Usage à Tanger et au Maroc

Tanger, ville à statut international à l’entrée de la Méditerranée, disposa de divers bureaux étrangers utilisant leurs timbres particuliers. Une liaison maritime reliant Oran à Tanger, via Gibraltar, ayant été inaugurée en janvier 1845, la France ouvrit en 1852 un bureau de poste rattaché à Oran. Un cachet d’oblitération par losange gros chiffres avec pour numéro 5106 est d’ailleurs signalé même si son usage effectif demeure incertain.

En dépit de l’instauration du double protectorat français et espagnol en 1911 les bureaux allemands et anglais continuèrent à fonctionner dans les deux zones. Le bureau allemand fut fermé en zone française le 4 août 1914, mais pas le bureau anglais. En zone espagnole le bureau allemand fonctionna jusqu’au 12 juin 1919.

Ces bureaux étrangers représentaient, comme en Chine ou au Levant, une sorte de perte de souveraineté de l’État d’accueil, ici l’État chérifien. Mais, en réalité, comme il n’existait alors, dans ce pays, à la différence de la Turquie, aucune poste nationale organisée et ouverte au public, ces bureaux ont constitué en réalité un apport positif au développement du pays et un premier exemple de ce que pourrait être une poste nationale moderne. A noter qu’il existait des postes locales privées, lesquelles furent fermées en 1911 au moment du protectorat, justement.

Concernant le Maroc, après l’apparition du mot « Maroc », en 1902, sur les timbres des Bureaux français, les premières émissions du protectorat comportèrent, à partir de 1911, un retour aux valeurs faciales en Francs et une surcharge en arabe, à laquelle fut ajoutée, en 1914, la surcharge « Protectorat français ». Celle-ci disparaissant totalement en 1917 pour montrer le retour à la souveraineté dans le cadre du protectorat. Pour autant, en vertu des accords internationaux entre la France et le Maroc, le Gouvernement Chérifien était tenu d’appliquer dans les relations franco-marocaines, les mêmes tarifs que ceux appliqués dans la Métropole.

Comme dans les autres territoires sous administration française, certains bureaux ont pu affranchir une correspondance à l’aide des timbres de métropole, même si cela n’était pas prévu initialement.

C’est le cas ici, pour une lettre recommandée de Casablanca pour Nancy, affranchie avec deux Mouchon surchargés 10 centimos et d’un 25 c semeuse pour la taxe de recommandation :

Port de la lettre : 10 c +10c (2ème échelon)
Taxe de Recommandation : 25 c

Tanger (Maroc) – 1913

Ouvert de novembre 1852 au 1er octobre 1913.

Spécialement pour le bureau de Tanger, on utilisa les timbres du Maroc français surchargés « TANGER ». Les timbres sont aux types Blanc, Mouchon et Merson.

Les bureaux du protectorat espagnol firent de même. Quant au bureau britannique, il y émit des timbres spéciaux surchargés « Tangier » , mais libellés en livre sterling, et non en peseta hassani ou franc français, comme dans les autres bureaux britanniques du Maroc.

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