« Pour un passager venant de Madagascar à Djibouti »

Cette enveloppe postale illustre la complexité des échanges maritimes et postaux de l’époque, reliant les colonies à la métropole.


Destinée à des « passagers à bord du paquebot se rendant en France – venant de Madagascar », elle porte la mention manuscrite « par Brindisi », indiquant un itinéraire via le port italien. Un cachet « Inconnu » souligne la difficulté à trouver le destinataire. Ainsi, ce pli comporte-t-il plusieurs cachets de transit, notamment ceux des navires « Melbourne », « Adour », « Natal » (mentionné deux fois avec des variantes) et « Ernest Simons », symbolisant des paquebots essentiels de l’époque.

L’ Adour a été utilisé sur la ligne Londres-Marseille-Saïgon-Shanghaï jusqu’en 1905, puis sur la ligne de Madagascar jusqu’en 1913 après un grave accident.
Le Natal et le Melbourne ont servi sur les lignes d’Extrême-Orient, de la Méditerranée et de l’océan Indien jusqu’en 1914.
L’Oxus, 1896 à 1897, assurait la ligne du Levant. En 1897, il fut placé sur la ligne de Madagascar jusqu’en 1914.
Identique au précédent, le Djemnah fut affecté à la ligne de Chine dès le début de sa carrière, il fut placé sur la ligne de l’Océan Indien entre 1895 et 1914
L’Ernest Simon faisait des trajets vers l’Extrême-Orient depuis Marseille, lui aussi jusqu’en 1914.

Ces cachets montrent l’utilisation des grandes routes maritimes. Un cachet bleu « Retour » indique que l’enveloppe, non remise au départ, a été renvoyée à Marseille (7 rue St Jacques), confirmé par une note manuscrite rouge. Ce document unique met en lumière l’importance des paquebots pour le courrier et le rôle essentiel des lignes maritimes dans la connectivité mondiale au début du XXe siècle, ainsi que l’effort des postiers pour retrouver le navire du destinataire.

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