SP 524 : une trace de la présence française à Sofia, Bulgarie, en 1922

Après l’armistice du 23 septembre 1918 avec les Bulgares, puis un peu plus tard avec  les ottomans et les hongrois, les armées françaises ont été déployées de la Croatie à l’Asie mineure, via la Hongrie, la Bulgarie, la Turquie d’Europe. Après le conflit, des instances interalliées ont été créées pour s’efforcer d’organiser la paix, à la suite de la Conférence de la pays de Paris. Un Comité militaire allié de Versailles (CMAV) organisa alors des Commissions militaires interalliées de contrôle (C.M.I.C.), envoyées dans tous les pays vaincus, en vertu de l’article 203 du traité de Versailles, pour veiller à l’application des clauses militaires des cinq traités de la Paix :

  • celui de Versailles avec l’Allemagne (28 juin 1919)
  • de Saint-Germain-en-Laye avec l’Autriche (10 septembre 1919)
  • de Neuilly avec la Bulgarie (27 novembre 1919)
  • de Trianon avec la Hongrie (4 juin 1920)
  • de Sèvres avec l’Empire ottoman (20 août 1920)

Ces CMIC fonctionnèrent jusqu’au 28 février 1927 pour l’Allemagne, jusqu’au 31 mars 1927 pour la Hongrie, jusqu’au 1er juin 1927 pour la Bulgarie. La révision des traités concernant l’Empire Ottoman et la naissance de la Turquie avait donné un statut particulier à la commission chargée d’appliquer le traité de Sèvres.

Parallèlement à cela, des troupes restèrent présentes dans les territoires concernés, jusqu’en 1923 pour Constantinople et Smyrne (le bureau est de Smyrne fonctionna entre juin 1920 et le 1er mai 1923 en tant que secteur postal Trésor et Postes 528, ouvert aux civils. Après le 1er mai 1923 et jusqu’à la fermeture du bureau les timbres furent annulés par une griffe « Postes françaises à SMYRNE ».).

Ailleurs, suivant les troupes, de nouveaux secteurs postaux avaient vu le jour. Pour autant, certains furent repris à l’ancienne série des 500.

Carte postale 1 er avril 1922, tarif UPU 30 c cachet du SP 524 à Sofia.

524 sofia

Ainsi, le SP 513 A correspondait il à la division d’infanterie coloniale en place en Bulgarie. Le SP 524 était à Sofia même. Le SP 520 correspondait à la base de Temeswar (Timsoara aujourd’hui), alors que le 520 B était à Arad, toujours en Roumanie. Plus connu, le 528 était à Smyrne (Turquie), alors que le 528 A était à Constantza (Roumanie). Pour finir, le 530 correspondait à Makri-keuy (Makrikoy – périphérie ouest d’Istanbul et le 530 B à Hadim-keuy (Hadimköy aujourd’hui, nord ouest d’Istanbul).

Coupon-réponse international à 30 centimes

Créé par le tarif du 1er octobre 1907, un coupon réponse international est  un « imprimé à valeur fiduciaire destiné à payer aux correspondants étrangers le port d’une lettre ordinaire ». (Larousse) Ce coupon réponse vendu 30 c permettait néanmoins le port de la lettre pour l’étranger, soit 25c. C’est donc un parfait double de notre semeuse.

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Ce coupon réponse, par son oblitération du 7 octobre 1907 est proche des premiers jours

Reconstitution des secteurs postaux Région Edessa – Monastir (1917-1918)

Secteurs postaux front d'orient Région de Monastir-EdessaOn pourra retrouver le descriptif des secteurs postaux, avec le moment de leur présence sur cette page : https://semeuse25cbleu.net/miscellanees/larmee-dorient/

La brève existence du secteur postal de Constantinople 509 A

L’Occupation de Constantinople (12 novembre 1918 23 septembre 1923) correspondit à l’occupation de la capitale de l’Empire Ottoman par les forces britanniques, françaises et italienes, conformément à l’Armistice de Moudros, qui mit fin à la participation ottomane à la Première Guerre mondiale. Les premiers soldats Français entrèrent dans la ville le 12 novembre 1918, suivis par les troupes britanniques le lendemain. Les troupes italiennes débarquèrent à Galata le 7 février 1919.

On peut diviser cette occupation en deux temps : l’occupation initiale qui s’est déroulée conformément à l’Armistice du 12 novembre 1918 au 16 mars 1920 ; puis, à partir du 16 mars 1920, en conformité avec le traité de Sèvres. Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, mit un terme à cette occupation. Les dernières troupes alliées quittèrent la ville le 23 septembre 1923. Les premières troupes turques y entrèrent le 6 octobre 1923. Les troupes alliées occupaient zones basées sur les sections de Constantinople et mirent en place une administration militaire alliée dès début de décembre 1918. Le courrier a d’abord été expédié par la poste navale, puis à partir du 6 février 1919, un bureau militaire fut entièrement dédié aux envois civils. Il s’agissait du 509 A. En mai 1919 le secteur postal 506 à Galata, attribué auparavant à Moudros (île de Lemnos) fut créé à Istanbul et vint remplacer ce 509 A. Deux autres bureaux annexes furent ouverts à Istanbul : le 16 juin 1919, un bureau 506 B à Stamboul et à partir de décembre 1921 un 506 C à Pera.

Constantinople = 509 A

Ouvert à partir du 6 février 1919, ce bureau 509A fonctionna jusqu’en mai 1919 : ce secteur postal de Constantinople n’eut donc que trois mois d’existence.

509A

Lettre recommandée du 7 mars 1919, de Constantinople pour Paris,
tarif UPU à 50c représenté par deux semeuses 25 c

 

Page complète : https://semeuse25cbleu.net/miscellanees/larmee-dorient/

Lettre recommandée par poste aérienne pour Téhéran via Bagdad – janvier 1924

L’objet n’est pas commun.

La lettre ci dessous est partie de Paris le 10 janvier 1924, pour Téhéran. Ce courrier a transité par Bagdad le 23 janvier 1924. Il s’agit d’une lettre recommandée au tarif international, au deuxième échelon de poids, dans le tarif du 1er avril 1921.

Numériser

Lettre Recommandée bagdad 1924 Recto

La taxe initiale se décompose comme suit :

  • Lettre jusqu’à 20 gr (UPU) : 50 c
  • par 20 gr en plus : 25 c
  • taxe de recommandation : 50 c

A ceci il faut ajouter la taxe aérienne via Bagdad (depuis Le Caire)

  • Lettre jusqu’à 20 gr (UPU) : 1,25 fr
  • par 20 gr en plus : 1,25 fr

Au total on a donc bien un affranchissement à 3,75 fr… dans lequel notre semeuse ne représente finalement que le passage au deuxième échelon de poids.

Fausses surcharges (encore)

On connait de faux timbres. De fausses surcharges. De fausses enveloppes avec de faux cachets. Parfois seul le cachet est faux, parfois seule la surcharge, parfois tout est entièrement faux.

Que faut il pour s’en apercevoir avant que de risquer quelques euros, parfois plus, pour l’achat d’un objet qui n’aurait aucune valeur ? Une vérification de date (si oblitéré), de type de timbre (si il y a eu plusieurs types), de type de surcharge (idem) une grosse loupe et beaucoup de bon sens… Car quel serait l’intérêt d’un faussaire que de déprécier le timbre qu’il falsifie? Il s’agit bien d’une escroquerie laquelle en partant d’une vignette commune, relativement, embellit la chose : surcharges déplacées, à cheval, tenant à non surchargé etc.

Parfois c’est redoutable. Parfois c’est pitoyable.

Intéressons nous (encore!) au 25 c bleu surchargé « castellorizo ». Pour la petite histoire, rappelons que le 10 août 1920, à la suite de la signature du traité de Sèvre, les iles du Dodécanèse furent placées sous administration italienne. Pour autant, le lieutenant de vaisseau en charge de l’île de Castellorizo fit réaliser une troisième émission de timbres sur un petit stock de figurines parvenues par le navire « le Provence », à bord de celui-ci.

Il s’agit de timbres de France et du Levant surchargés OF CASTELLORIZO pour Occupation Française. La surcharge est verticale et descendante sur les petits formats (Semeuses) et horizontale sur les grands formats (Merson). Le cachet ayant servi à cette surcharge fut détruit le soir même du 26 août 1920, ce qui fait de cette émission une des plus brèves de l’histoire philatélique de France, marquée par de faibles tirages : les 4 Semeuses concernées ont chacune été tirées à 500 exemplaires, les 6 Mersons à 200 exemplaires, les 5 petits formats du Levant en nombres inconnus, mais sûrement faibles eux aussi.

Voilà donc la chose, 500 exemplaires, 10 millésimes possibles… bref, une véritable rareté que la côte de 230 euros en neuf ne reflète assurément pas. Pas complètement.

Tout d’abord, notre propre exemplaire.

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Il est signé A. Brun, signature authentique, placée en bas du timbre. Le verso présente une adhérence.

Celui ci est aussi authentique :
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Il se trouve sur une lettre qu’on a déjà montrée ici, il est accompagné de deux certificats d’expertise. Et l’enveloppe est à 4000 euros (le prix baisse… jusqu’à quand?)

Et puis ce qui se vend en ce moment. En voici quatre exemples :

mJ4aVtYksa5wMjnZPy1o3WA Celui ci a déjà été signalé comme faux au vendeur. Ce n’est pas très dur à voir : la surcharge est mal orthographiée.. Ce vendeur même s’il assume la pleine responsabilité (blabla) précise cependant que l’objet n’est ni expertisé, ni signé. D’ailleurs, l’expression « Le vendeur assume l’entière responsabilité de cette annonce » est automatique et décharge simplement le site de responsabilité. Mais si la vente se fait, c’est quand même 225 euros pris à quelqu’un de crédule.

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De celui-ci on dit juste qu’il est « very fine ». Certes, il n’est vendu que 1,80 $… mais tout de même, il reste faux et là aussi une loupe ou juste une comparaison dans les catalogues avec la surcharge originale le montre immédiatement.Notons qu’à ce prix, il faut ajouter la livraison de 2,30 $. Ce qui fait 4 euros au total, perdus.

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Celui-ci le vendeur le qualifie de bel exemplaire, sans aucune autre mention. C’est l’un de mes préférés : la surcharge n’est pas authentique , le type de timbre qui supporte cette surcharge n’est pas le bon : seul le 1A a été utilisé car seul le 1A existait à cette date. Et il en coûterait à l’acheteur 35 euros.

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Dernier objet pour ce matin, si le vendeur n’avait pas précisé (en allemand et en grec) que la surcharge était fausse, il aurait sûrement eu ma préférence : outre la surcharge grossière, il est oblitéré de Paris. Ce qui est peu commun pour un timbre n’ayant été utilisé que sur une toute petite île de Méditerranée. Même annoncé faux, le vendeur en demande malgré tout 5 euros. Je ne comprends pas qui pourrait acheter cela.

Quelques liens pour finir :

Résidence de France

Deux ventes américaines datant déjà un peu mais dont les objets font toujours rêver…

Lettre de Kerguelen au Havre, affranchie avec un seul timbre de France 25C «Semeuse» et oblitérée par un cachet exceptionnel et unique «République Française/résidence de France/Iles Kerguelen» type II «Administrateur résident» cachet en noir, avec le cachet sur l’enveloppe du « Point Natal/Mr 1/12 » transit c.d.s. et un « Le Havre/25-3/12 » porté à l’arrivée au verso. Dessus d’enveloppe ouvert un peu brutalement ayant causé une déchirure au coin supérieur droit près du timbre, mais sans le toucher, très bel ensemble par ailleurs ; une des quelques lettres originaires des îles Kerguelen existant avec marques postales supplémentaires

Kerguelen Island cover to Le Havre, franked with a single France 25c « Sower » and tied by a single outstanding strike of « Republique Francaise/Residence de France/Iles Kerguelen » type II « Resident Administrator » cachet in black, with choice strike of « Point Natal/Mr 1/12 » transit c.d.s., and a « Le Havre/25-3/12 » arrival bkst., cover opened a bit roughly at top causing a tear at top right corner near (but missing) stamp, otherwise very fine; one of the few existing Kerguelen Island covers with additional postal markings

Kerguelen 1

Pris estimé 750$, prix de vente : 1200 $ (environ 1000 euros)

Lettre de Kerguelen au Havre, affranchie avec un seul timbre de France 25C «Semeuse» et oblitérée par un cachet unique parfait «République Française/résidence de France/Iles Kerguelen» type II «Administrateur résident» cachet violet, incroyablement douce et choix, une superbe enveloppe exceptionnellement rare, surtout dans ces conditions remarquables.

Kerguelen Island cover to Le Havre, franked with a single France 25c « Sower » and tied by a single perfect strike of « Republique Francaise/Residence de France/Iles Kerguelen » type II « Resident Administrator » cachet in violet, incredibly fresh and choice, a superb cover of exceptional rarity, particularly in this outstanding condition.

Kerguelen 2

Prix estimé : 750 $. Pris de vente 1100 $ (environ 900 euros)

On en profitera pour (re)lire cette page plutôt instructive

Fiscalisation

Le timbre fiscal mobile est l’une des deux formes que peut revêtir le timbre fiscal en général. L’autre étant le papier timbré. Pour moderniser les moyens de recouvrement des droits de timbre dans la seconde moitié du XIXème siècle, l’administration accepta la création de timbres fiscaux mobiles. Ceux-ci permettaient aux négociants par exemple de ne plus à avoir à se déplacer pour s’acquitter d’une taxe puisqu’ils le faisaient en utilisant des timbres préalablement achetés en nombre suffisant.

Deux grandes catégories de timbres fiscaux mobiles (par opposition au papier timbré) existent, les timbres fiscaux généraux qui servent à tout type de taxation et les timbres sectoriels qui eux servent au recouvrement d’un type de taxe bien particulier.

Ces timbres fiscaux sectoriels servent dans trois cas de figure :

  1. les timbres d’imposition (pour l’enregistrement d’un acte par exemple, sans service rendu),
  2. les timbres de taxation (qui visent à recouvrer une redevance pour service rendu cette fois, comme les Timbres de Journaux, Timbres de Radiodiffusion, ou bien encore les timbres de transport),
  3. les timbres de crédit (ce fut le cas par exemple pour payer au percepteur une partie de son salaire sous forme de timbres afin de « lisser  » le coût de la perception. Ce fut aussi le cas des timbres sociaux postaux, qui garantissaient au salarié une indemnité en cas de besoin, de maladie… sans contrepartie de l’employeur.

On se souviendra aussi que les timbres poste étaient à l’origine un cas particulier des timbres fiscaux, puisque l’argent allait à l’État, et ce quel que soit l’usage qui était fait du timbre. C’est ainsi qu’on trouve des utilisations fiscales de timbres postaux, uniquement par tolérance, l’inverse, pourtant possible, étant rarement toléré. La fiscalisation du timbre poste n’est donc pas impossible même si peu commune.

Usage sur quittance

Une « quittance » est un droit dont la perception est constatée par un timbre, fixe ou mobile, et auquel est soumis tout écrit constatant le paiement de sommes ou la remise de valeurs ou d’objets. Le timbre-quittance constitue la preuve de la libération du débiteur.

facture 1921 Pour acquit

Facture du 11 juillet 1921 avec « pour acquit » sur les timbres (fiscal 25c et postal 25c). L’entreprise qui a établi la facture a utilisé un timbre-poste au même tarif pour acquitter la taxe et obtenir ainsi la preuve de la libération du débiteur. Le 25c a donc été ici fiscalisé pour un usage non prévu initialement.

Taxe perçue pour la rédaction d’un récépissé

Un récépissé est un écrit constatant qu’un objet, une somme d’argent ou un document donné a été reçu. La loi de juillet 1865 assujettissaient les quittances de produits et revenus de toute nature, délivrées par les comptables des deniers publics à un droit de timbre pour les sommes supérieures à 10 francs. En 1871 ce droit a été fixé à 0,25 franc. La délivrance de quittance était obligatoire et le prix du timbre s’ajoutait de plein droit à la somme due. Depuis la loi du 25 juin 1920, ce droit a été augmenté suivant les taux suivants :

  • jusqu’à 10 francs : aucun droit n’est dû
  • de 10,01 francs à 100 francs : 25 centimes
  • de 100,01 à 1000 francs : 50 centimes
  • au dessus de 1000 francs : 1 franc

récépissé 1926

Récépissé, 3 avril 1926 Barbeira (Aude) attestant ici la perception d’une somme de 30,15 francs
(droit fixe à 0,25 plus droit augmenté de 0,25)

Timbre le plus célèbre (et le plus cher!) au monde

Pour une fois on parlera d’un autre timbre…

Image

« Un minuscule timbre octogonal datant du XIXe siècle, le One-Cent Magenta, a été vendu mardi 17 juin à New York pour 9,5 millions de dollars (7,01 millions d’euros) pulvérisant le précédent record pour un timbre aux enchères. Exemplaire unique, il avait été estimé à entre 10 et 20 millions de dollars par la maison d’enchères Sotheby’s. »

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/06/18/plus-de-7-millions-d-euros-debourses-pour-un-timbre-a-new-york_4440166_3222.html

Tout le monde en philatélie ou presque connait l’histoire maintes fois racontée de ce timbre. Elle est accessible sur wikipedia ici par exemple (en anglais) pour les néophytes, dans la presse spécialisée un peu partout ailleurs.

Ce qui me fait réagir à cette vente aujourd’hui, ce n’est pas tant la vente que la relation de celle ci faite par le monde dans son édition en ligne de ce matin. Et pour le commentaire :

Charele 18/06/2014 – 07h18 – Un bateau, quel bateau ? Besides, une telle transaction est simplement scandaleuse.

C’est vrai ça, où est le bateau sur cette reproduction dans la presse nationale : eh oui, on ne voit pas le bateau, et pour cause, le monde nous donne à voir le VERSO du timbre !

Image

Encore heureux qu’il soit à l’endroit… certains journaux le présentent tête en bas ! Du coup, très dur de voir le bateau imprimé de l’autre côté, et toute la vision est dissimulée par les cachets d’experts (http://postalmuseumblog.si.edu/2014/05/one-cent-magenta-from-british-guiana-visits-national-postal-museum.html).

Quant au scandale d’un tel prix… Certes, c’est immensément cher et c’est bien ça qui est retenu ici et ce n’est que cela, car en vrai, le peu de soin apporté à la reproduction (à l’envers, tête en bas etc) montre bien que ce qui attire le journaliste, c’est d’abord l’idée du prix, du choc que cela peut produire, de la connivence que cela peut créer avec le lecteur !

Ce n’est plus de l’information (où est le Guyana, qui étaient les collectionneurs – Ferrary (né Ferrari, filleul de Philippe d’Orléans, comte de Paris, légua sa collection à Berlin car c’était le seul musée postal existant à l’époque) mériterait bien quelques lignes,  – pourquoi est il resté unique…), c’est juste un scoop de plus. Mais sans doute ceci qui demande un peu de lecture, d’intérêt, de passion n’est pas dans l’air du temps, sans doute, il vaut mieux là aussi choquer le lecteur pour l’attirer (même sur internet) plutôt que de tenter d’enrayer sa disparition par des articles de meilleure qualité.

A propos du calendrier en vigueur dans les oblitérations de l’Empire Ottoman

Origine

Sous l’Empire Ottoman, c’est le calendrier religieux musulman qui était en usage. Les jours étaient comptés au sein de chaque cycle de phase lunaire. Or parce que la durée du mois lunaire n’est pas une fraction de la durée de l’année, un calendrier purement lunaire se décale rapidement par rapport aux saisons.

En 1677, le trésorier en chef (turc : Baş defterdar, ministre des finances) Hasan Pacha du Sultan Mehmed IV proposa de corriger les dates des dossiers financiers en supprimant un an (un an d’évasion) tous les 33 ans, résultant de la différence entre le calendrier musulman lunaire et le calendrier julien solaire.

En 1740 (1152 de l’Hégire) pendant le règne du Sultan Mahmud I, mars est adopté comme le premier mois de l’exercice pour le paiement des taxes et des relations d’affaires avec des représentants du gouvernement au lieu de Mouharram après proposition du trésorier Atıf Efendi.

Moralı Osman Efendi, sous le règne du Sultan Abdul Hamid I, étendit la gamme des applications fiscales en 1794 à toutes les dépenses de l’État et tous les paiements afin d’éviter les surplus de coûts découlant de la différence de temps entre les calendriers juliens et lunaires.

C’est ce calendrier julien, utilisé à partir de 1677 d’abord pour des raisons fiscales donc, qui a été adopté le 13 mars 1840 ( 1er mars 1256 de l’Hégire), dans le cadre des réformes du Tanzimat peu après l’accession au trône du Sultan Abdülmecid I, comme le calendrier officiel  et nommé «calendrier Rumi» (littéralement «calendrier romain»). Le décompte des ans commence avec l’année 622, quand Muhammad et ses disciples ont émigré de la Mecque à Médine, cet événement marquant le début du calendrier musulman. Les mois et les jours du calendrier julien ont été utilisés, l’année commençant en mars. Cependant, en 1256 de l’Hégire la différence entre le calendrier Hijri et calendriers grégoriens avait atteint 584 ans. Avec le passage du calendrier lunaire au calendrier solaire, la différence entre le calendrier Rumi et le calendrier grégorien est restée une constante 584 ans.

Afin de faciliter la conversion, la différence de treize jours entre le calendrier Rumi et le calendrier grégorien a été éliminée en février 1917. Le calendrier julien fut abandonné le 16 février 1332 de l’Hégire, laissant la différence de 584 ans. Ainsi, le 16 février 1332 de l’Hégire (16 février 1917) devient tout à coup le 1 mars 1333 de l’Hégire (1er mars 1917).

L’année 1333 de l’Hégire (1917) a été transformée en une année de seulement dix mois, allant du 1 mars au 31 décembre. Et le 1er Janvier 1334 AH est ainsi devenu 1er janvier 1918.  Le calendrier Rumi est resté en usage jusqu’à la dissolution de l’Empire Ottoman et dans les premières années de la République de Turquie.

L’utilisation de l’ère de l’Hégire a été abandonnée dans le cadre des réformes d’Atatürk par une loi du 26 décembre 1341 de l’Hégire (1925) et a été remplacée par l’ère nouvelle de 1926.

La langue sémitique/ottomane mixte (Teşrin-i Evvel, Teşrin-i Sânî) et les noms de (Kânûn-ı Evvel et Kânûn-ı Sânî) de langue ottomane de quatre mois du calendrier Rumi repris au calendrier grégorien turc, ont été modifiés le 10 janvier 1945 pour des noms de langue turque, Ekim, Kasim, Aralık et Ocak. Le 1 mars est resté le début de l’année jusqu’en 1981.

Conversion

Pour convertir des dates entre les deux calendriers, les périodes suivantes doivent être prises en considération :

1) Correction du début de l’année

Jusqu’à la fin de 1332 du calendrier rumi (1916), on remonte les derniers 12 ou 13 jours de décembre. Il en résulte que ces jours et janvier et février font partie de l’année suivante du calendrier grégorien (1917).

Inversement, et jusqu’à la même date, les dates grégoriennes de janvier, février et le premier 12 ou 13 jours de mars 1917 font partie de l’année précédente de Rumi, à savoir 1332.

2) Avant le 13 mars 1840, il n’y a pas de conversion, puisque le calendrier Rumi n’était pas en usage.

3) Entre le 13 mars 1840 (1 mars 1256 AH) et 13 mars 1900 (29 février 1315 AH)

Ajouter 12 jours et 584 ans pour trouver la date du calendrier grégorien.

NB : 1900 n’étant pas bissextile, le lendemain du 28 février 1900 (16 février 1315 AH) a été le 1er mars 1900 (17 février 1315 AH.)

Attention, la numération des mois a toujours une valeur 2 de décalage car l’année commence en mars. Ceci va durer jusqu’au 1er janvier 1918 : mars =01, avril = 02 etc, décembre = 10, janvier = 11, février = 12

 4) Entre le 14 mars 1900 (1 mars 1316 AH) et 28 février 1917 (15 février 1332 AH)

Ajouter 13 jours et 584 ans pour trouver la date du calendrier grégorien.

5) A compter du 1er mars 1917 (1 mars 1333 AH)

Ajouter 584 ans seulement

6) A partir du 1er janvier 1918

Après le 1er janvier 1918 due à l’utilisation du calendrier grégorien dans calendrier Rumi la date reste la même, seule l’année change. La date de la Proclamation de la République de Turquie, le 29 octobre 1923 est convertie en 29 octobre 1339 AH

Mois du calendrier rumi

Calendrier rumi

Comment lire une date ?

Le mode opératoire est en fait le même que pour les chiffres européens, appelés « chiffres arabes ».

chiffres arabes

Il est à remarquer qu’en arabe les chiffres représentant la plus grande valeur dans un nombre se trouvent à gauche, et la plus petite à droite, ceci bien que l’arabe soit lu de droite à gauche. Le nombre est en fait lu, en arabe, en commençant par la plus petite valeur.
Ainsi, la date du 23-11-1905, ci dessous est elle transcrite de droite à gauche 10-09-321, soit ١٠pour 10 puis ٩ pour 11 (mais c’est le neuvième mois d’une année commençant le 1er mars), enfin,٣٢١ pour 321 (de 1321). Ce qui donne bien 584 ans et 13 jours de décalage, avec une numération des mois où 9 correspond à 11.

date arabeOn le voit aussi très bien ici : la date très bien frappée du 9-7-21  est transcrite au 9-7-37 (1921-584 = 1337)

3-7-37