Service postal bi-hebdomadaire Constantinople – Bucarest 1919

Service postal bi-hebdomadaire Constantinople – Bucarest

A compter du 8 juillet 1919, un service postal par avion apparaissant deux fois par semaine fut organisé entre Constantinople et Bucarest en correspondance avec l’Express d’Orient. Le transport du courrier était limité aux correspondances originaires de Constantinople et à destination de Bucarest ou de la France uniquement. Une taxe aérienne d’un franc a alors été mise en place, portant l’affranchissement total de ces correspondances, pour la lettre simple, à 1,25 fr.

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Composition classique 25 c bleu Semeuse Camée + 1 fr Merson, sur fragment

Ce service a été arrêté le 1er novembre 1919 et il n’a jamais repris sous cette forme ensuite.

Service postal de l’armée américaine en France en 1917

Arrivée du contingent américain en France

lettre censure US
19 septembre 1917, camp de Gondrecourt (Meuse), pour Paris, affranchissement à 25c avec cachet de l’armée américaine. Lettre signée Bailey K. Ashford.

Débarquement à Saint Nazaire en juin 1917

Les États-Unis entrèrent dans le conflit le 6 avril 1917 par une déclaration de guerre du Congrès des États-Unis après que l’Allemagne avait mené une guerre sous-marine à outrance qui avait coulé des navires américains. Le président Wilson proclama alors que « L’Amérique [devait] donner son sang pour les principes qui l’ont fait naître ».

Un petit contingent fut symboliquement envoyé en France qui débarqua le 26 juin 1917 à Saint-Nazaire. D’autres débarquèrent à Bordeaux en juillet 1917, enfin à Brest le 12 novembre 1917. Le général Pershing, général en chef de ce détachement américain, insista pour que le corps expéditionnaire restât une armée indépendante des armées britanniques et françaises et dès le 21 octobre, les 14 500 hommes de la 1ère division d’infanterie américaine furent affectés à un secteur – relativement calme – du front, près de Toul.

La 1st Infantry Division avait donc été créée en juin 1917. Elle était placée sous le commandement du Major General Charles P. Summerall, du Lieutenant Colonel Campbell King, du Major H. K. Loughry, Adjutant General.

Les premières unités quittèrent New York City et Hoboken, New Jersey le 14 juin 1917 et arrivèrent en France au plus tard le 2 juillet 1917. Dans le reste de l’année, le reste de la division suivit, débarquant à St. Nazaire, en France et Liverpool, en Angleterre. Après un bref séjour dans les camps de repos, les troupes d’Angleterre débarquèrent à leur tour au Havre. La dernière unité est arrivée à St. Nazaire le 22 décembre. À son arrivée en France, la première division fut rassemblée dans la première zone d’entraînement au camp de Gondrecourt pour l’infanterie, les unités spéciales et les unités médicales ; l’artillerie quant à elle rejoignit le camp du Valdahon.

Le 4 juillet, fête de l’indépendance des États-Unis, des soldats du 2ème bataillon avaient défilé dans les rues de Paris pour soutenir les esprits Français au cri de « Lafayette nous voilà ! ».

Cette première division fut la première division d’infanterie américaine à être créée dans le but de combattre les forces allemandes lors de la Première Guerre mondiale. Elle était formée de 4 régiments d’infanterie (16ème, 18ème, 26ème et 28ème régiments d’infanterie), trois régiments d’artillerie (2nd et 3ème bataillons et 1ère batterie de mortiers) ainsi que d’un ensemble d’unités plus réduites (5ème, 6ème et 7ème divisions d’artillerie de campagne, mais aussi troupes du génie et du train). Au total, cette division comptait près de 28 000 hommes. Elle effectua son baptême du feu le 3 novembre 1917 et vit ses premières pertes dès le 4 novembre.

Camp de Gondrecourt

En juin 1917 arrivèrent dans le sud de la Meuse les premiers éléments de l’AEF pour s’y entraîner. Dans le cadre des accords Baker – Joffre, la 1re division arriva à Gondrecourt-le-Château où des unités combattantes françaises assurèrent l’instruction des unités américaines dans la zone des armées. Une impressionnante infrastructure logistique fut mise en place parfois avec l’aide de l’armée française : baraquements préfabriqués, voies ferrées, dépôts de ravitaillement, parcs d’artillerie, garages, terrains d’aviation, hôpitaux.

Sans titre

Un hôpital de campagne s’installa dans des baraquements à Gondrecourt-le-Château (Meuse), puis, développé, devint le Camp Hospital No. 1, d’une capacité de 300 patients, soignant tous types de cas. En septembre 1917, le Base Hospital No. 18 s’installa à Bazoilles-sur-Meuse (Vosges), et cette formation sanitaire reçut alors les patients du Camp Hospital No. 1.

Cet hôpital était, comme toutes les opérations médicales, sous le commandement d’un physicien et médecin réputé, notamment pour ses travaux en chirurgie et sur les maladies tropicales à Porto Rico, le colonel Bailey K. Ashford, que le général Pershing avait fait venir auprès de lui.

Après un premier séjour en ligne, la 1st division fut relevée le 29 novembre 1917, et regagna la zone de Gondrecourt, où elle resta jusqu’au 15 janvier 1918. Parallèlement à ce camp, un Field Hospital No. 12 se trouvait dans la zone de Vaucouleurs, à Burey-en-Vaux (pour les maladies), un Field Hospital No. 13, à Sauvigny (pour les cas dermatologiques et vénériens). Les malades les plus sérieux étant, quant à eux, évacués sur le Base Hospital No. 66 de Neufchâteau.

Organisation de la poste aux armées

Secteur postal n° 10 de l’armée française

Le secteur postal n° 10 de l’armée française desservit la 10ème Division d’Infanterie jusqu’au 16 février 1917 où il fut remplacé par le secteur n° 41.

Il fut rétabli le 25 Août 1917 à Gondrecourt pour desservir la Division Américaine puis transféré à Chaumont où il desservit aussi la Mission Française auprès de l’Armée Américaine à partir du 4 Septembre 1917. Il fut dissous le 14 Avril 1919.

Courrier pris en charge par l’armée américaine

Les instructions concernant le service postal de l’armée américaine datait de 1881, revues en 1915. Le 1er juillet 1917, par ordre du général Pershing, fut établie la circulaire suivante :

postal agents

Les agents postaux des services postaux de l’armée américaine ne distribueront pas une correspondance qui ne serait pas proprement timbrée avec les timbres de censure. Proprement timbrée avec les timbres de censure, marquée « lettre de soldat » et contresignée par un officier, la correspondance sera, depuis sa base, délivrée à destination, sans prépaiement du port et seulement en simple taxe collectée au moment de la remise.

Ceci complétait les instructions précédentes du 28 juin 1917 :

  • Aucune mention sensible, « dangerous information », géographique ou militaire ou de quelque nature que ce soit, y compris le nom du soldat, sa compagnie ou toute autre information, aucune photographie ne devait figurer dans la correspondance.
  • La correspondance ne devait pas être affranchie, ni cachetée, mais revêtue des termes « soldiers letter ».
  • Un officier responsable devait contresigner la lettre dans le coin inférieur gauche après en avoir vérifié le contenu et la revêtir de son propre cachet de censure, ces cachets étaient par ailleurs enregistrés et numérotés.ashford2
    La liste des officiers est donnée ce dessous, le responsable médical est encadré.

chief surgeon

  • Toute lettre ouverte par la censure était refermée avec une étiquette « examined by censor ».

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  • Les lettres de civils travaillant avec l’armée étaient directement remises aux officiers responsables, les lettres des troupes françaises en opération en secteur américain étaient remises à l’autorité française militaire la plus proche.
  • L’usage de la poste civile dans les zones contrôlées par l’armée américaine était interdite.
  • La correspondance à destination de l’étranger devait être directement transmise à la commission de censure, « base censor ».
  • Cette commission de censure, « base censor », pouvait en outre aléatoirement vérifier le courrier.

Ainsi donc les membres de l’armée américaine n’avaient pas de franchise à proprement parler et devaient affranchir leur courrier selon les tarifs en vigueur pour toute destination autres que les États Unis.

La correspondance en question

Dans cette lettre qui nous intéresse, on voit le libellé de l’adresse « Burberrys, 8 et 10 boulevard Malesherbes, Paris » écrit de la main même de Bailey K. Ashford.

Celui-ci, colonel responsable du service médical, a contresigné le courrier avant d’y apposer son propre cachet de censure (n°41) du camp de Gondrecourt, rattaché au QG de l’AEF situé à une vingtaine de kilomètres, à Chaumont. Affranchie et oblitérée par le cachet de l’armée américaine en opération (« US Army Postal Service ») pour une destination autre que les États Unis, la lettre fut directement transmise à la « base censor », qui l’ouvrit et la contrôla avant de la refermer avec une étiquette idoine et d’autoriser sa distribution.

L’affranchissement de ce courrier fut réalisé selon les tarifs en vigueur comme une lettre pour l’étranger dont l’affranchissement est réalisé ici avec une vignette à 25 centimes.

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Burberrys

Comme souvent la petite histoire s’immisce dans l’Histoire. Que pouvait bien transmettre Ashford à Burberrys ? Une commande ? Un accusé de réception ? Seule une hypothétique archive parisienne pourrait le dire car les magasins, déjà célèbres, existent bien évidemment encore et toujours à la même adresse parisienne.

Burberrys cependant en 1917 avait moins d’articles en vente et l’essentiel de ses affaires en 1917 était tourné vers le manteau de tranchée, le fameux « trench coat ». C’était un lourd manteau de serge, dessiné en 1914 par Thomas Burberry pour répondre à la commande par l’armée d’un manteau imperméable pour les officiers.

On peut imaginer qu’Ashford (qui avait passé une très grande partie de sa vie à Porto Rico), voyant l’automne arriver et avec lui les intempéries caractéristiques du Nord de la France, a eu besoin de se protéger avec un équipement adapté, comme en témoigne une annonce publicitaire de 1917 :

burberrys

Sources 

Sur l’AEF

United States Army in the World War, 1917-1919, Library of Congress Cataloging-in-Publication Data (Revised for vol. 16)

Brief History of divisions, US Army 1917, 1918, Army Command & General Staff College, Combined Arms Research Library, 250 Gibbon Avenue, Fort Leavenworth, KS, 66027-2314

http://history.army.mil/

http://warchronicle.com/units/US/1st/red_one

http://www.newrivernotes.com/topical_history_ww1_americanbattlecasualities.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Army#Premi.C3.A8re_Guerre_mondiale

Sur l’arrivée à Saint Nazaire

La Loire-Atlantique et la Grande Guerre dans les collections photographiques et cinématographiques de l’ECPAD (1915-1919), archives de la SPCA

Sur Bailey K Ashford

Biografia de dr bailey Ashford, http://www.galenusrevista.com/Copyright-2012-c-Galenus-Revista.html (entre autre)

Surcharge pour la poste aérienne en Cilicie

Surcharge pour la poste aérienne

Adana assiégée

Assiégée au début de juillet 1920 et  la ville d’Adana n’avait plus de contact que par la voie des airs : les chemins de fer et les lignes télégraphiques avaient été coupés. C’est pour maintenir le contact que l’État major français, basé à Alep, décida d’une ligne aérienne.

Afin de transporter le courrier sur avion militaire, une surcharge spéciale fut créée à la demande du colonel Brémont, qui commandait la garnison à Adana. Pour ce faire deux feuilles de 25 timbres au type Merson 5 piastres sur 40c et deux feuilles de 15c Semeuse lignée surchargée à deux piastres furent prélevées. Ces figurines seraient alors surchargées manuellement à la vente, au guichet par un cachet spécial « poste par avion ». On dit ce cachet taillé pour l’occasion dans un pied de chaise.

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Deux vols transportèrent du courrier les 16 et 29 juillet 1920. Ce qui laisse envisager un nombre très restreint de plis ayant circulé : on en connait aujourd’hui que trois plis. Le siège étant levé après le 29 juillet, l’ensemble est devenu sans utilité.

Surcharge des facteurs

Facteurs x6

Toujours avides de bonnes affaires ou de collections complètes sur le marché du timbre français, des marchands et philatélistes demandèrent à posséder ces timbres. A Alep, quelques facteurs avisés fabriquèrent un faux cachet identique au premier et oblitérèrent un stock très important qui fut rapatrié en France. Or seules les deux figurines prélevées par Brémont avaient été surchargées sur lettre et au guichet. Ces timbres ne peuvent donc pas exister autrement qu’en neuf, ils sans aucune utilité postale existent donc uniquement pour les collectionneurs. Plus encore, de nombreuses figurines sur lettre ou sur fragment ont été ensuite oblitérées à Adana (et non Alep où étaient les facteurs).

Le timbre est authentique, la surcharge initiale avec valeur faciale est authentique, le cachet surchargeant (ce fameux pied de chaise) est authentique, les facteurs eux mêmes exerçaient réellement et pourtant, l’ensemble est fantaisiste : ni le bon guichet, ni la bonne date.

Poste aérienne : taxe à 75 c pour le Maroc

Le 1er février 1921, la taxe supplémentaire pour le courrier par avion pour le Maroc a été fixée à 75c. la taxe d’affranchissement de la lettre étant quant à elle à 25c. C’est cette composition d’un affranchissement à 1 franc représenté par quatre 25c. que l’on retrouve ici.

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Taxe de recommandation sur télégramme

La loi du 25 janvier 1873 autorisant la recommandation est très précise :

Le public est admis à recommander les lettres, les cartes postales, les échantillons, les papiers de commerce et d’affaires, les journaux, les imprimés et généralement tous les objets rentrant dans le monopole de la poste, ou dont le transport peut lui être confié en vertu des lois en vigueur (…)
Les objets recommandés paieront, en sus de la taxe qui leur est applicable, selon la classe à laquelle ils appartiennent, un droit fixe (…)

Parmi les objets qui pouvaient être confiés à la poste, il y a bien sûr les télégrammes. Le cas est plutôt peu commun, mais il n’en est pas moins réel. C’est le cas ici, où un télégramme est envoyé de Lille vers Bruxelles, admis en recommandation, au tarif de la lettre recommandée pour l’étranger.

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L’intention de recommandation est ici manifeste par l’apposition d’une vignette de recommandation du bureau de Lille – cf Instruction n° 648 de septembre 1909 : « Les bureaux recevront des étiquettes gommées portant l’indice R. et un numéro d’ordre, destinées à être collées sur les lettres (…). »

Hedjaz Grand Liban

Vu en vente sur http://www.actualitephilatelique.fr/.

Bloc de quatre avec millésime 0 (1920) surchargé en noir, GL/HEDJAZ/P.S.2.

hedjaz millésime 0.png

Ceci confirme le tirage sur planche au type 1A à partir des planches de 150. Il est précisé que le timbre est resté non émis, ce qui ne correspond en revanche en rien au fait qu’il ait été utilisé, au moins comme fiscal.

On retrouvera l’essentiel sur ce timbre sur la page dédiée au CHEMIN DE FER DU HEDJAZ

Smyrne, 2ème jour du tarif

Le bureau est de Smyrne fonctionna entre 1920 et le 1er mai 1923 en tant que secteur postal « Trésor et Postes 528 ». Bureau militaire tout d’abord, il fut ouvert aux civils à partir de juin 1920. Après le 1er mai 1923 et jusqu’à la fermeture du bureau les timbres furent annulés par une griffe « Postes françaises à Smyrne ».

Depuis 1910, le tarif de la lettre simple était de 25c. Le premier avril 1921, ce tarif passa à 50c, le 25c bleu pouvant évidemment être alors utilisé en paire. C’est le cas sur ce pli, lettre simple avec paire semeuse n°140 en paire, toujours intéressante à regarder car il s’agit du 2ème jour du tarif.

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Affranchissement à 50c, « Trésor et Postes 528 » de Smyrne, le 2 avril 1921

Chemin de fer du Hedjaz

Après de nouvelles informations et découvertes, nous proposons une nouvelle page sur le chemin de fer du Hedjaz et les timbres surchargés qui s’y rapportent. Elle est consultable en suivant ce lien : https://semeuse25cbleu.net/usages-non-postaux-2/chemin-de-fer-du-hedjaz/

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Postes belges en France

Après qu’il s’est replié en septembre et octobre 1914 dans le nord de la France et en Normandie, le gouvernement belge au Havre et à Sainte Adresse reçut un privilège d’extraterritorialité. L’une des conséquences de cette extraterritorialité fut que le gouvernement belge put employer ses propres timbres-poste, créant ainsi une « poste belge en France ». Toutefois, cette poste belge en France recouvre deux réalités bien distinctes.

Bureau spécial au Havre et à Sainte Adresse

D’une part, un bureau spécial pour les opérations effectuées au Havre et à Sainte Adresse par des ressortissants belges a utilisé le timbre à date du Havre à partir du 18 octobre 1914. A la fin de ce mois d’octobre, il fut remplacé par un timbre à date spécifique « Le Havre Spécial », qui fut utilisé jusqu’au 14 octobre 1915.

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Du 15 octobre 1915 jusqu’au 22 novembre 1918, c’est un troisième cachet, bilingue celui-ci, qui fut utilisé.

Opérations postales des Divisions d’armée

D’autre part les opérations postales des unités en campagne (Division d’armée). Ces opérations sont confirmées par des Marques des formations belges en France assurant la franchise.

Il en va ainsi des centres d’Instruction de l’Armée belge qui étaient répartis un peu partout en Normandie et dans le Nord : Avranches, Ardres, Audruicq, Auvours, Bayeux, Carentan, Carteret, Coutances, Criel-sur-Mer, Dieppe, Eu, Fécamp, Gaillon, Granville, Gravelines, Grand Fort Philippe, Honfleur, Saint-Lô, Valognes.

Centre d’instruction de l’armée belge de Saint Lo, 13 mai 1915 : franchise postale accordée aux centres de l’Armée Belge.

Croix Rouge esffb (étiquette verte)

On note l’étiquette verte ES FFB et la bande de censure de l’autorité militaire

D’autres informations sur la page dédiée : Poste belge en France et poste militaire belge

Grèves des postiers de 1909

La grève en mars

Le 8 février 1909, un projet de modification d’horaires par allongement d’une heure le travail du soir, avec modification de l’amplitude horaire, provoqua la contestation sous forme de grève des agents du Central télégraphique à Paris. En effet, il était prévu que cette heure de plus ne serait pas payée au tarif de nuit, bien qu’au delà de 21h00. Le lendemain, une émeute éclata qui se solda par l’arrestation de deux postiers, bientôt relâchés. Après une entrevue au secrétariat d’État, les manifestants obtinrent partiellement gain de cause sur les horaires.

Le vendredi 12 mars, les postiers ambulants décidèrent à leur tour de manifester contre un projet de suppression de brigades. Là encore la manifestation se transforma en rapport de force et sept postiers furent arrêtés, puis bientôt trente autres. Parallèlement à ces arrestations, trente commis furent suspendus. Durant le week end, les forces de police et l’armée surveillèrent les gares parisiennes et on eut l’impression que le calme était revenu. Cependant, dès le lundi 15 mars 1909, les postiers arrêtés furent condamnés à six jours de prison ferme. Réunis en assemblée le soir, six cents postiers du Central télégraphique votèrent alors la grève, laquelle s’étendit d’abord aux autres services postaux parisiens, puis bientôt à ceux de province. Ceci dura jusqu’au 23 mars et la promesse du gouvernement de suspendre les projets en cours, de mettre en place des discussions ultérieures, de ne pas prendre de sanctions à l’encontre des grévistes.

Les documents philatéliques sont plutôt rares pour témoigner de cette grève. Seules quelques agences privées ayant acheminé le courrier.

La grève en mai

Toutefois aucune des promesses du gouvernement Clemenceau ne fut tenue : 47 télégraphistes et ouvriers des lignes furent suspendus, 7 dirigeants syndicaux révoqués. Tant et si bien que le 11 mai, la grève fut de nouveau déclarée mais la masse des postiers, le Central télégraphique même, ne suivirent pas le mot d’ordre. Le gouvernement – soutenu par la presse et la population – à alors recours à l’armée pour remplacer les postiers pour pallier la paralysie du service postal. Certains sont révoqués, 228 le 12 mai, 313, le 15, au total 805 d’entre eux le furent. L’échec d’une motion contre le gouvernement à la Chambre des députés déposée par l’opposition socialiste puis d’un appel à la grève générale lancée par la CGT menèrent le mouvement à sa fin, prononcée en assemblée générale le 21 mai.

Comme en mars, on a voulu malgré la grève acheminer le courrier. Cette fois, ce sont les chambres de commerces qui mirent en place ce service pour les lettres commerciales, avec l’accord du gouvernement.

Ce service a fonctionné jusqu’au 18 mai, essentiellement de Paris vers la province, attesté par les tampons des chambres de Commerce, apposés au départ ou à l’arrivée qui oblitéraient leurs correspondances grâce aux cachets de la chambre de commerce mais aussi avec le matériel postal des postiers non grévistes.

La Chambre de commerce d’Amiens émit des vignettes spéciales, imprimées par l’imprimerie Yvert sur commande de la Chambre de Commerce durant la grève du 13 au 18 mai 1909. Elle étaient imprimées en feuille de 25 vignettes.

Amiens 1909Ces vignettes à 10 c servaient à compenser les frais de la Chambre de Commerce. Le courrier fut le plus souvent acheminé vers Paris et est resté peu commun. Parfois cependant, il fut directement acheminé pour l’étranger. Ainsi en est il de cette lettre ci dessous où on voit cette vignette naturellement accompagnée de notre semeuse bleue.

Affranchissement pour l’étranger à 25 c 15 mai 1909, Amiens à Dresde

Amiens 1909 : lettre

Bibliographie

Christian Henrisey,  Postiers en grève 1906-1909, 1995 – 267p
http://www.timbro.fr/fr/greves/5428-greve-de-1909-amiens.html
http://www.postiers.net/t2122-institut-dhistoire-sociale-greve-des-postiers-en-1909
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_des_PTT