Exprès retardé chèrement payé

En 1921 le service des envois par exprès, après avoir été suspendu durant la guerre, est de nouveau disponible. Alors qu’elle était auparavant de 30 centimes, la taxe est passée à 1,00 franc. Ce service fonctionne alors aussi bien pour le service intérieur que pour l’étranger.

Certaines correspondances ne suivent néanmoins pas toujours ce qu’on voudrait quelles fassent. Ce fut la cas avec la lettre ci-dessous :

lre-1921-325-png

Partie du Hâvre pour Amsterdam le 21 avril 1923, cette lettre est recommandée, et en exprès. Elle devrait arriver promptement et être remise directement. C’est sans compter sur un accident de parcours : ce pli a en effet été victime d’un « accident de service ». Réparé par la bande habituelle, il fut remis en circulation et finalement délivré.

***

Qu’y avait il cependant dans ce pli ? Quel était le poids de la lettre ? Ces deux questions ne sont pas anodines si on considère l’affranchissement.

  • lettre pour l’étranger : 50c (+25c par 20 grs)
  • taxe de recommandation : 50c
  • taxe d’exprès : 1,00 franc

On devrait donc avoir un affranchissement à 2,00 francs. Or on a 3,25 francs : cela ne peut être dû à une erreur ou à un affranchissement superfétatoire comme on en rencontre souvent, quelques centimes sont l’ordre de grandeur habituel : pas 2,5 fois le port de la lettre ! On a bien imaginé une taxe aérienne (à l’époque pour les pays bas : + 50c), cela ne suffit pas.

Quand on la regarde bien, l’enveloppe présente très clairement les traces d’un contenu épais, de petit format, très visible également au verso. En outre les bords ont été pliés, comme si il n’y avait rien dans l’enveloppe au contact des bords justement. Un objet assez épais, une liasse repliée, un courrier cartonné : tout ceci peut aisément se rencontrer, et peut être même rendre la manipulation moins aisée ce qui provoquerait l’accident de service : on n’en saura néanmoins jamais rien.

Cependant, on peut penser que l’envoi faisait un peu plus de 100 grs. et que l’affranchissement se décomposait comme suit :

  • lettre pour l’étranger : 50c + 1,25 franc (objet de 100 grs), pour un total de 1,75 franc
  • taxe de recommandation : 50c
  • taxe d’exprès : 1,00 franc

 

Ce qui donne bien un affranchissement à 3,25 francs !

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Tarif intérieur transitoire d’Alsace Lorraine

Au moment où, à la fin de le Première Guerre mondiale, les départements d’Alsace et de Moselle sont redevenus français, on a maintenu transitoirement un tarif postal spécifique du 15 décembre 1918 au 15 juillet 1919. Il s’agissait d’une adaptation en francs du tarif postal allemand du 1er octobre 1918. A cette date (15 décembre 1918), on a appliqué en Alsace et en Moselle le tarif postal français du 1er mai 1910 pour les relations postales avec l’étranger. Pour les relations avec l’Allemagne cependant, depuis ces départements, c’est le tarif intérieur qui prévalait.

Ce que l’on retrouve dans le tableau ci dessous pour la lettre simple :

tarif interieur AL

 

On voit que les tarifs intérieurs d’Alsace Lorraine et le tarif allemand sont alignés à partir du 15 décembre sur le tarif allemand, sur la base d’un pfennig pour un centime. Notons aussi que les tarifs allemands distinguent deux rayons, l’un de bureau à bureau dans la même ville nommé ici « local », l’autre, en dehors de ce rayon. Cette distinction avait aussi existé en France, mais elle avait été supprimée en 1878… alors que l’Alsace et la Moselle étaient alors dans l’Empire allemand. Cependant, les envois étaient limités aux lettres et cartes simples, recommandées ou par exprès et aux imprimés et correspondances commerciales.

Par ailleurs, la taxe d’exprès qui était suspendue en France existait bien en Allemagne. Elle était de 25 pf, elle passa à 25c. Ainsi, une lettre de correspondance commerciale au deuxième échelon envoyée en exprès serait impossible en France à cette date (exprès suspendu) mais possible en Alsace, au tarif de 25c (2ème échelon de poids) + 25 c d’exprès.

C’est cette composition que nous retrouvons ici :

alsace moselle.png

Strasbourg, 11 juillet 1919, lettre commerciale affranchie à 50c
  • Lettre (correspondance commerciale) : 25c
  • Taxe d’exprès (durch Eilboten) : 25c

Bibliographie

ALSACE-LORRAINE 1918-1920, Tarifs et règlements postaux de Robert Abensur, 1995, édité par la SPAL

Mise à jour de la page sur la naissance du service postal aérien

Mise à jour de la page sur la naissance du service postal aérien, avec notamment tous les tarifs pour l’international que l’on peut rencontrer durant la période normale d’utilisation de la semeuse 25 c, c’est à dire jusqu’en juin 1927.

Nous n’avons pas encore beaucoup de lettres à présenter, mais au moins, les tarifs étant affichés, cela permet une recherche plus rapide.

Bibliographie

Alexandre, Barbey, Brun, Desarnaud, Joany  les tarifs postaux français (1627 – 1969) ;  ed Brun et fils, 1989.

L’exprès pour Genève du 22 février 1921

Cette lettre de la Représentation diplomatique de la République Géorgienne à Paris est classique en apparence mais elle porte les traces d’une histoire trouble, d’une République géorgienne « coincée entre la faucille et le croissant », qui devait s’écrire dans l’urgence, mais que même un recommandé en exprès ne changea pas, comme nous allons tenter de le voir.

exprès genève

Elle est adressée à Monsieur Chavichvili, représentant de la Géorgie à la Société des Nations, à Genève, le 22 février 1921 par la représentation diplomatique de la République géorgienne à Paris, située avenue Victor Hugo. La composition de l’affranchissement est accord avec l’objet : il s’agit d’une lettre pour l’étranger, affranchie à l’aide de deux semeuses camées à 25c, l’une pour le port de la lettre, l’autre pour la taxe de recommandation à 25c. Le port en exprès à 30c est matérialisé par deux semeuses lignées à 15c, ce qui correspond parfaitement au tarif de l’époque, celui qui était en place depuis le 1er mai 1910. Le cachet du bureau de poste de l’avenue Victor Hugo s’accorde en outre totalement avec l’adresse de la Représentation diplomatique, laquelle était située au 44 de cette même avenue. Nous sommes donc bien en présence d’une lettre recommandée en exprès de Paris pour Genève et ce n’est donc pas sur ce plan qu’il faut chercher ce qui rend cette lettre remarquable. Ce qui la rend remarquable, c’est l’intervalle de temps pendant lequel elle a été postée. Car, en fait, tout ici est dans la date et on va voir que l’exprès était particulièrement souhaité, mais qu’il ne servit sans doute pas.

Mais d’abord le contexte. La Géorgie, placée sous l’autorité de la Russie depuis 1801, proclama son indépendance le 26 mai 1918, à la faveur de la Révolution russe et de l’invasion allemande. Toutefois, elle dut céder à l’Empire ottoman les territoires peuplés de minorités musulmanes. Une Assemblée constituante fut réunie en 1919 et approuva une Constitution le 22 février 1921. Or, entre temps, les Allemands avaient perdu la guerre et les autorités communistes russes avaient pris l’offensive en vue de reconquérir le Caucase.

En effet, sous la pression de Staline, d’origine géorgienne, cette indépendance fut remise en cause par Lénine le 14 février 1921 lorsqu’il donna l’ordre d’envahir la Géorgie pour soutenir les «paysans et les travailleurs révolutionnaires» dans le pays. Ce qui fut fait dès le lendemain, 15 février.

Le 21 février, en marge de la Conférence de Londres qui venait de s’ouvrir pour s’occuper des affaires allemandes et du problème oriental, un accord était trouvé entre la Turquie et la Russie soviétique. Car celle-ci ne voulait pas envahir seule ce pays : elle promit à la Turquie de lui céder deux provinces qui avaient été intégrées dans l’Empire russe après la guerre russo-turque de 1877-1878, par le traité de San Stefano afin de l’inciter, par intérêt, à s’unir à elle pour soutenir l’occupation de la Géorgie. Ainsi, pendant que les troupes géorgiennes combattaient les Russes, les Turcs envahissaient le territoire le 23 février. Tbilissi fut prise le lendemain, 24 février, par les soviétiques et la République socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée le 25 février 1921. Toutes ces tractations ont par ailleurs été confirmées en octobre de la même année au traité de Kars. Et entre la proclamation de la Constitution et la chute du régime, il s’était donc passé trois jours.

Revenons en donc à notre lettre adressée au représentant de la Géorgie à Genève. Devait il annoncer la nouvelle Constitution ? Rechercher le soutien des puissances occidentales contre les soviets et les turcs en avertissant ces mêmes puissances de la menace qui pesait sur la Géorgie ? Annoncer l’invasion des turcs qui ne se limitaient donc pas à renégocier le traité de Sèvres à Londres mais agissaient bel et bien. Il s’est passé trois jours pendant lesquels le gouvernement géorgien a tenté, en vain, de rechercher l’appui de l’occident pour s’opposer et à la Russie soviétique et à la Turquie. Et c’est dans l’urgence de ces trois jours que fut postée notre lettre. Ce qui justifiait largement cet envoi recommandé international en exprès, mais même s’il fût averti assez tôt, le représentant géorgien ne put infléchir le cours de l’histoire.

Les timbres de France au Proche et Moyen Orient

Il y a déjà quelques temps, une très belle étude d’Histoire postale consacrée aux oblitérations sur Timbres français des BUREAUX FRANCAIS DE L’EMPIRE OTTOMAN entre 1854 et 1902 a été menée par M. Robert Desert. Elle est toujours disponible sur le site http://robert.desert.chez – alice.fr/, lequel site a obtenu le Prix « Internet 2001 » décerné en mars 2002 par l’Académie de Philatélie.

Il n’est pas question ici de reprendre cette étude. Mais de s’en inspirer pour établir quelques séries statistiques sur les timbres utilisés pendant la période postérieure, jusqu’à la fermeture des bureaux.

I – Le Levant, un territoire immense entre Europe et Orient

Les Bureaux de poste du Levant désignent un ensemble de services postaux opérés par la France dans diverses villes de l’Empire ottoman entre 1812 et 1923. Alors que l’étude que nous évoquons allait jusqu’en 1902, nous repartons de cette date, avec les premières semeuses (lignées) de 1903, puis celles de 1906 – 1907 (camées) comme support essentiel de notre étude. Celle-ci par ailleurs est basée sur nos observations issues des ventes sur offre, ventes en ligne (ebay.com, ebay.fr, delcampe.fr), sur notre collection personnelle. Au total nous ne réunissons pas autant d’oblitérations ou d’enveloppes que la première étude. Ce sont quand même 8609 objets que nous avons regardés.

On distingue toujours les bureaux de Grèce et de la mer Egée, ceux d’Anatolie, du Levant classique, d’Orient ou d’Egypte mais des précisions sont à apporter. Le Levant est divisé en zones bien spécifiques. Au nord de la zone d’occupation française à la fin de la Première Guerre mondiale s’étend la Cilicie. Au sud de cette zone, la Syrie, bientôt subdivisée entre territoire des Alaouites, Grand Liban et Syrie. Chaque territoire a reçu des timbres spécifiques, d’abord timbres de France surchargés puis des timbres locaux. Ainsi en est il de la Cilicie, mais aussi du Grand Liban, des Alaouites, de la Syrie. Au large, l’île de Castellorizo a elle aussi reçu pendant quelques mois des timbres spécifiques. En revanche, les autres territoires, des bureaux en fait fonctionnèrent avec soit des timbres de France, soit des timbres surchargés spécifiquement pour le Levant.

A ceci, il faut ajouter le bureau de Tanger, celui de Shanghai et celui de Pékin qui purent affranchir des timbres de France, ainsi que les trois bureaux d’Ethiopie. Ce fut le cas aussi sur les deux seuls bureaux d’Egypte encore en activité à ce moment là : Alexandrie et Port Said. Un tout dernier bureau enfin pouvait fonctionner, celui de Tripoli en Libye (on disait Barbarie alors), avec cette particularité qu’il relevait du tarif intérieur français.

En voici la liste, avec les dates de fermeture :

Bureaux rattachés à la Grèce

  • Thrace et Macédoine : Cavalle 1914, Dedeagh 1915, Salonique 1914, Salonique quartier – franc 1914
  • Iles de la Mer Egée (Crète et Samos) : Candie 1914, La Canée 1914, Rethymno 1914, Vathy 1914

Bureaux rattachés à l’Italie

  • Castellorizo – 1920, Rhodes 1914

Bureaux rattachés à la Turquie

  • Anatolie et mer Noire : Kerassunde – 1914, Mersina – 1914, Samsoun – 1914, Trébizonde – 1914
  • Cilicie
  • Asie mineure : Dardanelles – 1923, Smyrne – 1923
  • Turquie d’Europe : Constantinople – 1923 (Constantinople = 509, Constantinople galata = 506A, Constantinople pera = 506C, Constantinople stanbul = 506B)

Bureaux rattachés à la Syrie, au Grand Liban et au territoire des Alaouites

  • Alexandrette – 1914, Beyrouth – 1914, Jaffa – 1914, Jérusalem  – 1914, Lattaquié – 1914, Tripoli (Syrie) – 1914

Bureaux d’Egypte

  • Alexandrie – 1931, Port – Saïd – 1931

Autres bureaux

  • Chine : Pékin  – 1922, Shanghai  – 1922
  • Afrique du Nord : Tanger (Maroc)  – 1913, Tripoli (Barbarie / Libye)  – 1913

Comme on le voit, cinq bureaux ont eu une durée de vie plus longue : les bureaux d’Égypte ont fonctionné jusqu’en 1931, ceux de Constantinople, des Dardanelles et de Smyrne jusqu’en 1923. Un détail à signaler: concernant Tripoli de Barbarie, le courrier avec la France relève du tarif intérieur. Pour le reste, on est dans le cadre du tarif général de l’UPU de 1879, plus particulièrement celui de 1910 pour l’étranger. Ce tarif n’ayant été modifié qu’en 1921, une grande majorité des objets que nous avons vus relevait de ce tarif.

On a évoqué rapidement les trois bureaux qui ont existé en Éthiopie (Abyssinie) ; il s’agit d’Addis Abeba, de Dire-daoua, de Harar. Ces bureaux n’acceptaient pas la piastre. Trois timbres du Levant (spécifiques, ils sont sans surcharge en piastre : 25 c mouchon, 50c et 1fr Merson) y ont été utilisés entre 1906 et 1908.

II – Définition des vignettes d’affranchissement par bureau

a) les timbres du Levant

Les timbres utilisés sont d’abord ceux du Levant émis en remplacement des timbres de France utilisés jusqu’alors. Il s’agit des types Blanc, Mouchon, Merson, libellés « Levant ». Le 25 centimes bleu Mouchon et les plus fortes valeurs au type Merson ont été surchargées en piastres. Ces vignettes n’ont plus eu cours après 1914. D’autres en revanche ont été émises en 1921 avec la reprise du service dans les bureaux du Levant. Il s’agit de Semeuses camées et de Merson surchargés en piastres.

b) Les vignettes émises pour des territoires spécifiques

A côté de ces émissions, des émissions locales ont été aussi réalisées. Alexandrie, Cavalle, Crète, Dédéagh, Port Said reçurent des vignettes aux mêmes types. Et – à l’exception d’Alexandrie et de Port Said qui conservèrent leurs propres timbres jusqu’à leur fermeture – ils utilisèrent les timbres du Levant de la même façon.

Les bureaux français de Chine utilisèrent aussi jusqu’à leur fermeture en décembre 1922 les mêmes types de vignettes.

A partir de la Première Guerre mondiale et à cause de la redéfinition des territoires, des timbres nouveaux virent le jour. Il s’agit de Timbres de  France métropolitaine surchargés pour usage local.

  • Castellorizo a ainsi reçu 51 timbres en 1920 et 1921
  • La Cilicie, 25 timbres en 1920 (on a utilisé des timbres de Turquie surchargés en 1919, pour un total de 105 timbres !)
  • La Syrie, 158 timbres jusqu’en 1925
  • Le Grand Liban, 49 timbres en 1924-1925
  • Le territoires des Alaouites,  21 timbres en 1925, 45 jusqu’en 1929

c) les timbres de France métropolitaine

Tous ces bureaux purent en outre utiliser des timbres de France. Ainsi on trouve de 1902 à 1914 des types Blanc (à partir de 1902), Mouchon retouchés (1902-1903), Merson (à partir de 1902), Semeuses lignées (1906-1907), semeuses camées (à partir de 1907).

A partir de 1920/1921 les vignettes concernées sont moins nombreuses. On ne rencontre en effet guère plus que des semeuses camées et des timbres au type Merson.

Les vignettes les plus fréquemment utilisées sont bien évidemment celles qui correspondent au tarif n°1 de 1878 tel que définit en 1879 puis confirmé en 1907 et en 1910.

A savoir :

Lettre jusqu’à 15 grs (20 grs en 1910) : 25c (timbre bleu)

  • Mouchon bleu jusqu’en 1903
  • Semeuse lignée jusqu’en 1907
  • Semeuse camée depuis 1907

Cartes postales ordinaires : 10c (timbre rouge)

  • Mouchon bleu jusqu’en 1903
  • Semeuse lignée jusqu’en 1907
  • Semeuse camée depuis 1907

Assimilées aux imprimés (carte 5 mots, papiers d’affaire, échantillons) : 5c (timbre vert)

  • Blanc jusqu’en 1907
  • Semeuse camée à partir de 1907

III – Évolution des bureaux et nouvelle géopolitique au lendemain de la Première Guerre mondiale

a) moins de timbres en provenance de Grèce et de Turquie

Le tableau ci dessous nous montre la part de chaque bureau dans l’utilisation des timbres de France avant et après 1900.

On remarque une première évolution, liée aux modifications politiques de l’immédiat après guerre : les bureaux de Grèce ont perdu de leur importance, ceux de Turquie aussi, y compris Constantinople/Istanbul et Smyrne. Ces deux bureaux cependant gardent une belle  activité globalement, mais cela est lié à leur durée d’ouverture, jusqu’en 1923 (Constantinople, 11%, Smyrne, 6,10%). Cette tendance nouvelle n’est pas sans fondement. D’une part la Grèce est devenue totalement indépendante, qui plus est dans le camp des vainqueurs. Les îles de la Mer Egée lui reviennent (Crète, Lesbos, Samos par exemple), ainsi que de nombreux territoires continentaux.

Répartition selon les bureauxEn face de cela, la naissance de la jeune Turquie s’accompagne de modifications radicales en Anatolie. A la tête du pays, Mustapha Kemal rassemble en effet des morceaux de territoires, sur les ruines de l’Empire ottoman, face à la France, à l’Italie, à la Russie, au Royaume Uni. Cette nouvelle entité territoriale fut une première fois définie au traité de Sèvres de 1920. La France et le Royaume Uni, suivant l’accord de 1916 se sont partagé le Proche et Moyen  Orient. La France a reçu ainsi mandat de la SDN en Syrie et au nord en Cilicie (ancienne Arménie), le Royaume Uni sur la Palestine et l’Irak. La Turquie a aussi dû abandonner des îles du Dodécanèse à l’Italie (Rhodes, Castellorizo…) ou à la Grèce. Plus tard la Turquie a revu une partie de sa frontière avec à la Russie mais aussi au sud de l’Anatolie avec le France en reprenant la Cilicie (conférence de Londres de 1922, traité de Lausanne de 1923) en échange d’un regard bienveillant sur les territoires au sud de ce territoire : Alaouites, Liban, Syrie.

Au final et pour ce qui nous concerne, aucun bureau français ne fut plus en activité après la guerre sur les territoires de Grèce, le bureau de Castellorizo a fonctionné quelques mois avant que l’île ne soit cédée aux italiens, les bureaux de Turquie (intérieur, cote de la Mer Noire) n’ont pas été réouverts après la guerre. En revanche les bureaux de Cilicie (Adana, Mersine) ont existé jusqu’à la rétrocession par la France à la Turquie de ce territoire dès 1920. De la même façon, l’occupation de Constantinople/Istanbul a-t-elle mené à la réouverture de ce bureau (et de celui de Smyrne sur la cote asiatique) jusqu’en 1923.

C’est donc toute une géographie nouvelle qu’on doit avoir en tête, le temps des échelles du Levant étant bel et bien terminé.

b) le développement des autres bureaux témoigne de flux différents vers l’Afrique ou l’Asie

Les bureaux de Syrie sous mandat français ou de Palestine sont devenus plus directement actifs, c’est la cas à Alexandrette-Alep (7,66%),  Beyrouth (13,5%), Jaffa (3,65%) ou Jérusalem (3,28%) mais aussi et surtout à Alexandrie (26,64%) ou encore Port Said (10,58%). Ces deux villes offrent en effet une double particularité : après la baisse d’activité enregistrée à Istanbul, Alexandrie a concentré l’essentiel des activités commerciales en Orient, dans une zone très ouverte sur la Méditerranée et le Proche et Moyen Orient, politiquement assez stable.

Port Said, de par sa position sur le canal de Suez, était sur la ligne maritime reliant l’Europe à l’Afrique australe d’une part (et vers ou en provenance de l’île de la Réunion), à l’Asie orientale d’autre part (vers ou en provenance de Yokohama).

c) les vignettes ne sont pas utilisées de la même façon

Nous avons retenu dans notre étude les timbres oblitérés, détachés ou sur lettre. Les types de timbres utilisés sont là aussi très variables d’un bureau à l’autre :

Delcampe totalOn a ici dans notre tableau pris les timbres de France en général (types Sage en usage tardif, types Blanc, Mouchon, semeuses lignées, semeuses camées, types Merson) mais aussi les timbres du Levant, éventuellement avec les mêmes types. Sans surprise, les vignettes au type semeuse sont minoritaires (7 années d’utilisation seulement pour l’immense majorité des bureaux) et peu utilisées face aux timbres du Levant. Seuls les territoires avec timbres spécifiques voient ils le nombre de semeuses croitre un peu. A noter que la mise à disposition de timbres locaux (Cilicie, Syrie, Grand Liban, Alaouites, Castellorizo, voire Levant) permet une utilisation plus intense sur la période d’utilisation, mais ne provoque pas d’affluence sur le long terme.

Ces mêmes données sont encore affinités en ne tenant plus compte pour la rubrique « timbres de France » que des timbres disponibles réellement : les timbres du Levant sont ici les « timbres de France » en jaune, les semeuses camées apparaissent en rouge, dont le 25c bleu en bleu. Ce timbre est pris isolément, d’une part à la suite d’une étude monographique que nous avons menée par ailleurs, d’autre part parce qu’il correspond au tarif général de la lettre (affranchissement à 25c) et à celui de la recommandation (taxe à 25c) et qu’on devrait donc le trouver assez fréquemment.

Or les remarques précédentes sont encore plus visibles, les semeuses camées restent bien minoritaires. Mais celles-ci ne sont pas utilisées selon les mêmes fréquences que les autres vignettes. Cette fois, on constate une nette préférence pour les timbres de Syrie, de Cilicie, de Castellorizo. Là aussi les bureaux d’Alexandrie et de Port Said sont ils parmi les plus actifs.

Répartition correcte France semeuse 25c bleuAu total sur 8609 objets, 45 étaient des semeuses camées et 7 des 25c bleus. Ceci ne va pas sans poser des questions.

Le tarif de la lettre avant 1914 est celui du tarif général de 1910, reprenant celui de l’UPU de 1879, soit 25c. La carte postale est alors à 10c et les imprimés à 5c. Pour ce tarif de la lettre à 25c, on attend un 25c bleu. C’est le type Mouchon retouché spécifique du Levant qui a été utilisé le plus souvent.

Les semeuses au Moyen Orient sont donc peu nombreuses sur lettre. Mais on en rencontre malgré tout dans les bureaux suivants (valeurs exprimées en pourcentage) :

Alexandrette  12,50
Alexandrie  13,75
Beyrouth  5,00
Constantinople  11,25
La Canée  1,25
Lattaquié  1,25
Mersine  1,25
Port-Saïd  40,00
Smyrne  3,75
Tripoli – Barbarie  7,50
Tripoli – Syrie   2,50

 Les autres bureaux (non mentionnés ci dessus) ne le sont pas, soit qu’on n’a vu aucune semeuse dans ces bureaux, soit une seule, nombre non significatif.

Consécutivement si une lettre de port Said est déjà peu commune, qu’en est il d’une lettre d’un bureau fermé avant 1914 ? Qu’en est il d’un courrier de Castellorizo, timbre ayant été émis à 500 exemplaires ?

Timbre à 5 centimes

Le 5c blanc VERT est en usage partout, sous sa forme du Levant ou sous une autre (Alexandrie, Port Said, Dedeagh, Cavalle, Crète, Chine, Castellorizo).  C’est ce timbre qu’on rencontre le plus.

La semeuse camée à 5 c VERT arrive ensuite, sous sa forme utilisée en Cilicie, en Syrie, à Castellorizo. La semeuse camée métropolitaine est plus rare.

Aux Alaouites et au Grand Liban, c’est toutefois le 5c JAUNE qui est en usage en 1924 1925, pour autant cela reste bien peu commun.

Son usage le plus fréquent a été celui des imprimés pour l’étranger (à destination de la France, par exemple) et assimilés (dont Carte Postale de 5 mots). Il est alors VERT.

Timbre à 10 centimes

Le 10 c ROSE du Levant est en usage partout – type Mouchon (Alexandrie, Port Said, Dedeagh, Cavalle, Crète, Chine, Castellorizo). La semeuse lignée a théoriquement pu être utilisée. A partir de 1907 et jusqu’en 1914 la semeuse camée est parfois utilisée mais cela reste plutôt rare.

A partir de 1921 les timbres du Levant et les surcharges spécifiques sont en concurrence, les changements rapides de tarifs permettant bien plus souvent l’usage des timbres spécifiques plutôt que ceux du Levant ou de métropole. Cette fois le 10c n’est plus rose (Mouchon du levant) ni ROUGE (semeuse camée), mais VERT (semeuse camée ou pasteur)

Son usage le plus fréquent a été celui de la Carte postale ordinaire pour l’étranger, timbre ROUGE. Puis de la Carte postale pour l’intérieur à partir de 1910, devenu carte postale 5 mots pour l’intérieur en 1917.

A partir de 1920 il n’est plus utilisé, sauf en Syrie, Alaouites et Grand Liban de nouveau à partir de 1924 sur le CPI 5 mots (il est alors devenu vert)

Timbre à 15 centimes

Utilisé comme valeur d’appoint le plus souvent ce timbre à 15 c est vraiment peu fréquent. On le trouve seul au tout début de notre période pour les lettres simples pour l’intérieur (tarif de 1878 : LSI = 15c) En 1906 néanmoins il se retrouve presque sans usage (baisse de tarif, LSI = 10c).

C’est le 15 c semeuse lignée vert qui devient alors le plus fréquent des 15c, sous sa forme métropolitaine ou locale. Pour autant au retour des bureaux en 1920-1920, ce timbre ce retrouve comme valeur d’appoint uniquement. En 1924 en Syrie, Alaouites et Grand Liban la carte postale passe à 15c (0,75 piastre), mais c’est le type Pasteur qui est alors prioritairement utilisé.

Timbre à 25 centimes

C’est de loin la vignette la plus courante. Elle est bleue, et sous sa forme Mouchon du Levant, utilisée absolument partout. A partir de 1907, ce Mouchon entre en concurrence avec la semeuse camée et le restera jusqu’à la fin des bureaux d’Orient.

Jusqu’en 1914, c’est le timbre de la lettre pour l’étranger et de la taxe de recommandation.

En 1920-1921, il devient le timbre de la lettre pour l’intérieur, et en paire il correspond au tarif de la lettre pour l’étranger et encore une fois de la taxe de recommandation que cela soit sous sa forme locale (surcharges de Syrie, Alaouites, Grand Liban, Cilicie, Castellorizo) soit sous sa forme métropolitaine. Ceci en fait et de très loin la plus fréquente des semeuses, même si l’usage du timbre de la métropole reste assez rare :

usages timbres spécifiques

Ceci est lié à deux choses : d’une part les bureaux ont fermé avant l’émission de la vignette  semeuse spécifique du levant surchargeant le 25c bleu pour remplacer le Mouchon, d’autre part, il faut une raréfaction de ce timbre du levant pour qu’on utilise le timbre français (semeuse camée). Ailleurs, il faut en fait un timbre local spécifique (Castellorizo, Cilicie, Syrie Grand Liban Alaouites) pour voir apparaître les semeuses camées de métropole.

Utilisation en Orient – tentative de synthèse

Synthèse des affranchissements possibles sur un 25c bleu semeuse camée en Orient, selon les territoires, bureaux du Levant, territoires spécifiques, et les tarifs en vigueur (classification établie de manière chronologique).

I – Bureaux de Grèce et de la mer Egée pour les timbres de France puis les vignettes spécifiques de Castellorizo

Bureaux de l’Empire ottoman en Grèce et en mer Égée : pas de vignettes spécifiques

Tarif du 1er mai 1910

  • Affranchissement à 25 centimes (x 1) : Lettre 1er échelon
  • Affranchissement à 50 centimes (x 2) : Lettre recommandée

Tarif du 1er avril 1921

  • Affranchissement à 50 centimes (x 2) : Lettre 1er échelon
  • Affranchissement à 75 centimes (x 3) : Lettre 2ème échelon
  • Affranchissement à 1 franc (x 4) : Lettre recommandée

Tarif du 1er juin 1921

    • Affranchissement à 75 centimes (x 3) : Lettre 1er échelon, Taxe de recommandation
    • Affranchissement à 1,50 centimes (x 6) : Lettre 1er échelon recommandée

Les tarifs postérieurs (1924 et suivants) n’ont pas été retenus puisque le bureau de Smyrne a fermé définitivement en juin 1923, tout comme le bureau des Dardanelles, les bureaux de Constantinople en septembre 1923 et Rhodes le 1er septembre 1924.

Bureaux ayant pu utiliser des 25c bleu – date de fermeture

  • Cavalle 1914
  • Candie 1914
  • Dedeagh 1915
  • La Canée 1914
  • Rethymno  1914
  • Rhodes  1924
  • Salonique 1914
  • Salonique quartier-franc 1914
  • Vathy août 1914

Castellorizo : 2 vignettes

  • Yv n° 31 (25c)
  • Yv n° 40 (25c)

Tarif unique du 1er mai 1910

  • Affranchissement à 25 centimes (x 1) : Lettre 1er échelon
  • Affranchissement à 50 centimes (x 2) : Lettre recommandée

II – Bureaux de l’Empire ottoman : Levant et Orient

  • Alexandrette-1914
  • Beyrouth-1914
  • Constantinople-1923
    1. Constantinople = 509
    2. Constantinople galata = 506 A
    3. Constantinople stanbul  = 506 B
    4. Constantinople pera = 506 C
  • Dardanelles-1923
  • Jaffa-1914
  • Jérusalem – 1914
  • Kerassunde-1914
  • Lattaquié-1914
  • Mersina-1914
  • Pékin – 1922
  • Samsoun-1914
  • Shanghai – 1922
  • Smyrne-1923
  • Tanger (Maroc) – 1913
  • Tripoli (Barbarie / Libye) – 1913 le courrier avec la France relève du tarif intérieur
  • Trébizonde-1914
  • Tripoli (Syrie)-1914

Tarif général du Levant : une unique vignette

  • Yv n° 32 (3 piastres 30 paras)

Tarif du 1er mai 1910

  • Affranchissement à 25 centimes (x 1) : Lettre 1er échelon
  • Affranchissement à 50 centimes (x 2) : Lettre recommandée

Tarif du 1er avril 1921

  • Affranchissement à 50 centimes (x 2) : Lettre 1er échelon
  • Affranchissement à 75 centimes (x 3) : Lettre 2ème échelon
  • Affranchissement à 1 franc (x 4) : Lettre 3ème échelon, Lettre recommandée 1er échelon

Tarif du 1er juin 1921

  • Affranchissement à 75 centimes (x 3) : Lettre 1er échelon, Taxe de recommandation
  • Affranchissement à 1,50 centimes (x 6) : Lettre 1er échelon recommandée

Tarif du 1er août 1921

a) période du 1er août à décembre 1921 (poste militaire)

  • Affranchissement à 7 piastres 20 paras (x 2) : Lettre 1er échelon, Taxe de recommandation
  • Affranchissement à 15 piastres  (x 4) : Lettre 1er échelon Recommandée

b) période du 1er janvier 1922 à juillet 1923 (poste civile)

  • Affranchissement à 7 piastres 20 paras (x 2) : Lettre 1er échelon, Taxe de recommandation
  • Affranchissement à 15 piastres  (x 4) : Lettre 1er échelon Recommandée

III – Bureaux de l’Empire Ottoman : Cilicie

Cilicie : 2 vignettes (sur trois disponibles)

  • Yv n° 83 (1 piastre)
  • Yv n° 92 (1 piastre)
  • Yv n° 101, « sand est » n’a pas pu être utilisé.

(1 piastre = 40 paras = 10 millièmes)

Tarif du 1er janvier 1920 pour l’intérieur

  • Affranchissement à 4 piastres (x 4) : Lettre 3ème  échelon

Tarif du 1er janvier 1920 pour l’étranger

  • Affranchissement à 5 piastres (x 5) : CP recommandée
  • Affranchissement à 7 piastres (x 7) : Lettre Recommandée
  • Affranchissement à 8 piastres (x 8) : Lettre 3ème  échelon

Tarif du 1er juin 1921 pour l’étranger

  • Affranchissement à 3 piastres (x 3) : CP ordinaire
  • Affranchissement à 5 piastres (x 5) : Lettre simple, Taxe de recommandation, Avis de réception
  • Affranchissement à 10 piastres (x 10) : Lettre Recommandée

IV – Bureaux de l’Empire Ottoman : Syrie, Alaouites, Grand Liban

Syrie : neuf vignettes

  • Yv n° 7 (25c)
  • Yv n° 37 (2 piastres)
  • Yv n° 38 (3 piastres)
  • Yv n°51R (2 piastres)
  • Yv n° 51N (2 piastres)
  • Yv n° 61 (1,25 piastre)
  • Yv n° 93 (1,25 piastre)
  • Yv n° 110 (1,25 piastre)
  • Yv n° 131 (1,25 piastre)

Grand Liban : deux vignettes

  • Yv n° 6 (1,25 piastre)
  • Yv n° 27 (1,25 piastre)

Alaouites : un timbre

  • Yv n° 5 (1,25 piastre)

1) pour l’intérieur

Tarif du 1er mai 1920 (3 piastres)

  • Affranchissement à 3 piastres (x 1) : Taxe de recommandation

Tarif du 1er juin 1920 (2 piastres)

  • Affranchissement à 2 piastres (x 1) : Taxe de recommandation, Avis de réception

Tarif du 15 mai 1921 (2 piastres)

  • Affranchissement à 2 piastres (x 1) : Echantillon 1er, Papiers d’affaire < 50 grs, Lettre simple, Carte postale ordinaire, Taxe de recommandation, Avis de réception
  • Affranchissement à 4 piastres (x 2) : Lettre 3ème  échelon, Lettre recommandée

Nota : la surcharge à 1 p 25 n’avait aucune utilité dans le tarif intérieur.

2) pour l’étranger

Tarif du 1er mai 1920 (3 piastres)

  • Affranchissement à 3 piastres (x 1) : Lettre simple pour l’étranger, Taxe de recommandation

Tarif du 1er juin 1920 (2 piastres)

  • Affranchissement à 2 piastres (x 1) : Lettre simple pour l’étranger, Taxe de recommandation, Avis de réception, Papiers d’affaire < 100 grs
  • Affranchissement à 4 piastres (x 2) : Lettre Recommandée pour l’étranger

Tarif du 15 mai 1921

(2 piastres)
  • Affranchissement à 6 piastres (x 3) : Lettre 3ème  échelon, Lettre recommandée
(1,25 piastre)
  • Affranchissement à 2,5 piastres (x 2) : Carte postale ordinaire

Tarif du 1 novembre 1922

(2 piastres)
  • Affranchissement à 4 piastres (x 2) : Lettre 2ème échelon
 (1,25 piastre)
  • Affranchissement à 2,5 piastres (x 2) : Lettre 1er échelon pour l’étranger, Taxe de recommandation

V – Bureaux français en Égypte

Bureaux d’Alexandrie et de Port-Saïd : pas de vignettes spécifiques

Cachets étrangers sur Semeuse Camée

Comme bien des timbres, notre 25c bleu a reçu au cours de son existence postale bien des cachets étrangers. Nous ne parlons pas là des cachets des colonies et autres territoires sous mandat, mais bien de cachets étrangers.

Les oblitérations maritimes

On ne reprend pas ici les oblitérations strictement maritimes et marques de navires comme par exemple celles dessous même si cela a annulé le timbre hors de France.

Oblit St Nazaire + cachet de ligne Oblit St Nazaire à ColonOblitération de Saint Nazaire à Colon,  6 juin 1921, ligne n°6

Non, il s’agit vraiment d’aller retrouver des cachets étrangers : concernant les oblitérations de navire ou maritime en général, en voici deux : Port Said, Egypte de 1925 mais aussi un cachet anglais

   paquebot1 sur lettre                            paquebot3 sur lettre

Oblitérations à l’arrivée

Ce type d’oblitération est assez classique : il s’agit en fait d’annulation effectuée non plus au départ mais à l’arrivée.

Belgique

Voici par exemple, une roulette belge de 1926 (a-t-on omis l’oblitération de départ car la carte a été écrite un 14 juillet?):

Oblit, Roulette BelgeEtats Unis d’Amérique

hors collection : enveloppe vue sur site de ventes aux enchères

oblit cachet américain 1920

Pourquoi cette lettre est elle oblitérée de Washington pour Boston avec un 25c bleu?

Cette enveloppe pré-imprimée, servait au « American board of commissioners for foreign missions » lequel institut américain pour les missions à l’étranger avait eu une mission à Istambul/Constantinople.

hors collection : enveloppe vue sur site de ventes aux enchèreswashington.png

Le bureau dont dépendait la mission alors était le bureau français de Constantinople qui avait donc pu affranchir la lettre tout à fait normalement avec un timbre français en usage en août 1920 : la LSE était à 25c, la semeuse bleue s’imposait. Toutefois ce timbre a échappé à l’affranchissement.

Le cachet rouge « Washington DC PO  / This article originally / mailed in country indicated / by postage » nous aide alors: on y lit que cet article (la lettre) a été originellement envoyé par la poste dans le pays indiqué par l’affranchissement. Ce courrier est alors parti de Constantinople sans être annulé avant que de parvenir à Washington DC, poste générale, pour y être affranchie correctement et distribuée à Boston, Mass.

Un curieux usage : Telegraphie des deutschen Reichs 1923

Merson n°121 + Semeuse n°140 et n°159
oblitération télégraphique allemand Düsseldorf T.A.

dusseldorf

Un témoin de l’occupation de la Ruhr par la France et la Belgique de 1923 à 1925, notre article complet