiopie par les français en 1894, avec des timbres imprimés en France et des pièces de monnaie elles aussi fabriquées en France puis en Éthiopie à partir de 1903 tant et si bien qu’en 1908, l’Éthiopie de Ménélik entrait dans l’UPU.

5 – Bureau français à Tanger

Tanger, ville à statut international à l’entrée de la Méditerranée, disposa de divers bureaux étrangers utilisant leurs timbres particuliers. Une liaison maritime reliant Oran à Tanger, via Gibraltar, ayant été inaugurée en janvier 1845, la France ouvrit en 1852 un bureau de poste rattaché à Oran. Un cachet d’oblitération par losange gros chiffres avec pour numéro 5106 est d’ailleurs signalé même si son usage effectif demeure incertain.

En dépit de l’instauration du double protectorat français et espagnol en 1911 les bureaux allemands et anglais continuèrent à fonctionner dans les deux zones. Le bureau allemand fut fermé en zone français le 4 août 1914, mais pas le bureau anglais. En zone espagnole le bureau allemand fonctionna jusqu’au 12 juin 1919.

Ces bureaux étrangers représentaient, comme en Chine ou au Levant, une sorte de perte de souveraineté de l’État d’accueil, ici l’État chérifien. Mais, en réalité, comme il n’existait alors, dans ce pays, à la différence de la Turquie, aucune poste nationale organisée et ouverte au public, ces bureaux ont constitué en réalité un apport positif au développement du pays et un premier exemple de ce que pourrait être une poste nationale moderne. A noter qu’il existait des postes locales privées, lesquelles furent fermées en 1911 au moment du protectorat, justement.

Concernant le Maroc, après l’apparition du mot « Maroc », en 1902, sur les timbres des Bureaux français, les premières émissions du protectorat comportèrent, à partir de 1911, un retour aux valeurs faciales en Francs et une surcharge en arabe, à laquelle fut ajoutée, en 1914, la surcharge « Protectorat français ». Celle-ci disparaissant totalement en 1917 pour montrer le retour à la souveraineté dans le cadre du protectorat.

Spécialement pour le bureau de Tanger, on utilisa les timbres du Maroc français surchargés « TANGER ». Les timbres sont aux types Blanc, Mouchon et Merson.

Les bureaux du protectorat espagnol firent de même. Quant au bureau britannique, il y émit des timbres spéciaux surchargés « Tangier« , mais libellés en livre sterling, et non en peseta hassani ou franc français, comme dans les autres bureaux britanniques du Maroc.

Tanger (Maroc) – 1913

Ouvert de novembre 1852 au 1 octobre 1913.

6 – Bureaux français à Zanzibar

Au début de 1889, un bureau de poste français est ouvert à Zanzibar. A partir du 1er février 1889, les correspondances ordinaires ou recommandées, déposées au bureau de poste français de Zanzibar ou distribuées par le même bureau, seront soumises aux taxes et autres conditions applicables dans les bureaux de poste français établis en Turquie, en Égypte, au Maroc et à Shang-Hai.
Un arrêté ministériel en date du 21 juin 1904 a décidé la suppression du bureau des postes françaises de Zanzibar (côte orientale d’Afrique). La clôture de ce bureau a eu lieu le 31 juillet 1904.

7 – Bureaux français en Europe : Memel

Memel, port allemand alors internationalisé et cédé en 1923 à la Lituanie. Le Gouverneur français à son arrivée alerte la Conférence des Ambassadeurs sur la nécessité de doter le territoire de Memel en timbres spécifiques et non plus d’utiliser les timbres allemands alors en usage alors que les habitants s’approvisionnent directement en Allemagne « au préjudice du Trésor ». Il se heurte à un refus des autorités allemandes.
Le 5 mars, il notifie ce refus à la Conférence des Ambassadeurs et renouvelle sa demande, cette fois-ci en timbres français surchargés « MEMEL », lesquels ont été disponibles à partir de l’été 1920.