Armée d’Orient après l’armistice, secteur postal 505, dans le tarif du 1er juin 1921

Le secteur postal 505  (ex 194) était celui de l’infanterie coloniale, de même que les secteurs 505 A, 505 B, 505 C. Cette infanterie coloniale était :

  • à Florina en juillet 1917
  • à Tourane (?) fin juillet 1917
  • à Brnick en août 1917
  • à Neokazi le 18 novembre 1917
  • à Lescovec en février 1918
  • à Monastir après l’engagement dans la boucle de la Cerna en septembre 1918
  • à Salonique en janvier 1919

Pour autant le secteur n’a pas disparu après l’armistice et on le retrouve encore en 1921, à Constantinople. Outre cet usage très tardif, la lettre ici est affranchie selon le tarif du 1er juin 1921, dernier tarif n’utilisant que les figurines métropolitaines avant l’apparition le 1er août 1921 d’un autre tarif à compter duquel les figurines locales furent utilisables. Notons que ce tarif du 1er juin portait la taxe d’affranchissement de la lettre à 75c, elle revint à 50 c le 1er août.

lettre constantinople 1921 75 c

Affranchissement à 75 centimes (x 3) : lettre 1er échelon.

Hedjaz Grand Liban

Vu en vente sur http://www.actualitephilatelique.fr/.

Bloc de quatre avec millésime 0 (1920) surchargé en noir, GL/HEDJAZ/P.S.2.

hedjaz millésime 0.png

Ceci confirme le tirage sur planche au type 1A à partir des planches de 150. Il est précisé que le timbre est resté non émis, ce qui ne correspond en revanche en rien au fait qu’il ait été utilisé, au moins comme fiscal.

On retrouvera l’essentiel sur ce timbre sur la page dédiée au CHEMIN DE FER DU HEDJAZ

Reconstitution des secteurs postaux Région Edessa – Monastir (1917-1918)

Secteurs postaux front d'orient Région de Monastir-EdessaOn pourra retrouver le descriptif des secteurs postaux, avec le moment de leur présence sur cette page : https://semeuse25cbleu.net/miscellanees/larmee-dorient/

La brève existence du secteur postal de Constantinople 509 A

L’Occupation de Constantinople (12 novembre 1918 23 septembre 1923) correspondit à l’occupation de la capitale de l’Empire Ottoman par les forces britanniques, françaises et italienes, conformément à l’Armistice de Moudros, qui mit fin à la participation ottomane à la Première Guerre mondiale. Les premiers soldats Français entrèrent dans la ville le 12 novembre 1918, suivis par les troupes britanniques le lendemain. Les troupes italiennes débarquèrent à Galata le 7 février 1919.

On peut diviser cette occupation en deux temps : l’occupation initiale qui s’est déroulée conformément à l’Armistice du 12 novembre 1918 au 16 mars 1920 ; puis, à partir du 16 mars 1920, en conformité avec le traité de Sèvres. Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, mit un terme à cette occupation. Les dernières troupes alliées quittèrent la ville le 23 septembre 1923. Les premières troupes turques y entrèrent le 6 octobre 1923. Les troupes alliées occupaient zones basées sur les sections de Constantinople et mirent en place une administration militaire alliée dès début de décembre 1918. Le courrier a d’abord été expédié par la poste navale, puis à partir du 6 février 1919, un bureau militaire fut entièrement dédié aux envois civils. Il s’agissait du 509 A. En mai 1919 le secteur postal 506 à Galata, attribué auparavant à Moudros (île de Lemnos) fut créé à Istanbul et vint remplacer ce 509 A. Deux autres bureaux annexes furent ouverts à Istanbul : le 16 juin 1919, un bureau 506 B à Stamboul et à partir de décembre 1921 un 506 C à Pera.

Constantinople = 509 A

Ouvert à partir du 6 février 1919, ce bureau 509A fonctionna jusqu’en mai 1919 : ce secteur postal de Constantinople n’eut donc que trois mois d’existence.

509A

Lettre recommandée du 7 mars 1919, de Constantinople pour Paris,
tarif UPU à 50c représenté par deux semeuses 25 c

 

Page complète : https://semeuse25cbleu.net/miscellanees/larmee-dorient/

Armée d’Orient… quelques courriers et images

L’exprès pour Genève du 22 février 1921

Cette lettre de la Représentation diplomatique de la République Géorgienne à Paris est classique en apparence mais elle porte les traces d’une histoire trouble, d’une République géorgienne « coincée entre la faucille et le croissant », qui devait s’écrire dans l’urgence, mais que même un recommandé en exprès ne changea pas, comme nous allons tenter de le voir.

exprès genève

Elle est adressée à Monsieur Chavichvili, représentant de la Géorgie à la Société des Nations, à Genève, le 22 février 1921 par la représentation diplomatique de la République géorgienne à Paris, située avenue Victor Hugo. La composition de l’affranchissement est accord avec l’objet : il s’agit d’une lettre pour l’étranger, affranchie à l’aide de deux semeuses camées à 25c, l’une pour le port de la lettre, l’autre pour la taxe de recommandation à 25c. Le port en exprès à 30c est matérialisé par deux semeuses lignées à 15c, ce qui correspond parfaitement au tarif de l’époque, celui qui était en place depuis le 1er mai 1910. Le cachet du bureau de poste de l’avenue Victor Hugo s’accorde en outre totalement avec l’adresse de la Représentation diplomatique, laquelle était située au 44 de cette même avenue. Nous sommes donc bien en présence d’une lettre recommandée en exprès de Paris pour Genève et ce n’est donc pas sur ce plan qu’il faut chercher ce qui rend cette lettre remarquable. Ce qui la rend remarquable, c’est l’intervalle de temps pendant lequel elle a été postée. Car, en fait, tout ici est dans la date et on va voir que l’exprès était particulièrement souhaité, mais qu’il ne servit sans doute pas.

Mais d’abord le contexte. La Géorgie, placée sous l’autorité de la Russie depuis 1801, proclama son indépendance le 26 mai 1918, à la faveur de la Révolution russe et de l’invasion allemande. Toutefois, elle dut céder à l’Empire ottoman les territoires peuplés de minorités musulmanes. Une Assemblée constituante fut réunie en 1919 et approuva une Constitution le 22 février 1921. Or, entre temps, les Allemands avaient perdu la guerre et les autorités communistes russes avaient pris l’offensive en vue de reconquérir le Caucase.

En effet, sous la pression de Staline, d’origine géorgienne, cette indépendance fut remise en cause par Lénine le 14 février 1921 lorsqu’il donna l’ordre d’envahir la Géorgie pour soutenir les «paysans et les travailleurs révolutionnaires» dans le pays. Ce qui fut fait dès le lendemain, 15 février.

Le 21 février, en marge de la Conférence de Londres qui venait de s’ouvrir pour s’occuper des affaires allemandes et du problème oriental, un accord était trouvé entre la Turquie et la Russie soviétique. Car celle-ci ne voulait pas envahir seule ce pays : elle promit à la Turquie de lui céder deux provinces qui avaient été intégrées dans l’Empire russe après la guerre russo-turque de 1877-1878, par le traité de San Stefano afin de l’inciter, par intérêt, à s’unir à elle pour soutenir l’occupation de la Géorgie. Ainsi, pendant que les troupes géorgiennes combattaient les Russes, les Turcs envahissaient le territoire le 23 février. Tbilissi fut prise le lendemain, 24 février, par les soviétiques et la République socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée le 25 février 1921. Toutes ces tractations ont par ailleurs été confirmées en octobre de la même année au traité de Kars. Et entre la proclamation de la Constitution et la chute du régime, il s’était donc passé trois jours.

Revenons en donc à notre lettre adressée au représentant de la Géorgie à Genève. Devait il annoncer la nouvelle Constitution ? Rechercher le soutien des puissances occidentales contre les soviets et les turcs en avertissant ces mêmes puissances de la menace qui pesait sur la Géorgie ? Annoncer l’invasion des turcs qui ne se limitaient donc pas à renégocier le traité de Sèvres à Londres mais agissaient bel et bien. Il s’est passé trois jours pendant lesquels le gouvernement géorgien a tenté, en vain, de rechercher l’appui de l’occident pour s’opposer et à la Russie soviétique et à la Turquie. Et c’est dans l’urgence de ces trois jours que fut postée notre lettre. Ce qui justifiait largement cet envoi recommandé international en exprès, mais même s’il fût averti assez tôt, le représentant géorgien ne put infléchir le cours de l’histoire.

A propos du calendrier en vigueur dans les oblitérations de l’Empire Ottoman

Origine

Sous l’Empire Ottoman, c’est le calendrier religieux musulman qui était en usage. Les jours étaient comptés au sein de chaque cycle de phase lunaire. Or parce que la durée du mois lunaire n’est pas une fraction de la durée de l’année, un calendrier purement lunaire se décale rapidement par rapport aux saisons.

En 1677, le trésorier en chef (turc : Baş defterdar, ministre des finances) Hasan Pacha du Sultan Mehmed IV proposa de corriger les dates des dossiers financiers en supprimant un an (un an d’évasion) tous les 33 ans, résultant de la différence entre le calendrier musulman lunaire et le calendrier julien solaire.

En 1740 (1152 de l’Hégire) pendant le règne du Sultan Mahmud I, mars est adopté comme le premier mois de l’exercice pour le paiement des taxes et des relations d’affaires avec des représentants du gouvernement au lieu de Mouharram après proposition du trésorier Atıf Efendi.

Moralı Osman Efendi, sous le règne du Sultan Abdul Hamid I, étendit la gamme des applications fiscales en 1794 à toutes les dépenses de l’État et tous les paiements afin d’éviter les surplus de coûts découlant de la différence de temps entre les calendriers juliens et lunaires.

C’est ce calendrier julien, utilisé à partir de 1677 d’abord pour des raisons fiscales donc, qui a été adopté le 13 mars 1840 ( 1er mars 1256 de l’Hégire), dans le cadre des réformes du Tanzimat peu après l’accession au trône du Sultan Abdülmecid I, comme le calendrier officiel  et nommé «calendrier Rumi» (littéralement «calendrier romain»). Le décompte des ans commence avec l’année 622, quand Muhammad et ses disciples ont émigré de la Mecque à Médine, cet événement marquant le début du calendrier musulman. Les mois et les jours du calendrier julien ont été utilisés, l’année commençant en mars. Cependant, en 1256 de l’Hégire la différence entre le calendrier Hijri et calendriers grégoriens avait atteint 584 ans. Avec le passage du calendrier lunaire au calendrier solaire, la différence entre le calendrier Rumi et le calendrier grégorien est restée une constante 584 ans.

Afin de faciliter la conversion, la différence de treize jours entre le calendrier Rumi et le calendrier grégorien a été éliminée en février 1917. Le calendrier julien fut abandonné le 16 février 1332 de l’Hégire, laissant la différence de 584 ans. Ainsi, le 16 février 1332 de l’Hégire (16 février 1917) devient tout à coup le 1 mars 1333 de l’Hégire (1er mars 1917).

L’année 1333 de l’Hégire (1917) a été transformée en une année de seulement dix mois, allant du 1 mars au 31 décembre. Et le 1er Janvier 1334 AH est ainsi devenu 1er janvier 1918.  Le calendrier Rumi est resté en usage jusqu’à la dissolution de l’Empire Ottoman et dans les premières années de la République de Turquie.

L’utilisation de l’ère de l’Hégire a été abandonnée dans le cadre des réformes d’Atatürk par une loi du 26 décembre 1341 de l’Hégire (1925) et a été remplacée par l’ère nouvelle de 1926.

La langue sémitique/ottomane mixte (Teşrin-i Evvel, Teşrin-i Sânî) et les noms de (Kânûn-ı Evvel et Kânûn-ı Sânî) de langue ottomane de quatre mois du calendrier Rumi repris au calendrier grégorien turc, ont été modifiés le 10 janvier 1945 pour des noms de langue turque, Ekim, Kasim, Aralık et Ocak. Le 1 mars est resté le début de l’année jusqu’en 1981.

Conversion

Pour convertir des dates entre les deux calendriers, les périodes suivantes doivent être prises en considération :

1) Correction du début de l’année

Jusqu’à la fin de 1332 du calendrier rumi (1916), on remonte les derniers 12 ou 13 jours de décembre. Il en résulte que ces jours et janvier et février font partie de l’année suivante du calendrier grégorien (1917).

Inversement, et jusqu’à la même date, les dates grégoriennes de janvier, février et le premier 12 ou 13 jours de mars 1917 font partie de l’année précédente de Rumi, à savoir 1332.

2) Avant le 13 mars 1840, il n’y a pas de conversion, puisque le calendrier Rumi n’était pas en usage.

3) Entre le 13 mars 1840 (1 mars 1256 AH) et 13 mars 1900 (29 février 1315 AH)

Ajouter 12 jours et 584 ans pour trouver la date du calendrier grégorien.

NB : 1900 n’étant pas bissextile, le lendemain du 28 février 1900 (16 février 1315 AH) a été le 1er mars 1900 (17 février 1315 AH.)

Attention, la numération des mois a toujours une valeur 2 de décalage car l’année commence en mars. Ceci va durer jusqu’au 1er janvier 1918 : mars =01, avril = 02 etc, décembre = 10, janvier = 11, février = 12

 4) Entre le 14 mars 1900 (1 mars 1316 AH) et 28 février 1917 (15 février 1332 AH)

Ajouter 13 jours et 584 ans pour trouver la date du calendrier grégorien.

5) A compter du 1er mars 1917 (1 mars 1333 AH)

Ajouter 584 ans seulement

6) A partir du 1er janvier 1918

Après le 1er janvier 1918 due à l’utilisation du calendrier grégorien dans calendrier Rumi la date reste la même, seule l’année change. La date de la Proclamation de la République de Turquie, le 29 octobre 1923 est convertie en 29 octobre 1339 AH

Mois du calendrier rumi

Calendrier rumi

Comment lire une date ?

Le mode opératoire est en fait le même que pour les chiffres européens, appelés « chiffres arabes ».

chiffres arabes

Il est à remarquer qu’en arabe les chiffres représentant la plus grande valeur dans un nombre se trouvent à gauche, et la plus petite à droite, ceci bien que l’arabe soit lu de droite à gauche. Le nombre est en fait lu, en arabe, en commençant par la plus petite valeur.
Ainsi, la date du 23-11-1905, ci dessous est elle transcrite de droite à gauche 10-09-321, soit ١٠pour 10 puis ٩ pour 11 (mais c’est le neuvième mois d’une année commençant le 1er mars), enfin,٣٢١ pour 321 (de 1321). Ce qui donne bien 584 ans et 13 jours de décalage, avec une numération des mois où 9 correspond à 11.

date arabeOn le voit aussi très bien ici : la date très bien frappée du 9-7-21  est transcrite au 9-7-37 (1921-584 = 1337)

3-7-37