Les ambulants de mobilisation

Les Bureaux Ambulants, créés en France en 1845, étaient chargés de trier le courrier collecté à la gare et le courrier de la boîte attachée au wagon. Ils utilisèrent trois types de cachets, différenciés selon qu’ils étaient utilisés de jour ou de nuit, soit un total de six cachets spécifiques.

Lors de leur création, les bureaux reçurent un cachet de 21 mm de diamètre avec un cercle intérieur de 13 mm (type 15), qui précisait dans sa couronne le nom de la ligne. En 1854, le cachet spécifique des bureaux ambulants fut créé, précisant le nom des gares de départ et d’arrivée de la ligne (type 15) et si le parcours de l’ambulant avait lieu de jour (cercle extérieur, octogone intérieur) ou de nuit (double cercle).

En juillet 1886, les lignes entrant en service reçurent un nouveau cachet de 23 mm de diamètre avec un cercle intérieur de 13 mm (type 18). Ce nouveau modèle fut distribué à tous les bureaux, bien que l’ancien modèle n’ait pas été retiré. Ici aussi, les cachets de jour et de nuit se distinguent par la couronne de nuit en double cercle et l’octogone de jour.

Un troisième type de cachet apparut en 1904 sur la ligne d’Angoulême, puis en 1912 partout : le cachet rond de 26 à 28 mm sans cercle intérieur, mais avec le même contenu. Là encore, le cachet rond de nuit était remplacé par un cachet octogonal pour les ambulants de jour, et là encore les anciens cachets continuèrent d’être utilisés.

Le 3 août 1914, par décret, « le service des chemins de fer passe entièrement sous l’autorité militaire, et l’ensemble des moyens de transport de tous les réseaux ferroviaires est affecté aux besoins militaires« . Cette situation dura jusqu’en 1919. Le pic de mobilisation se situa entre août et octobre 1914. Onze lignes furent alors réservées aux militaires, l’armée rendant progressivement l’usage des trains aux civils.

Le wagon postal des trains de transport de troupes devint un bureau « ambulant de mobilisation », occupé par des postiers civils réquisitionnés. Cependant, avec l’allongement de la durée des trajets, le travail des brigades de postiers fut divisé en sections, comme le montrent les oblitérations : 1/2/3 Son, pour 1ère section, 2ème section (tous les trajets) 3ème section (uniquement Bordeaux ou Brest vers ou depuis Paris, avec des temps de parcours pouvant aller jusqu’à 30 heures !).

Beaucoup de ces oblitérations n’ont été utilisées que pendant quelques semaines (d’août à octobre), mais certaines oblitérations ambulantes, sans nom de section, sont restées en service plus longtemps : Montauban à Limoges 1919, Nantes à Quimper 1921, Nice à Marseille jusqu’en 1920, Montargis 1928, Caen au Mans 1929, Soissons à Paris jusqu’en 1935.

Route peu commune vers Xanthie (Grèce)

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Le trajet normal entre Reims (et donc la France) et Xanthie, en Thrace, empruntait la route maritime via Salonique. Pourtant cette carte postale a voyagé curieusement et dans le temps et dans l’espace comme en témoignent les cachets.

Postée à Reims le 5 juin 1922, affranchie normalement à 30c, port composé ici du 25c bleu et du 5c jaune, cette carte a été envoyée à Xanthie (Thrace) où elle est arrivée le 3 – cachet : ΞΑΝΘΗ ΑΦΙΞΙΣ 3.ΙΟΥΝ.1922 ! Qu’on ne s’y trompe pas. la Grèce connaissait simplement encore à cette époque le calendrier julien et ne passa au calendrier grégorien qu’en 1924. Ainsi, le 9 mars 1924 fut suivi par le 23 mars 1924. La carte a donc mis 12 jours pour faire le trajet, tout en étant arrivée le 3 juin alors qu’elle fut postée le 5.

Mais ce n’est pas le plus curieux, loin s’en faut. En fait tout l’intérêt de cette carte réside dans le trajet emprunté. En effet, notre carte est passée par Edirne (aujourd’hui en Turquie, anciennement, Adrianoupolis ou Andrinople) comme en témoigne le cachet ΑΔΡΙΑΝΟΥΠΟΛΙΣ ΑΠΟΣΤΟΛΗ 2.ΙΟΥΝ.22. et fut donc envoyée par chemin de fer, en suivant la ligne Edirne/Karaagatch puis la vallée à travers la Thrace jusqu’à destination et non par bateau jusqu’à Salonique.

L’origine de cette route est quant à elle impossible à établir…

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Chemin de fer du Hedjaz

Après de nouvelles informations et découvertes, nous proposons une nouvelle page sur le chemin de fer du Hedjaz et les timbres surchargés qui s’y rapportent. Elle est consultable en suivant ce lien : https://semeuse25cbleu.net/usages-non-postaux-2/chemin-de-fer-du-hedjaz/

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Correspondance retardée par suite d’un incendie

(Mise à jour)

Décembre 1918 « correspondance retardée par suite d’un incendie »

Il semble bien qu’il y ait peu d’informations disponibles sur cette griffe apposée en violet sur le courrier à destination de la Belgique que nous avons pu retrouver. Les lignes maritimes et aériennes ne pouvant être prises en considération, il s’agit très vraisemblablement d’un incendie lié au transport terrestre. Les trois documents que nous avons montrent un courrier depuis Paris, un autre depuis Madrid, un troisième depuis Milan. Cet incident a donc pu se produire, d’une part le 21 décembre 1918, date du courrier français, ou juste après, d’autre part entre Paris et Bruxelles, et peut être même plus probablement avant ou à Charleroi, lieu de bifurcation des lignes entre Bruxelles d’une part et Liège d’autre part, sauf si le courrier passait par Bruxelles d’abord (en décembre 1918, les voies de chemin de fer étaient loin d’être toutes rétablies).

Le courrier concerné porte la marque correspondance retardée / par suite d’un incendie sur deux lignes, en violet.

Paris pour Bruxelles, tarif de la lettre pour l’étranger, 21 décembre 1918

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On a retrouvé cette griffe sur d’autres courriers, l’un en provenance de Milan pour Liège, l’autre en provenance de Madrid pour Bruxelles.

Hors collection : documents vus en vente sur site de ventes aux enchères

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voir https://semeuse25cbleu.net/miscellanees/les-voyages-interrompus/

Notons la vente Williame. Il y est fait mention d’un incendie du wagon postal, nous n’en avons pas encore retrouvé la trace.