Feuilles – témoin et « fleur de tirage »

Jusqu’en 1915, l’administration a émis toutes les vignettes en feuilles non dentelées, avec une impression très fine. Ces timbres, nommés « Fleur de tirage », servaient à la présentation du timbre à émettre et au réglage réglages des outils d’impression.
Ils sont rarement imprimés avec le papier qui servira au tirage, celui-ci étant le plus souvent plus épais, et leur nuance s’en trouve le plus souvent légèrement modifiée. Certaines feuilles témoins sont gommées.

Bleu foncé (nuance de 1907) sans gomme
avec cachet « Vérification du matériel * D * » daté du 7 novembre 1907
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Castellorizo : lettre de 1920

Tout est dans le titre! Voici la lettre, livrée avec deux certificats d’authenticité d’experts internationalement reconnus.

Lettre castellorizoEnfin je dirais, on peut voir un 25c bleu sur lettre de Castellorizo. Le certificat de Behr venant par ailleurs confirmer l’objet, pour une fois cela semble vrai!

Son prix aussi semble « vrai » : 7500 dollars (soit près de 6000 euros).

Castellorizo encore

Petite carte postale anodine?

CpE catellorizo

Un cartophile trouvera certainement la mise un pris un peu chère (600$). Il n’aura pas forcément tort. Un philatéliste trouvera l’objet un peu curieux.

Or notre petite carte postale ne se vend pas. Elle est proposée depuis… pff, très longtemps. Le fait que le vendeur soit a priori sérieux n’y change rien, personne n’achète. Il y a sûrement plusieurs raisons à cela.

Timbre du Levant (YV 21), à 4 piastres, utilisés à Castellorizo, pourquoi pas… Mais ce timbre est paru près de 20 ans avant son utilisation ici, et sa faciale est 10 fois la valeur requise pour l’affranchissement d’une CP. Le cachet de Castellorizo parait correct, mais presque trop bien frappé. Le philatéliste, en l’absence d’expertise sur la réalité postale de l’objet ne risquera donc pas 600$ pour une valeur qui est sans doute au mieux, un souvenir de l’époque, au pire une supercherie philatélique, façon « souvenir de l’époque ». Ce petit territoire fait décidément beaucoup parler de lui. Certaines personnes peu scrupuleuses y voient sans doute une opportunité financière. En tout cas, rien qui ne vaut son prix, et cette petite carte risque -à ce prix- de rester encore longtemps en vente!

Affaire à suivre…

Les timbres perforés issus de roulettes ou de carnets

Les timbres “Roulette”

Les timbres issus de roulettes se rencontrent parfois perforés. Il en existe de 2 types :

1) Les perforés de roulettes accidentelles : toute société pouvait utiliser une roulette et perforer à l’unité.

2) Les perforés des machines à affranchir : un certain nombre de machines à affranchir munies de perforateurs du type machine “POKO” permettait, à partir de rouleaux de timbres, d’affranchir le courrier très rapidement (60 lettres à la minute).

poko

Comme on peut le lire sur la publicité ci dessus issue du journal, la machine « enregistre, perfore, totalise et colle ». En effet, le but premier de la perforation, outre un effet publicitaire our la société perforatrice, était de comptabiliser les timbres afin que des employés indélicats ne les gardent pour eux : seuls le courrier émanent de la société pouvait être revêtu de ces timbres perforés.

Dans le blog sur les roulettes ( http://philatelie-roulette.blogspot.com/2009/03/le-distributeur-poko.html ), on peut lire :

Distributeur privé ou plutôt machine à affranchir bien connu des collectionneurs de roulettes et des collectionneurs de timbres perforés la machine « POKO » fait son apparition en France dans les années 1912. C’est la « Société Française des Distributeurs Automatiques Abel », la même qui a mis en service le premier distributeur public de timbres en rouleau, qui commercialise cette machine. (…) Il faut attendre quelques années après la grande guerre pour voir revenir des publicités pour cette machine.
Certes elle a changé de nom, le terme « POKO » a disparu et le nom du constructeur est ignoré mais maintenant on est sûr quelle peut perforer. Il y a eu aussi quelques modifications apportés au système de dépose du timbres-poste.
Vous pouvez trouver les détails de son fonctionnement sur la notice déposé lors de la demande de brevet (N°519018).
Le terme « POKO » est de diminutif de PORTO-KONTROLL-KASS.

Nombre de sociétés semblent avoir utilisé des machines de type à affranchir utilisant des roulettes à plat mais qui ne sont pas de type “POKO”.

On connaît :

tableau-perfores-roulette

Les valeurs les plus courantes sont les 25c Bleu Semeuse camée et les 50c Rouge Semeuse lignée. Puis les 10c Rouge, 15c Brun,  30c Bleu, la moins courante est le 50c Pasteur.

Ceci nous donne au total près de 22 types de roulettes différentes pour 38 sociétés connues actuellement.

Les timbres avec bandes publicitaires

Des carnets avec publicité ont été également perforés par des sociétés, mais on les rencontre très rarement. Ils ne concernent pas le 25 c bleu Semeuse, on en donne cependant la liste :

tableau-perfores-carnets

De nombreux autres timbres en provenance de carnets sans publicité sont également connus.

Les timbres de roulette : le distributeur ABEL

Un excellent travail de recherche a été effectué sur philatélie-roulette.blogspot à cette adresse

Je reproduis donc cet article:

_ La littérature philatélique nous apprend que le premier distributeur de roulettes a été mis en service le 13 mars 1908 à l’Hôtel des Postes de Paris et qu’il distribuait une vignette à 10c. (voir : http://philatelie-roulette.blogspot.com.tr/2010/07/flash-special.html)
_ Très peu d’illustration existe sur ce distributeur, mais après quelques recherches, j’en ai trouvé quand même quelques une.
_ Tout d’abord celle-ci, extraite de la revue « LA NATURE » N°1913 du 22 janvier 1910 page 113, qui correspond à cette première machine. L’article de trois pages nous fournis une multitude d’explications sur le fonctionnement de l’appareil.
Le distributeur « ABEL ».
Et un zoom sur la partie du mécanisme, nous en apprend d’autres. Certes la bobine n’est pas dans le bon sens, enfin pas dans celui que l’on connait. Et il faut se rappeler qu’à cette époque il n’y avait pas de factice, et c’est très certainement la maison « Société Française de distributeurs automatiques Abel » qui a dû fabriquer ses bobines pour la mise au point du distributeur.
Les opérations effectuées lors de la distribution du timbre-poste sont :
1°) Le maintien de la bande par les deux bloqueurs « TT »;
2°) La coupe suivant l’axe repéré « EE »;
3°) Le recul du couteau et des bloqueurs;
4°) La mise en rotation des molettes « NN », servant à évacuer la vignette coupée, puis des molettes « MM », servant à avancer d’un pas la bande de timbre-poste, les galets « NN » et « MM » ne sont pas moleté sur toutes la circonférence, mais uniquement sur une longueur d’un timbre pour les molettes « MM », et d’un timbre et demi plus un chouïa pour les molettes « NN », afin 1) d’évacué le timbre coupé et 2) de finir le dévidement de la bande pour une avance d’un timbre plus un petit quelque chose !!!
Pendant l’avance de la bande il y a deux pièces importantes de ce distributeur qui entrent en action. Ce sont les griffes « GG ». Leurs extrémités sont munies de pointe et elles ont un mouvement de rotation suivant l’axe « O ». Elles sont écartés de la bande au début du dévidement, afin de sortir les pointes qui sont entrées dans la dentelure, puis elles sont finalement libéré pour qu’elles se repositionnent dans la dentelure suivante et par leur effet de rotation repositionnent la dentelure à exactement une hauteur de timbre de l’axe de coupe, lorsque la bande est libérée des molettes.

En fin de distribution, il y a donc un timbre sous l’axe de coupe « EE », puis la bande maintenue par les griffes « GG ».

Le mécanisme d’avance et de coupe de la bande.

Après ce résumé de la revue, quelques détails qui nous intéressent un peu plus et qui ne sont pas donnés.

Le premier détail est la distance qu’il y a entre l’axe de coupe et le noyau de la bobine équivalent à un peu plus de six timbres.Ca ne vous rappelle rien ?
Le deuxième correspond à la position de l’axe de maintien de la bande qui oblige à avoir au moins deux vignettes au dessus du dernier timbre à distribuer.
Et enfin le troisième avec ses molettes « NN » et « MM » qui ont laissé de si jolies traces.
Les axes
Quelques implantations.
Je sais tout du 15/06/1908 Page 573
A l’Hôtel des Postes.
Le journal de la jeunesse du 18/12/1909 Page 48