Naissance du service postal aérien

Le 25 c bleu a marqué le début de l’aviation, allant des premiers vols aux vols commerciaux. Des meetings aériens se tenaient souvent, montrant l’enthousiasme du public. Malheureusement, la liste des accidents était également impressionnante et plus longue que pour d’autres moyens de transport. À cette époque, l’aviation était encore jeune, et les risques étaient élevés en raison des acrobaties, des essais de vol et du manque de formation des pilotes, souvent plus passionnés que formés.

Les premières liaisons aériennes postales

Premier transport de courrier par avion

Henri Péquet est le premier aviateur à avoir transporté officiellement du courrier par avion le 18 février 1911, entre Allahabad et Naini Junction, deux villes indiennes distantes de 10 kilomètres. Avec l’aide de l’armée britannique, il a réalisé un vol de 27 minutes à bord d’un avion Sommer, livrant environ 6 000 lettres et cartes postales.

Après l’expérience réussie du 18 février, du 22 février 1911 jusqu’à la fin de l’exposition, Henri Péquet et le capitaine Walter George Windham effectuent un transport régulier de courrier par avion vers la gare de Naini Junction, établissant ainsi la première liaison postale aérienne de l’histoire, comme l’indique ce cachet, qui est la première marque postale officielle.

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Hors collection : 18 février 1911 ; courrier par avion de Allahabad à Naini Junction

D’autres expériences ont eu lieu en Allemagne (mai 1911), au Danemark, en Angleterre, au Maroc entre Casablanca et Rabat, puis vers Meknès et Fez, et enfin aux États-Unis de septembre à décembre 1911 sur la côte Est.

Le 13 septembre 1911, le pilote français Henri Brégi, accompagné du journaliste René Lehaut, entreprend un raid aérien reliant Casablanca à Fez, via Rabat et Meknès, tout en transportant du courrier. Après un décollage réussi, ils s’arrêtent cinq jours à Rabat pour des réparations. Le 19 septembre, l’atterrissage à Meknès est compliqué par un manque de carburant, nécessitant un atterrissage en vol plané. Le raid se termine avec succès le 20 septembre à Fez.

Premier vol postal officiel : Jarville – Lunéville, 31 juillet 1912

Le 31 juillet 1912, un essai de liaison aérienne postale a eu lieu entre Jarville et Lunéville, près de Nancy. Cette mission, menée par le lieutenant Nicaud avec le mécanicien Million, consistait à transporter environ 15 000 lettres dans trois sacs postaux, pesant au total 50 kg, sur un trajet aller-retour de 27 km en 56 minutes, incluant la remise du courrier à l’administration postale.

Journal LA CROIX, 3 août 1912
Nous avons annoncé qu’à l’occasion des fêtes données ces Jours derniers à Nancy, l’Aéro-Club de cette ville avait obtenu de M. Chaumet l’autorisation d’organiser un service postal provisoire et qu’un timbre spécial de 0 fr. 25, portant l’inscription «poste par avion», avait été dessiné à cet effet par M. Emile Friant. Près de 15 000 lettres ou cartes, affranchies au moyen de ce timbre, furent déposées dans les boites de l’administration des postes de Nancy, qui devait les faire transporter par aéroplane jusqu’à un bureau postal, d’où elles seraient acheminées à destination par voie ordinaire.
Ce fut au lieutenant aviateur Nicaud, du centre d’aviation de Verdun, arrivé mardi matin à Jarvile, que fut confié le soin du transport aérien. Trois sacs postaux, pesant 50 kilos, lui furent remis contre reçu hier matin à 7 h. 1/4. Le biplan du lieutenant Nicaud, qui emmenait avec lui le sapeur mécanicien Million, quittait aussitôt l’aérodrome de Jarville. Dix-sept minutes plus tard, il atterrissait sans incident au Champ-de-Mars de Lunéville, à 30 kilomètres de Nancy. Les sacs postaux étaient remis contre reçu au receveur des postes. Et après s’être entretenu pendant quelques instants avec les officiers de la garnison venus pour assister à son atterrissage, le lieutenant Nicaud reprenait la voie des airs et, à 8 h.12, était de retour à Jarville. Son voyage avait duré 56 minutes, arrêt compris.

Carte postale du 31 juillet 1912, Nancy
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Première liaison postale aérienne expérimentale : Paris-Pauillac, 15 octobre 1913

Cette liaison entre Villacoublay et Pauillac (400 km) fut réalisée par le lieutenant Ronin sur un avion monoplan. Le sac de courrier, pesant 10,5 kg, devait être remis au paquebot-poste « Le Pérou » pour les Antilles françaises. Le courrier, parti de Paris le 14 octobre, n’a pas de marque particulière, à part « Par Avion ». Il est oblitéré du cachet maritime octogonal de 1904 LD n°1 Bordeaux à Colon.

hors collection : carte postale du 14 octobre 1913, Paris
MP-110V-24280

Malgré le succès de l’opération elle resta sans suite, l’idée ne fut reprise qu’après la guerre.

Premières liaisons postales régulières

Paris-Le Mans-Saint-Nazaire

Le 17 août 1918, la liaison postale régulière Paris-Le Mans-Saint-Nazaire est lancée, permettant le transport rapide du courrier entre Le Bourget et Saint-Nazaire via un avion Letord, avec 158 trajets réalisés jusqu’en août 1919. Chaque vol offrait un gain de temps de plus de 5 heures par rapport au train et marquait l’apparition de la première étiquette « par avion ».

saint nazaire 1918.png.jpg

vu en vente en ligne https://www.delcampe.net/fr/collections/timbres/france-marcophilie-lettres-poste-aerienne/aviation-ligne-postale-aerienne-de-paris-a-st-nazaire-1918-houssais-pilote-autographe-autograph-escoublac-la-baule-385326628.html

Paris Nice par Avignon

Inauguration le 24 mars 1919 d’une liaison postale mixte avion-chemin de fer entre Paris et Nice, par Avignon.

Service postal bi-hebdomadaire Constantinople – Bucarest

Un service postal par avion a été mis en place deux fois par semaine entre Constantinople et Bucarest en lien avec l’Express d’Orient. Utilisé par le SP 502 depuis mai pour un usage militaire, le transport de courrier pour les plis privés a été autorisé depuis le 8 juillet 1919, mais seulement pour les envois de Constantinople vers Bucarest ou la France. Une taxe aérienne d’un franc a été instaurée, portant le coût total d’une lettre simple à 1,25 fr.

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(remerciement à Pascal HOUE pour ce cliché)

Lettre 1er échelon : 25c + 1fr (taxe aérienne)

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Composition classique 25 c bleu Semeuse Camée + 1 fr Merson, sur fragment
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Composition classique 25 c bleu Semeuse Camée + 1 fr Merson, sur lettre 9 octobre 1919

Lettre 2ème échelon : 40c + 1fr (taxe aérienne)

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Affranchissement composé pour la lettre au 2ème échelon (40c + 1 fr)
(remerciement à Pascal HOUE pour ce cliché)
25c + 15c : 40c
4×25 : 1fr, surtaxe aérienne

L’escadrille 509, créée en 1916 comme Section d’Artillerie Lourde n°2, était stationnée à Negotin et opérait dans les Balkans et à Constantinople, notamment à l’aérodrome de San Stéfano avec l’escadrille 505. Ce service s’est terminé le 1er novembre 1919 sans reprise ultérieure.

La mise en place des premières compagnies

Compagnie Générale Trans-aérienne, Messageries aériennes, Air Union.

En 1908, la Société Astra proposa une ligne de dirigeables pour l’Exposition Internationale de l’Est. En octobre 1909, la Compagnie générale trans-aérienne fut fondée. En 1919, une grève interrompit le transport du courrier, permettant à la CGT de négocier l’inauguration du premier service postal aérien international entre Paris et Londres, qui fonctionna jusqu’en 1921. En octobre 1920, une vignette Guynemer fut créée pour ce service, remplacée en 1923 par l’étiquette « PAR AVION », devenue obligatoire en 1929.

Guynemer.png

Au début des années 1920, la CGT a transité du transport postal au transport de passagers, avec un trajet de 2h10 pour 800 francs. En 1921, la Compagnie générale trans-aérienne a été vendue aux Messageries aériennes, qui a ensuite fusionné avec Grands Express Aériens pour créer Air Union en 1923, puis Air-Union Lignes d’Orient en 1927.

La Compagnie Farman – SGTA

Le samedi 8 février 1919, le premier vol officiel entre Paris et Londres a eu lieu sur le Farman n° 60, appelé Goliath. Il a décollé de Toussus-le-Noble, près de Versailles, avec le pilote Bossoutrot, le mécanicien Lhomde et douze passagers, chacun ayant 10 kilogrammes de bagages, pour une charge totale de plus d’une tonne. Après un vol de 2h40, il atterrit à Kenley. Le retour, plus long à cause du vent, se fit le 9 février 1919, sans problème. Les 12 et 13 février, avec le prototype «Goliath», Lucien Bossoutrot et le mécanicien Guératz firent un second vol en emportant 15 passagers, dont Henri Farman et son épouse, sur la ligne Paris-Bruxelles en 2h30.

Arrivée de l’équipage du Goliath : les frères Farman et le lieutenant Bossoutrot
sortant de la gare : [photographie de presse] / Agence Meurisse
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90328290.r=farman.langFR

En 1920, la Société des lignes Farman, opérant des vols entre Paris, Londres et Bruxelles, devint la Société Générale de Transports Aériens (SGTA) pour s’adapter au transport aérien mondial, en se spécialisant en personnel d’essai et de ligne, tout en améliorant la gestion du trafic avec des notions de passager-kilomètre. En 1932, la SGTA avait un capital de douze millions de francs, comptait 9 pilotes et 22 appareils, et exploitait quatre lignes.

Compagnie Franco-Roumaine de navigation aérienne (1920 – 1925) – CIDNA

La Compagnie Franco-Roumaine de Navigation Aérienne, créée le 23 avril 1920 grâce à l’initiative du comte Pierre Claret de Fleurieu et du banquier Aristide Blank, visait à établir une liaison aérienne entre Paris et Bucarest, inspirée par une suggestion de Nicolae Titulescu. Malgré l’absence de moyens et d’infrastructures, De Fleurieu s’engagea pleinement dans le projet, tandis qu’Albert Deullin, premier chef pilote, recrutait les pilotes. La compagnie obtint rapidement des autorisations et établit un record mondial en reliant Prague et Paris en 5h16, ce qui leur permettait de bénéficier d’un monopole de 10 ans à Prague et Varsovie et de subventions pour lancer l’exploitation de la ligne.

  • Le 21 septembre 1920, le tronçon Paris Strasbourg était inauguré pour une liaison quotidienne de 410 km, dans les deux sens.
  • Le 14 octobre, le tronçon Strasbourg Prague fut à son tour ouvert aux passagers et au fret.
Hors collection : Paris – Prague le 9 février 1921, distribuée le 11.
conf-2012-02-3

Lettre par avion au tarif de 5,25 F (lettre pour l’étranger 25 c + surtaxe aérienne 5)
http://www.academiedephilatelie.org/conferences/conf-2012-02.htm

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Le 1er janvier 1925, la Franco-Roumaine devint la Compagnie Internationale de Navigation Aérienne (CIDNA) pour étendre ses ambitions vers la Russie et la Chine, réduisant le temps de vol entre Bucarest et Paris à 24 heures et à 20 heures pour Moscou.

Air Orient

La compagnie s’est développée en dehors de notre période préférée, d’abord en 1927, puis en juillet 1930 par la fusion d’Air-Union, Lignes d’Asie et Air Asie. Air-Union Lignes d’Orient a reçu un contrat en 1927 pour effectuer des voyages d’essai entre La Ciota et Beyrouth via Athènes. Maurice Noguès a réalisé ce contrat avec succès sur un hydravion et a obtenu un nouveau contrat en 1928 pour sept voyages, établissant la ligne Marseille-Beyrouth avec quatre escales à Naples, Corfou, Athènes et Castellorizo. Cette ligne facilitait les communications entre la France et les colonies d’Asie. Noguès a installé des chefs de poste à chaque escale et a ouvert des lignes aux Indes britanniques après de longues négociations, rendant la ligne régulière. Le 9 mars 1930, il a effectué le premier trajet Saïgon-Marseille, devenu régulier après le premier trajet commercial en janvier 1931. Le service est devenu hebdomadaire en mai 1932, transportant passagers et courrier de Marseille à Saïgon en dix jours et demi, avec dix-sept escales.

lignes aériennes air orient

En 1933 il devint devenu directeur général adjoint, chargé de l’exploitation d’Air France et songea alors à réaliser l’ouverture de la ligne vers la Chine et le Japon, il se rendit à Hong Kong puis Canton. Les négociations aboutirent en 1936, après la mort de Noguès cependant. Il disparut le 15 janvier 1934 sur son Dewoitine D 332 lors d’un vol Saïgon – Paris, en traversant le Morvan.

Pour l’anecdote, l’hippocampe ailé, dit «la crevette», était le symbole d’Air Orient dans les années 1930, avant qu’elle ne participât à la création d’Air France en 1933, il devint le symbole de toute la société Air France.

Le premier segment de la ligne allait à Beyrouth, depuis Marseille par hydravion avant de poursuivre le trajet par la route jusque Damas d’où ils empruntaient un autre appareil vers Bagdad.

Les lignes Latécoère, 1919-1927

Pierre-Georges Latécoère (1883-1943), constructeur d’avions, proposa en 1918 de relier la France au Sénégal via l’Espagne et le Maroc. En septembre 1919, il établit une ligne postale entre la France et le Maroc, alors que des gens comme Henri Farman avaient déjà des liaisons vers l’Angleterre et l’Europe centrale. Toulouse a joué un rôle clé, ouvrant des lignes postales vers l’Afrique française et potentiellement l’Amérique du Sud. En septembre 1918, il a déclaré : «J’ai fait tous les calculs. Ils confirment l’opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste plus qu’une chose à faire : la réaliser.»
Le 25 décembre 1918, Pierre-Georges Latécoère effectua le premier vol Toulouse-Barcelone, préparant ainsi la liaison France-Maroc-Sénégal-Amérique du Sud. Un an plus tard, il lança la ligne Toulouse-Rabat pour le transport du courrier par avion. Cela a conduit à la création de la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques (CGEA), qui a géré ces lignes.

  • Toulouse-Casablanca : ouverture 9 mars 1919, la ligne devient régulière le 1er septembre 1919 avec 2 puis 3 puis 4 voyages hebdomadaires. A la demande du gouvernement, le 12 août 1922 fut mis en place un trajet quotidien.
  • Casablanca-Oran ouverture le 5 octobre 1922,
  • Casablanca-Dakar (par Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port-Étienne, Saint-Louis) inaugurée le 1er juin 1925

En 1922, la compagnie créa les enveloppes par avion à bordure rouge, spécifiques de la ligne Latécoère, facilitant ainsi le tri du courrier.

 Viriville pour Casablanca via Marseille (PAQUEBOT) et Toulouse,
affranchissement à 25c  + 50c de surtaxe aérienne, arrivée à Casablanca le 19/10/1922

Entre 1919 et 1927, les Bréguet 14 de Latécoère ont connu de nombreux accidents causés par des pannes de moteur, des conditions météo difficiles et des attaques de tribus Maures, entraînant 35 morts mais la continuité de la ligne. Beppo di Massimi, un aristocrate napolitain et ancien lieutenant de l’armée de l’air française, a joué un rôle clé dans la création de la ligne vers le Maroc en obtenant les autorisations nécessaires de survol. En octobre 1920, il a présenté Didier Daurat à Latécoère, qui l’a ensuite choisi comme chef d’exploitation, recrutant des pilotes comme Jean Mermoz, Henri Guillaumet et Antoine de Saint-Exupéry.

La Compagnie Générale Aéropostale, 1927-1933

aeropostale-publicite

Pierre Georges Latécoère, en difficulté financière avec sa société C.G.E.A., a rencontré Marcel Bouilloux-Laffont à Rio de Janeiro et lui a cédé ses parts, ce qui a conduit à la création de la Compagnie Générale Aéropostale le 11 avril 1927. Ambitieux, Bouilloux-Laffont a voulu établir des liaisons régulières entre la France et l’Amérique latine, avec la première liaison inaugurée en 1928. Le premier courrier 100 % aérien a été transporté entre le 11 et le 13 mai 1930, grâce à Mermoz, Dabry et Gimié. La ligne Argentine – Chili a ouvert en 1929, et Henri Guillaumet a traversé la Cordillère des Andes, mais a eu un accident en juin 1930. La compagnie exploitait le plus grand réseau postal au monde avec plus de 17 000 km, mais a dû réduire ses activités en fin 1930 en raison des révolutions au Brésil et en Argentine.

En France, des changements ministériels entraînèrent le non-renouvellement de la concession d’exploitation et le refus de l’État d’accorder de nouveaux emprunts à Aéropostale, qui faisait face à une crise de trésorerie depuis début 1930. Sans aide de l’État et en liquidation judiciaire depuis le 31 mars 1931, la société se trouva dans une situation désespérée.

En 1933, le gouvernement français créa la Société Centrale pour l’Exploitation des Lignes Aériennes (SCELA) en regroupant plusieurs compagnies, dont Air Orient et Air Union. La SCELA racheta l’Aéropostale et devint AIR FRANCE le 7 octobre 1933, exploitant des lignes vers l’Afrique et l’Amérique du Sud jusqu’en 1939.

Air bleu

Air Bleu, fondée en 1935 par Beppo di Massimi et Didier Daurat avec Louis Renault comme actionnaire principal, visait à transporter le courrier à travers la France en complément d’Air France. Le nom « Air Bleu » a été choisi pour rivaliser avec Air France et évoquer la rapidité d’acheminement du courrier, symbolisée par le papier bleu utilisé pour les envois urgents. Le 10 juillet 1935, la compagnie a lancé un service postal quotidien avec six avions sur quatre lignes.

  • Le Bourget-Arras-Lille,
  • Le Bourget-Rouen-Le Havre,
  • Le Bourget-Tours-Poitiers-Angoulème-Bordeaux,
  • Le Bourget-Nancy-Strasbourg,

Elles furent complétées à partir du 25 juillet par les lignes :

  • Le Bourget-Le Mans-Angers-Nantes-La Baule (Escoublac),
  • Le Bourget-Bourges-Limoges-Toulouse.

Le 15 juillet 1936, une nouvelle ligne reliait Le Bourget à Clermont-Ferrand via Vichy. Cependant, la surtaxe de 2,50 francs par 10 grammes décourageait les clients, principalement des chefs d’entreprise, qui se plaignaient de ne pas être livrés le matin par un service de nuit. Après négociation, l’État a renfloué la société le 7 juillet 1937 en échange de 52 % des actions et en permettant l’entrée d’Air France pour 24 %, tout en supprimant la taxe. L’activité a repris et de nouvelles lignes ont été ouvertes dès juillet. Le 10 mai 1939, la première ligne postale de nuit française, Le Bourget-Bordeaux-Pau, était lancée.

Air bleu, première période, 29 juillet 1935, tarif à 3 f.
air bleu
Usage tardif du 25 c bleu bien encadré entre Richelieu 1,50 fr et Victor Hugo 1,25 fr

Réquisitionnée en septembre 1939 pour les besoins militaires, Air Bleu fut gérée par Air France de juin 1940 à 1942. Pendant cette période, Didier Daurat et Henri Desbruères, directeur général d’Air France de 1945 à 1948, travaillèrent sur la réorganisation du trafic postal aérien. Après la Libération, leur plan fut mis en œuvre et les compagnies furent nationalisées, pour être regroupées sous Air France en 1948. À la Libération, Daurat relança la Postale de nuit et devint chef du centre d’exploitation d’Air France à Orly jusqu’à sa retraite en 1953.

École d’aviation de Villesauvage

En 1909, un centre d’aviation fut ouvert à Villesauvage, qui devint le Centre d’aviation militaire d’Étampes – Montdésir. Il regroupait quatre écoles d’aviation civile. La première, fondée en mars-avril 1910 par Louis Blériot, était suivie par les écoles des frères Farman en juin 1910 et l’école Deperdussin vers 1912. En 1914, Blériot et Farman déménagèrent partiellement à Toussus-le-Noble et Buc. En 1915, le site fut militarisé pour devenir une école de l’armée belge. Des pilotes britanniques et américains y réalisèrent leurs premiers vols. La France récupéra le site en juin 1917, et l’école militaire belge fut déplacée à Viry-Châtillon le 1er avril 1918. Les troupes américaines établirent le centre d’entraînement de Paray-Vieille-Poste-Orly en 1918. L’école Blériot était à 6 kilomètres au sud-est d’Étampes, l’école Farman était en face, et l’école Deperdussin se trouvait à 3 kilomètres à l’ouest sur la route de Rambouillet. Le camp affichait le nom : VILLESAUVAGE AVIATION / SEINE ET OISE.

30 septembre 1922  pour Bouray (Seine et Oise), arrivée verso le 1er octobre
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lettre simple affranchie à 25 c avec vignette Guynemer

Les meetings aériens

Parallèlement à tout cela, on organisait régulièrement des meetings aériens dont témoignent des vignettes apposées sur les enveloppes. Ces meetings avaient donné lieu à un cachet spécial « aviation », « port aviation », le tout redoublé ou pas d’un grand cachet bleu, noir ou violet « Gap aviation, 1910« , « Meeting Grande Quinzaine de Paris – octobre 1909« , « Meeting d’aviation Nice 1910« , « grand meeting d’aviation -Le Havre -Trouville -Deauville » etc. Le meeting de Paris 1909 avait vu la création d’un porte timbre :

port aviation paris

Le  meeting de Nantes en 1910, le 14 août, vit la publication d’une vignette semi officielle. Celui de Reims également, en 1910 à la plaine de Betheny. La liste est très longue et témoigne de l’engouement des populations. Mais c’est surtout après la guerre que les meetings se sont multipliés et ont donné lieu, là aussi, à une vignette ou une série de vignettes particulières, comme par exemple :

La Baule, 6 septembre 1922

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Meeting d’aviation La Baule Loire-Atlantique 1922

Montpellier, 2 septembre 1923

Affranchissement  à 25c le 2 septembre 1923, Montpellier
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Montpellier Aviation 1923

Rouen, 23 septembre 1923

Affranchissement  à 25c le 29 septembre 1923, Rouen
Rouen aviation
Rouen Aviation 1923

Bibliographie

Aspect philatélique 

Sur les premières liaisons et sociétés aériennes

Sur la Franco roumaine

Particulièrement sur la Compagnie Aéropostale de Bouilloux-Lafont