Variétés de la rentrée

De belles variétés ont été vues ces derniers temps!

Juste pour le plaisir des yeux, voici un petit tour d’horizon de ces piquages à cheval et autres plis accordéon vus en vente sur delcampe.net par la postale phila

Piquage à cheval sur bloc de 20 avec millésime

Variété de piquage sur un exemplaire tenant à normal en bloc de quatre

Piquage à cheval sur bloc de huit exemplaires

Impression partielle tenant à normal avec raccord en paire

Exceptionnel pli accordéonImpression partielle tenant à normal

Marseille Saint Charles Paquebot

L’utilisation des marques « PAQUEBOT » a été réglementée en 1894. Il s’agissait alors d’apposer la marque sur une correspondance apportée « à la main », c’est à dire en dehors des dépêches régulières. Ainsi, le bureau du port de débarquement marquait les correspondances venues « de pleine mer », que les navires fussent français ou étrangers, en plus du timbre à date ordinaire. Ceci était destiné à indiquer que la correspondance n’était pas originaire du bureau français qui, le premier, l’avait timbrée.

Toutefois, la frappe d’un cachet à date puis d’une griffe nécessitait deux opérations. On simplifia ce système en créant des cachets à main ou des oblitérations mécaniques comportant la mention PAQUEBOT ou PORT ou MARITIME à partir de 1912.

Le cachet Marseille Saint Charles PAQUEBOT a fonctionné de 1912 à 1939 et servait à identifier les correspondances concernant l’Afrique du Nord, l’Amérique du Sud, et la Méditerranée en général.

Voir la page sur la Poste Maritime

Cuirassé BRETAGNE

Le Bretagne était le premier de trois cuirassés construits dans les années 1910 pour la marine française. Le Bretagne est entrée en service en février 1916, après le début de la Première Guerre mondiale. Il a passé la plus grande partie de sa carrière près de 25 ans dans l’escadron de la Méditerranée et en a parfois servi de porte-drapeau. Pendant la Première Guerre mondiale, il protégea le barrage d’Otrante qui bloquait la marine austro-hongroise dans la mer Adriatique, mais sans combattre.

Francis Dousset, Le Navire du Guerre Français de 1850 à nos jours, ed La Cité

Le navire fut considérablement modernisé entre deux guerres afin d’effectuer des croisières normales et des manœuvres d’entraînement en Méditerranée et dans l’océan Atlantique. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, le Bretagne escorta des convois de troupes et fut brièvement déployé dans l’Atlantique. Au moment de l’armistice de 1940, le cuirassé était stationné à Mers-el-Kébir, en Algérie. Craignant que les Allemands ne s’emparent de la marine française, les Britanniques attaquèrent les navires qui s’y trouvaient le 3 juillet 1940, après que les Français eurent refusé de se rendre ou de démilitariser la flotte. Le Bretagne a été touché quatre fois et a explosé, faisant plus d’un millier de morts.

Recommandé en franchise

L’intention de recommandation est donnée par l’apposition d’une griffe « R » encadré, obligatoire depuis le 16 mars 1895. Depuis le 16 janvier 1879, le droit fixe de recommandation des lettres et objets était de 25 centimes. C’est cette tarification qui était en vigueur au moment de l’émission du timbre et qui l’est restée dans le tarif du 1er octobre 1907. Ceci correspond à l’une des réalités de la création de notre vignette à 25c.

Quand le pli était en franchise (La franchise postale est une disposition par laquelle la distribution de certains types de courriers n’est pas soumise à l’affranchissement) la vignette payant la recommandation est seule sur les plis. A l’époque concernée, bien des administrations bénéficiaient de cette franchise postale.

C’est ce que ce pli rappelle : lettre  en franchise (franchise accordée pour les plis à destination du procureur de Troyes), recommandée (il n’y a de franchise que pour le simple port). Taxe de recommandation payée par la vignette à 25 c.

Lettre recommandée en franchise, Fleury Vallée d’Aillant (Yonne) pour Troyes (Aube), août 1913

Usage à Tanger et au Maroc

Tanger, ville à statut international à l’entrée de la Méditerranée, disposa de divers bureaux étrangers utilisant leurs timbres particuliers. Une liaison maritime reliant Oran à Tanger, via Gibraltar, ayant été inaugurée en janvier 1845, la France ouvrit en 1852 un bureau de poste rattaché à Oran. Un cachet d’oblitération par losange gros chiffres avec pour numéro 5106 est d’ailleurs signalé même si son usage effectif demeure incertain.

En dépit de l’instauration du double protectorat français et espagnol en 1911 les bureaux allemands et anglais continuèrent à fonctionner dans les deux zones. Le bureau allemand fut fermé en zone française le 4 août 1914, mais pas le bureau anglais. En zone espagnole le bureau allemand fonctionna jusqu’au 12 juin 1919.

Ces bureaux étrangers représentaient, comme en Chine ou au Levant, une sorte de perte de souveraineté de l’État d’accueil, ici l’État chérifien. Mais, en réalité, comme il n’existait alors, dans ce pays, à la différence de la Turquie, aucune poste nationale organisée et ouverte au public, ces bureaux ont constitué en réalité un apport positif au développement du pays et un premier exemple de ce que pourrait être une poste nationale moderne. A noter qu’il existait des postes locales privées, lesquelles furent fermées en 1911 au moment du protectorat, justement.

Concernant le Maroc, après l’apparition du mot « Maroc », en 1902, sur les timbres des Bureaux français, les premières émissions du protectorat comportèrent, à partir de 1911, un retour aux valeurs faciales en Francs et une surcharge en arabe, à laquelle fut ajoutée, en 1914, la surcharge « Protectorat français ». Celle-ci disparaissant totalement en 1917 pour montrer le retour à la souveraineté dans le cadre du protectorat. Pour autant, en vertu des accords internationaux entre la France et le Maroc, le Gouvernement Chérifien était tenu d’appliquer dans les relations franco-marocaines, les mêmes tarifs que ceux appliqués dans la Métropole.

Comme dans les autres territoires sous administration française, certains bureaux ont pu affranchir une correspondance à l’aide des timbres de métropole, même si cela n’était pas prévu initialement.

C’est le cas ici, pour une lettre recommandée de Casablanca pour Nancy, affranchie avec deux Mouchon surchargés 10 centimos et d’un 25 c semeuse pour la taxe de recommandation :

Port de la lettre : 10 c +10c (2ème échelon)
Taxe de Recommandation : 25 c

Tanger (Maroc) – 1913

Ouvert de novembre 1852 au 1er octobre 1913.

Spécialement pour le bureau de Tanger, on utilisa les timbres du Maroc français surchargés « TANGER ». Les timbres sont aux types Blanc, Mouchon et Merson.

Les bureaux du protectorat espagnol firent de même. Quant au bureau britannique, il y émit des timbres spéciaux surchargés « Tangier » , mais libellés en livre sterling, et non en peseta hassani ou franc français, comme dans les autres bureaux britanniques du Maroc.

Premier jour d’utilisation

Chacun connait plus ou moins les dates d’émission des 25c bleu, dont l’émission officielle eut lieu le 19 juin 1907 pour le type 1A puis le 1er juin 1920 pour le type 4 de carnet. La suite est plus floue : « fin 1921 » pour le type 1B, « mars 1924 » pour le type 3A et « fin octobre 1924 » pour le 3 B. Il semblerait qu’on puisse être plus précis ainsi que des passionnés l’ont découvert (voir ce forum)

– 140 type 1A : 18/06/07 (un jour avant l’émission officielle)
– 140 type 1B : 18/08/21 (émission « fin 1921 »)
– 140 type 3A : 22/02/24 (émission : mars)
– 140 type 3B : 24/10/24 (émission « fin octobre »)
– 140 type 4 : 01/06/20 (jour d’émission)

Ces premiers jours d’utilisation ne sont évidemment pas les mêmes que les premier jours des tarifs et sont moins faciles à trouver, car délaissés. Quelle ne fut pas ma joie lorsque j’ai trouvé ce timbre ci dessous : une hésitation entre 12 juin et 12 août… La somme était modique.

Mais en scannant la vignette à forte résolution, le cachet ne laisse planer aucun doute : nous sommes bien en août. On repart en chasse !

Chromo et découpis

Au début du XXème siècle certains éditeurs de cartes ont diffusé des cartes blanches, sur carton épais qui pouvaient servir de support à des dessins ou des collages. De nombreuses cartes postales ont circulé au début du XXe siècle, montrant des paysages réalisés avec de l’aquarelle et des timbres découpés et collés. Ce sont des découpis de timbres sur carte, représentant  des paysages, des créations pour accompagner une fête, des vœux … ce sont souvent des fleurs, parfois des personnages… Chaque carte est unique, cela va de soi.

maison au bord de l’eau, 25c semeuse et 15 c sage

moulin et pont, 25 c semeuseInfirmière (vu sur https://www.cparama.com/forum/decoupis-t9110.html)

Et pour finir une farandole de semeuses et aquarelle, en Provence :

decoupis danse semeuses